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Même mort, des pro Gbagbo en veulent encore à Desmond Tutu

L’Afrique du Sud a dit Adieu, samedi 1er janvier 2022, au dernier de ses géants dans la cathédrale anglicane Saint-Georges au Cap. Décédé le 26 décembre 2021, à l’âge de 90 ans, l’archevêque Desmond Tutu est connu comme un infatigable pourfendeur des injustices. Prix Nobel de la paix, il est un héros de la lutte contre l’apartheid. Mais cette image ne fait pas l’unanimité chez les partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo.


« Ce comportement qu'il a eu par rapport à la déportation du président Gbagbo d'abord à Korhogo puis en Europe a brouillé son image. », estime le journaliste Alexis Gnagno, à propos de Desmond Tutu.

« Après avoir vu le président Gbagbo en tant qu'elders proclamés par les vainqueurs de la guerre post-électorale, Koffi Annan et lui ont essayé de mentir sur ses dispositions par rapport au nouveau pouvoir. Pour moi, c'est une faute qui brouille et même qui ternit l'image de Desmond Tutu. Et c'est pourquoi je ne lui rendrai pas hommage car on ne choisit pas entre les injustices. », a écrit l’homme de presse, ce dimanche 2 janvier 2022 sur Facebook.

Pour Alexis Gnagno en effet, l’archevêque Desmond Tutu « aurait dû plaider pour la libération du président Gbagbo qui était un otage à Korhogo plutôt que de chercher à faire croire qu'il aurait accepté la "victoire" de Ouattara. », soutient-il.


L'archevêque sud-africain Desmond Tutu avait rendu visite à Laurent Gbagbo, capturé le 11 avril 2011 alors qu’il était assigné à résidence à Korhogo (nord). L'ex-président lui avait fait part de son désir de voir le pays revenir à "une situation normale".

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo avait "insisté pour dire qu'il fallait panser les plaies" de la Côte d'Ivoire, avait déclaré à la presse l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, après avoir rencontré M. Gbagbo à Korhogo (nord), dans sa résidence surveillée.

« Nous avons eu un échange bref mais chaleureux, nous avons été heureux de constater que l'ancien président (Laurent Gbagbo) a exprimé le désir de voir le pays retourner à une situation normale », avait déclaré Mgr Tutu, après avoir rencontré le président déchu pendant 45 minutes.


L'archevêque était avec l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et l'ancienne présidente d'Irlande et ex-Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Mary Robinson.

« Dans son intervention, (M. Gbagbo) a insisté pour dire qu'il fallait panser les plaies du pays. C'est ce que nous sommes venu encourager. Comme vous l'avez vu, il a l'air en bonne santé, il nous l'a dit lui-même. Il a l'air détendu et il a demandé une bible », avait ajouté le prix Nobel de la Paix.

Il s'agissait de la première visite connue d'officiels auprès de M. Gbagbo après sa chute.

Vêtu d'une chemise bleue et d'un pantalon noir, souriant, l'ex-président avait serré la main des trois membres du groupe dit des Elders (Anciens) et leur avait dit "merci d'être venus", alors que la presse avait été autorisée à assister au tout début de la rencontre.


Les membres des Elders étaient arrivés à Abidjan avec l'objectif de promouvoir "l'apaisement et la réconciliation" en Côte d'Ivoire après une crise post-électorale de plus de quatre mois qui s'était soldée par l'arrestation de Laurent Gbagbo et l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara, soutenu par la France et les Etats-Unis.

Arrêté avec sa femme Simone et une centaine de personnes, puis détenu au Golf Hôtel d'Abidjan, le quartier général de M. Ouattara, M. Gbagbo avait été transféré le 13 avril à Korhogo, où il était depuis en résidence surveillée. Simone, sa femme, avait pour sa part été transférée le 22 avril à Odienné (nord-ouest).

Desmond Tutu à La Haye

Bombardé par l’armée française en soutien aux rebelles à la solde d’Alassane Ouattara, le chef d'État déchu était notamment accusé d'être responsable d'exactions, de concussion et d'appels à la haine. Près de 3.000 personnes avaient été tuées lors des plus de quatre mois de crise et de combats en Côte d'Ivoire.


En 2013, l’archevêque Sud-africain Desmond Tutu s’était mis en route pour La Haye où il rencontrera le Président Laurent Gbagbo.

Ce membre des Elders qui avait été mandaté par la Communauté internationale pour installer une commission Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire calquée sur le modèle sud-africain était en mission pour préparer une rencontre au sommet Gbagbo-Ouattara dans le cas de son éventuelle libération provisoire ou sous condition.

Il s’agissait surtout pour ce sage de relancer le processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire, actuellement au point mort. La suite, on la connait.

Prix Nobel de la paix, héros de la lutte contre l’apartheid et infatigable pourfendeur des injustices, l’archevêque Desmond Tutu, 90 ans, le voulait ainsi. Pas de stade, pas de farandole de discours, peu de fleurs.

Tout juste une poignée d’œillets posés sur son petit cercueil de pin clair. Le moins cher possible, avait-il exigé. Samedi 1er janvier, l’Afrique du Sud a dit au revoir simplement au dernier de ses géants dans la cathédrale anglicane Saint-Georges au Cap.


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