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Interview / Toe Seydou (président du comité de gestion de la SCOOPSCBRL) : « Les zones de production de bétail sont occupées par des terroristes »

(M. Toe Seydou, président du comité de gestion de la SCOOPSCBRL donne des raisons de la hausse du prix du kg de viande)

Les populations ivoiriennes sont confrontées depuis un certain temps à la flambée des prix des denrées alimentaires, notamment le prix du kilogramme de viande. Quelles en sont les raisons, à l’approche de la tabaski, les marchés pourront-ils être approvisionnés suffisamment, et quel est l’état de la sécurité à l’abattoir de Port-Bouet et ses environs etc. Pour répondre à ces questions, nous avons sollicité M. Toe Seydou, président du comité de gestion de la SCOOPSCBRL, une organisation de la filière Bétail-viande.

*Présentez votre structure, quelle est sa mission?

La Société coopérative simplifiée des commerçants de bétail de la région des lagunes (SCOOPSCBRL) a été créée en mars 2019, et a pour mission d’approvisionner le marché en protéines animales, c’est-à-dire, acheter et vendre du bétail de qualité, ainsi que défendre les intérêts de ses membres.

*Selon vous, quels sont les facteurs qui expliquent la hausse du prix du kg de viande sur le marché ?

Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs cumulés. Les pays de l’hinterland, principaux fournisseurs de bétail de la Côte d’Ivoire sont en crise. En effet, le nord du Mali, du Burkina, et du Niger qui sont des zones de production de bétail sont occupées par les terroristes. Les communautés qui vivaient d’élevage dans ces zones occupées, se sont déplacées. Aussi, les commerçants ne peuvent plus se rendent dans ces lieux à cause de l’insécurité. Nous avons perdu plusieurs commerçants qui ont pris le risque de s’aventurer dans ces zones. En outre, le ravitaillement interne venant du nord du pays a fait défaut. En plus il ne faut pas ignorer que la demande est forte. Les demandeurs sont le Sénégal, le Ghana et le Nigéria. Et tous ces pays sont ravitaillés par le Burkina, le Mali et le Niger. A tous ces facteurs, il faut ajouter les prix des aliments pour le bétail qui ont fortement grimpé. Le sac de « son » qui coûtait 3250 FCFA est passé à 5500 FCFA, sans oublier le prix de transport de bétail et autres frais annexes.

*A ce sujet, avez-vous eu une rencontre avec les autorités compétentes ?

Notre faitière qui est la Fédération nationale des sociétés coopératives de la filière bétail-viande de Côte d’Ivoire (FENACOFVI-CI) a eu plusieurs rencontres avec le ministère du commerce et les ministères concernés. Le gouvernement a décidé que les anciens prix restent tels.

*Pourquoi la filière bétail n’est-elle pas encore en interprofession ?

Avec la nouvelle loi OHADA du 15 décembre 2010, relative au droit des sociétés coopératives, la fédération nationale est en train d’organiser les différents maillons de la filière bétail-viande de Côte d’Ivoire, notamment le collège des bouchers, des chevillards, des éleveurs et des commerçants en société coopérative. Ce qui nous permettra d’aller rapidement en interprofession, car c’est le souhait de l’Etat.

*C’est bientôt la tabaski. Est-ce que le marché sera suffisamment ravitaillé ?

Le marché sera approvisionné, car nous avons eu l’assurance de M. Issiaka Sawadogo, président du conseil d’administration de la Confédération des fédérations nationales de la filière bétail-viande de l’Afrique de l’ouest (COFENABVI-AO).

Quelle est la situation sécuritaire au sein de l’abattoir et ses environs ?

Concernant la sécurité, nous avons eu plusieurs séances de travail avec les forces de sécurité. Pas plus tard que le mardi 1er juin dernier, cinq malfrats (voleurs de bétail) ont été interpellés et déférés par le commissariat du 5ème arrondissement de Port-Bouet. Auparavant, plusieurs malfrats ont subi le même sort.

*Est-ce que vous avez l’appui de l’Etat dans vos activités ?

Malgré la fermeture des frontières, les autorités ivoiriennes nous facilitent la libre circulation des marchands de bétail avec des laissez-passer.

Cependant, je souhaite que le district autonome d’Abidjan prenne une décision pour l'aménagement du parc aux moutons avant la fête de la Tabaski, car nous sommes en saison des pluies.

Entretien réalisé par Y.K

 

Content created and supplied by: Y.KOBO (via Opera News )

SCOOPSCBRL Toe Seydou

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