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Evénements d'octobre et décembre 2000 en Côte d'Ivoire : voici le rapport qui explique la chute du régime militaire

Des différentes conclusions des rapports du comité de suivi des victimes des évènements des 24, 25 et 26 octobre 2000, nous vous proposons le contexte dans lequel ces événements se sont déroulés. Surtout la chute du régime militaire.

Le dimanche 22octobre 2000 le collège électoral national est convoqué aux urnes pour les élections présidentielles conformément aux dispositions constitutionnelles.

Lundi 23 octobre 2000, le pouvoir militaire, prétextant des fraudes dans de nombreux bureaux de vote, aussi bien à Abidjan qu'à l'intérieur du pays, fait suspendre le dépouillement.

L'atmosphère de compétition sereine qui régnait jusque-là fait place à une angoisse terrible qui tetanise le pays : la côte d'ivoire entame des cet instant sa marche forcée vers son destin.

En effet, ce 23 octobre 2000, sous la pression des autorités de l'époque, le professeur Honoré Guie, Président de la Commission Nationale Électorale (CNE), refuse de communiquer des résultats qui lui sont dictés. Ce courage et ce refus lui valent d'être brutalisé.

Le Professeur Honoré Guie Président de la Commission,Nationale Electorale (CNE)

Le mardi 24 octobre 2000, en début d'après midi, le Préfet Bamba Cheick Daniel, commis au remplacement du Professeur Guie proclame le Gl Guei Robert Président de la république.Dans les minutes qui suivent, le candidat socialiste Laurent Gbagbo appelle tous les ivoiriens à descendre dans la rue pour barrer la route à l'imposture et rétablir la République par le respect de la vérité des urnes. Ce message du candidat Laurent Gbagbo, largement diffusé par les radios étrangères, est massivement suivi par les populations des villes et des campagnes. C'est le début d'une insurrection générale dont l'épicentre se situe à Abidjan, la capitale. Ce mardi après midi, on dénombre au moins une une centaine de blessés et 10 morts, tous sous les balles des hommes du Gl Guei. Très rapidement, des ivoiriens s'organisent pour prendre en charge, partout où ils se trouvent, les victimes de cette demi-journée d'émeute.Des soins sont donnés aux blessés au quartier général de campagne du candidat Laurent Gbagbo. Tandis qu'à la radio et à la télévision, le Gl Guei adresse son premier message de président autoproclamé à la Nation. Après son message, c'est au tour du Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale de décréter le couvre-feu de 21ha à 6h du matin. Malgré le couvre-feu, au risque de leur vie, quelques médecins sillonnent les rues pour ramasser les blessés et les morts. Les hôpitaux et les cliniques privées sont visités pour faire le point des blessés et s'assurer que les corps des premières victimes sont évacués dans les différents services des pompes funèbres. Cette même nuit, le camp d'akouedo, notamment la poudrière, est attaquée par une coalition des forces républicaines. Le lieutenant Jean Remarck Siaka trouve la mort au cour de cet affrontement contre les hommes du Gl Guei conduits par le lieutenant Boka Yapi. On compte de nombreux blessés.

Le mercredi 25 octobre 2000, sous l'escorte des des chars du bataillon blindé de la Gendarmerie et des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI), des centaines de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de personnes âgés déferlent sur le plateau (centre ville) à l'assaut du Palais de la Présidence où se seraient retranchés le Gl Guei et ses hommes. L'affrontement entre les éléments de Boka Yapi et la population est tragique : tout le plateau est pour ainsi dire un véritable champ de bataille. On dénombre des morts par balle et des disparus parmi la population. Ces morts et ces disparus s'ajouteront à ceux de la veille.


On atteint alors le chiffre de 51morts et un nombre au moins égal de disparus pour les deux journées du 24 et 25 octobre 2000. Notons que 2obus ont été lancés de la télévision aux 2 Plateau, sur le boulevard Latrille, faisant 2 morts et 1 blessé grave immédiatement amputé de sa jambe droite à la polyclinique Saint Jacques située près du site du désastre.

Devant la détermination de la population, le Gl Guei se rend au GATL où il prend place à bord d'un hélicoptère pour aller constater l'ampleur du soulèvement populaire. Le Gl Guei ne reviendra plus, son pouvoir est balayé par la détermination du peuple de côte d'ivoire : une joie immense s'empare du pays. C'est l'effervescence dans les villes et les campagnes.

La procédure de dépouillement et de proclamation des résultats provisoires par la commission nationale électorale jusque là interrompue, peut alors reprendre, en vertu des dispositions constitutionnelles, et aller à son terme.

La naissance de la deuxième république reprend dans la douleur et dans le sang des martyrs tombés au champ d'honneur.Chacun peut rentrer en famille,satisfait de l'œuvre patriotique accomplie, malgré les pertes énormes subies par le pays, et dans l'attente des résultats à proclamer par laCommission Nationale Électorale (CNE).

Néanmoins, le départ impromptu du Général-President créé un vide constitutionnel, source de tous les dangers.

Mme OHOUOCHI CLOTILDE

Nous retenons que Mme OHOUOCHI CLOTILDE fût la présidente du comité interministériel de suivi des victimes des évènements des 24, 25 et 26 octobre 2000.

<< texte extrait du rapport du comité de suivi des victimes des évènements des 24,25 et 26 octobre 2000

Édité par Ben Zoro

Content created and supplied by: serybibenjamin (via Opera News )

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