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Création du parti de Gbagbo sans Simone et Blé Goudé : une leçon au RHDP

Laurent Gbagbo, l'ex-président ivoirien, a lancé ce samedi 16 octobre 2021 une nouvelle formation politique ponctuée par l'absence remarquable de son épouse Simone Gbagbo et de son plus fidèle lieutenant Charles Blé Goudé. Toutefois, la présence très remarquée d'Adama Bictogo, représentant le chef de l'État, Alassane Ouattara, contraste avec les tracas judiciaires de Guillaume Soro dans un contexte marqué par son refus d'adhérer au RHDP.

"Après le 26 janvier, si tu es ministre et que tu n'es pas RHDP, tu libères le tabouret. Tu es député, mais dès lors que tu es président d'institutions, si après le congrès, tu n'es pas RHDP, tu libères le tabouret. Si tu es sénateur et que tu n'es pas RHDP, quittes le tabouret" affirmait sur un ton catégorique, Adama Bictogo, président du comité d'organisation du congrès du RHDP le 07 janvier 2019. A l'en croire, il est inadmissible que certains se battent et que d'autres viennent "manger" le fruit de leur travail. Mieux Adama Bictogo avait ouvertement demandé à Guillaume Soro, alors président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, de clarifier sa position concernant son adhésion au RHDP. Au cas contraire, il devrait céder son fauteuil. La suite est connue. Un mois après l'ultimatum d'Adama Bictogo, Guillaume Soro demissionne de la présidence de l'Assemblée nationale le 08 février 2019 suite à son refus d'adhérer au RHDP d'Alassane Ouattara.

Par dessus les ultimatums d'Adama Bictogo demandant de céder les postes politiques, le principe de la liberté aurait voulu que Guillaume Soro qui a accepté de se déterminer en démissionnant, puisse mener ses activités politiques. Que nenni. Le 23 décembre 2019, Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle 2025, sera visé par une poursuite judiciaire pour tentative d'atteinte à l'autorité de l'État et à l'intégrité du territoire national. Au nombre des preuves du procureur de la République, Adou Richard, un enregistrement sonore, authentique selon le camp Soro mais qui date, dit-il, de l'année 2017.

A l'opposé, Laurent Gbagbo a certes demandé à ses ex-camarades du Front populaire ivoirien (FPI) de se déterminer. Il a coupé les liens avec Pascal Affi N'guessan et laisse ce dernier mener librement ses activités en qualité de président du FPI dont Gbagbo est le fondateur. Toutefois, il est loisible à Simone Gbagbo de prendre ses distances, de créer un mouvement politique et de briller par son absence le jour du congrès constitutif du parti de Gbagbo. De même, il est loisible à Charles Blé Goudé, président du Cojep de redéfinir ses priorités face à la main tendue de Laurent Gbagbo.

C'est là tout le contraste du discours d'Adama Bictogo de ce samedi 16 octobre 2021, en porte à faux avec ses ultimatums. "Nous sommes capables entre Ivoiriens de nous retrouver et mener la seule lutte qui vaille, celle de conserver la paix, la fraternité...Au delà des fortes incompréhensions, au delà de ce que notre pays a vécu, au delà de ce qu'individuellement chacun de nous a vécu, mais autant que nous sommes, les hommes ont la clé du renforcement de la cohésion sociale...Avant nos partis, nous sommes avant tout des Ivoiriens et au nom de cette grande patrie, nous vous regardons" a fait savoir Adama Bictogo au congrès constitutif du parti de Gbagbo.

Ce beau discours est-il spécifique à la relation Gbagbo-Ouattara ? Guillaume Soro, contraint à l'exil et Charles Blé Goudé qui attend depuis cinq mois l'obtention d'un passeport pour regagner son pays, ne sont-ils pas concernés par ce discours ?

Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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