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Samba David:"J'ai ouvert 16 points de vente de garba et j'invite les Ivoiriens à faire comme moi"

Samba David est le président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire(CICI), une association de la société civile. Activiste ayant été plus d'une fois incarcéré, candidat indépendant aux législatives de mars 2021 à Ouragahio, il a décidé depuis janvier de se lancer dans le commerce du Garba. Il donne les raison de cette nouvelle option.


Monsieur Samba David, ces derniers temps, on vous voit dans des lieux de vente de garba : c’est pour vous ?

Oui.Je suis l’un des premiers responsables de cette chaine de commercialisation du garba.Nous avons décidé, depuis janvier, de nous approprier la vente du garba, l’un des mets les plus consommés en Côté d’Ivoire. Il se trouve que les Ivoiriens ne sont pas nombreux dans sa commercialisation. Nous voulons corriger cela.

On vous connait comme un leader de la société civile, alors est-ce une reconversion ?

C’est un prolongement, une continuité. C’est aussi la lutte contre le banditisme et la criminité, contre la pauvreté. Nous avons toujours lutté pour le bien-être des populations et vendre le garba participe de ce combat. Ce sont les vacances et des jeunes qui pouvaient se retrouver dans des milieux dangreux car oisifs, sont aujourd’hui avec nous. Des femmes dont les maris ont perdu leurs emplois sont avec nous. Nous avons ouvert à ce jour 16 garbadromes dont 10 sont fonctionnels. On utilise 4 jeunes par point de vente , cela fait 40 jeunes et femmes que que nous occupons et que nous aidons. Donc je suis toujours dans la lutte sociale du moment que je lutte contre le banditisme, contre la pauvreté et contre l’immigtration clandestine et ses conséquence de mort dans les océans. 

Est-ce que ça ne va pas impacter votre activisme au niveau de la société civile ?

Je suis un peu déçu des Ivoiriens.Je me demande s’ils méritent qu’on se sacrifie pour eux. 

Pourquoi vous dites cela ?

Ça me fait 8 ans d’activisme et je constate le désintérêt pour les Ivoiriens à lutter pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Je suis en train de me convaincre que ce peuple mérite vraiment un pouvoir dictatorial. J’ai l’impression que je m’immole pour éclairer la voie d’un aveugle. La grande déception vient de la politique.

Est-ce parce que vous avez été candidat indépendant aux législatives et que ça n’a pas marché ? 

Ma Candidature a été un bel enseignement. L’achat des consciences est un fléau. Au Burkina Faso, il y a une équité politique. Là-bas, pour les élections, on n’a pas bésoin de tee-shirt et de pancartes. Le souci est de mettre tous les candidats au même niveau. Mais en Côte d’Ivoire,tu peux etre candidat contre quelqu’un qui gère une entreprise d’Etat ou contre un ministre et il va utiliser l’argent de l’Etat contre toi. J’ai compris que tu n’as pas besoin de te tuer pour que les gens pour qu'ils t’aiment. Fais ce que tu veux jusqu’au jour des élections et viens avec de l’argent, juste le temps du vote et tu auras les suffrages des populations. Et puis le dénigrément dont j’ai été l’objet m’a dégouté. Je pense qu’il faut changer les choses. 

Et vous pensez que c’est par la vente du garba qu’on peut changer les choses ?

Si les Ivoiriens s'approprient la vente du Garba, on aura déjà contribué à changer les choses. Il y a longtemps, ce sont les Nigérians qui faisaient la coiffure hommes. Aujourd'hui, ce sont les jeunes Ivoiriens. Ce sont les Béninois et les sénégalais qui étaient les enseignants, aujourd'hui ce sont les Ivoiriens. Pour l'instant, le secteur de la quincaillerie est occupé essentiellement par les Nigérians, le secteur du bois par les Nigériens et les Maliens, le garba, ce sont les Nigériens. Il faut que les Ivoiriens investissent ces secteurs.

On pourrait vous taxer de xénophobe Monsieur Samba David...

Nous ne disons pas que les Ivoiriens doivent aller récupérer les magasins et points de vente de ces frères. Le marché étant libre, nous exhortons les Ivoiriens à s'y insérer. C'est un appel à l'esprit entrepreneurial. Les Ivoiriens aiment trop les bureaux. Or l'argent se trouvent dans les affaires, dans la rue. Ce n'est donc pas être xénophobe que d'inciter ses compatriotes à entreprendre. Il faut se décomplexer. Je le répète, j'ai déjà ouvert 16 points de vente, mon objectif est d'atteindre 100 à Yopougon seulement et je demande aux Ivoiriens de faire comme moi.

Interview réalisée par Dan Opéli

Content created and supplied by: Dan_Opeli (via Opera News )

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