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RDA, PANA, multipartisme (3ème Partie) : Laurent Gbagbo à la suite de Biaka Boda et Kragbé Gnagbé

Dans la deuxième partie de notre article, nous avions parlé de l'homme de Guebié Kragbé GNAGBÉ, l'une des figures de proue de l'histoire de notre pays la Côte d'Ivoire.

Le contexte de cet article nous rappelle que l'histoire est la suite des états par lesquels est passé un peuple ou un individu. Comme le disait par le passé l'homme politique Laurent Gbagbo, "la Côte d'Ivoire à une mémoire" et cette mémoire continuera de servir d'enseignement aux générations futures. L'histoire conjointe de Biaka Boda et Kragbe Gnagbe est connue de tous, principalement des ivoiriens férus de choses politiques. L'évidence avec Laurent Gbagbo c'est qu'il a déjà été Président de la République d'où son histoire déjà bien connue.

Les trois hommes dont il est question dans cet article sont des politiciens qui ont fait parler d'eux. Ils auront, chacun, marqué leur époque. L'histoire a retenu que le Sénateur Victor Biaka Boda a milité au Rassemblement Démocratie Africain (RDA). Sa lutte était la libération de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire de la politique coloniale. Il disparut lors d'un voyage. L'autre, Kragbe Gnagbe n'epousait plus l'esprit colonial. Sa lutte était contre le parti unique et créa le Parti National Africain (PANA). Il voulut faire de Gagnoa "la République d'Eburnie". Il fut capturé et disparut. Le troisième, Laurent Gbagbo, lutta pour le multiculturalisme contre le premier Président ivoirien Félix Houphouët Boigny. Il réussit a créer clandestinement son parti politique, le FPI. Il obtint le multipartisme et franchit le seuil de la démocratie.

Plongeons dans l'histoire, découvrons de ces trois hommes politiques aux luttes semblables. Qui sont-ils, quels étaient leurs objectifs respectifs ?

III/ LAURENT GBAGBO

Laurent Gbagbo est un politicien qui n'est plus à présenter. Nous voulons juste faire un bref aperçu sur le parcours de l'homme, qui a conduit la Côte d'Ivoire au multipartisme. A la suite de Biaka BODA et Kragbé GNAGBÉ, qui ont, en leur temps et à tour de mérite tracé les sillons d'une démocratie recherchée, nous pouvons affirmer que la lutte pour cette démocratie n'a pas été vaine. Ont-ils inspiré Laurent Gbagbo ? Lui ont-il laissé le courage comme héritage ? Toujours est-il qu'il fut un leader emblématique, un véritable fer de lance pour la Côte d'Ivoire multipartite.

Né le 31 mai 1945 à Gagnoa, Laurent Gbagbo est un pur syndicaliste encré dans la politique. Il a fait de la politique son premier métier en dehors de sa profession d'historien. Engagé dans la lutte acharnée contre le parti unique, le leader charismatique de la nouvelle génération d'après l'indépendance de la Côte d'Ivoire a démontré sa ferme conviction à vouloir changer le clivage politique. Il avait en face de lui le PDCI-RDA et le Président Félix Houphouët Boigny qui incarnait les atouts d'une Côte d'Ivoire coloniale.

Déjà en 1970, Laurent Gbagbo était un membre très actif du Syndicat National de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (SYNARES). De par ses actions très fournies et nourries contre le parti au pouvoir et par ricochet contre Félix Houphouët Boigny, Laurent Gbagbo fut emprisonné de mars 1971 à janvier 1973 à Seguela puis à Bouaké. Il devient encore plus aguerris et plus "musclé" dans sa démarche vers le multipartisme. Mouvements de pression, manifestations de rues, soulèvements et autres actions d'envergure deviennent le moyen d'expression de l'enfant de Mama. Réprimandes, exiles et emprisonnements font sa seconde nature. 

Mais Laurent Gbagbo devint de plus en plus fort face à Félix Houphouët Boigny grâce à la détermination et le courage dont il fait preuve. En 1982, ses actions devinrent plus rudes et poignantes. Les écoles, universités et grandes écoles s'en sont mêlées et causèrent leurs fermetures. Il créa alors clandestinement, avec des amis de lutte, le Front Populaire Ivoirien (FPI). Après plusieurs années de lutte acharnée contre le régime au pouvoir, Houphouët Boigny fini par plier l'échine et le multipartisme fut adopté.

Laurent Gbagbo est élu Secrétaire Général du FPI lors du congrès constitutif des 19 et 20 novembre 1988. Il devient alors le Leader incontestable de l'opposition ivoirienne et le premier candidat à se présenter contre Félix Houphouët Boigny à l'élection présidentielle du 28 octobre 1990. Laurent Gbagbo obtient 18,3 % des suffrages. Ce fut alors un grand signe de maturité. Le désormais chef de l'opposition ne démord pas. Il gagne, avec le FPI, 9 sièges sur 175 lors des élections législatives du 25 novembre 1990 dont lui même, élu député de Ouragahio.

Voici ci-dessous, quelques dates qui ont émaillées la vie politique de Laurent Gbagbo jusqu'à l'adoption du multipartisme:

- 1970: Actions syndicales et membre du SYNARES

- Mars 1971 à janvier 1973: Emprisonnement à Seguela et Bouaké

- 1980: Devient Directeur de l'IHAAA 

- 9 février 1982: Laurent Gbagbo se révèle à travers des Manifestations des écoles et universités 

- 1982: Création du FPI

- 1985: Exile en France

- 13 septembre 1988: Retour en Côte d'Ivoire et acceptation du multipartisme.

- 19 et 20 novembre 1988: congrès du FPI. Il devient le Secrétaire Général

- 28 octobre 1990: Élection Présidentielle. Il se présente contre Houphouët Boigny et obtint 18,3 %

- 25 novembre 1990: Élections législatives. Il devient Député et obtient 9 sièges sur 175 avec le FPI.

Ainsi, à la suite de la lutte de Biaka BODA et Kragbé GNAGBÉ contre le colonialisme et le Parti unique, Laurent Gbagbo arrive à satisfaire ses ambitions politiques en obtenant le multipartisme. Mais il ne s'arrête pas là puisqu'il est encore sur la scène politique. Il devint quelques années plus tard, Président de la République de Côte d'Ivoire.

Dans une prochaine publication, nous reviendrons sur la suite de sa vie politique, une carrière pleine de mouvements et d'actions. Nous voulions juste faire ressortir le rôle politique qu'ont joué Biaka Boda, Kragbé Gnagbé et Laurent Gbagbo dans le processus de l'adoption du multipartisme en Côte d'Ivoire car l'histoire ne les oubliera jamais. Comme le dit Alain Foka, journaliste à RFI "Nul n'a le droit d'effacer une page de l'histoire d'un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme".

Jean Didier Degolé

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