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10 ans après le 11 avril, l’heure est à la réconciliation, mais le devoir de mémoire s’impose

Il y'a 10 ans à Abidjan, Laurent Gbagbo se faisait arrêter au terme d'une crise post-électorale qui a laissé derrière elle des milliers de morts. Une décennie aujourd'hui que cette actualité a eu lieu, le pays cherche encore les ressorts de sa réconciliation. Entre temps, la justice peine à un inculper les coupables.

Le mercredi 05 août 2020, le gouvernement ivoirien décidait d'instituer une « Journée nationale du pardon et du souvenir ». Elle devra se tenir tous les 16 décembre de chaque année afin de commémorer, sans discrimination, la mémoire de toutes les victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire. Cette journée qui avait été appelée de tous ses vœux par l'homme politique Alain Lobognon (historien), vient comme pour assumer une histoire commune. Ce sont, en réalité, les leçons apprises des crises et évènements douloureux ou souvent glorieux qui forgent le destin national et fixe les fondements d'une nation unie qui avise désormais à l'avenir en connaissance de cause.

Mais dans le contexte ivoirien, la réalité est plus contexte. À défaut d'assumer une histoire récente, dans toute sa laideur certes, les différents acteurs politiques se renvoient régulièrement la faute. L'acquittement récent de l'ancien Président Laurent Gbagbo a d'ailleurs relancé le débat sur les coupables de la grave crise que le pays a connu, il y'a 10 ans. La réconciliation nationale aujourd'hui n'est pas un choix. C'est un impératif. 

D'un camp à l'autre, la date du 11 avril ne représente pas la même réalité. Si pour les partisans du parti au pouvoir, cette date marque le début d'une ère nouvelle d'espérance, elle rappelle le traumatisme chez les partisans de Laurent Gbagbo. Pour toutes ces raisons, il faut redéfinir le contrat social Ivoirien. Repartir sur une bonne base. Cela n'amène pas forcément à nier le passé. Il faut l'assumer. Les japonais n'ont jamais été aussi solidaires qu'après les bombes d'Hiroshima et Nagasaki. Le Rwanda n'a jamais autant rejeté les manipulations ethniques qu'après le génocide de 1994.

Pour la Côte d'Ivoire, il faut impérativement donner toute sa chance au vivre-ensemble, en ayant à l'idée les dommages que peut provoquer l'extrémisme politique. Toutefois, si l'heure est à la réconciliation, il faut de temps à autre jeter un regard dans le rétroviseur pour savoir d'où nous venons. Le devoir de mémoire s’impose à toutes les formation politiques. C'est pourquoi, la Journée nationale du pardon et du souvenir prévue pour tous les 16 décembre doit jouer pleinement son rôle de moralisation.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

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