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Crise à la chefferie de Toupah / Désignation du ministre-député Esmel Essis : ce que dit la loi

Depuis le dimanche 14 novembre, jour de désignation du ministre-député Emmanuel Esmel Essis comme chef du village par le génération Bodjl, Toupah est en crise. Face à cette situation qui prévaut dans ce sympathique village situé à environ 22 kilomètres de Dabou, jetons un regard pour savoir ce que dit la loi.

La désignation du ministre Esmel Essis par ailleurs député de Dabou en tant que chef de Toupah, sur la place publique dudit village le 14 novembre dernier, continue de défrayer la chronique. En effet, nombreux sont ceux qui contestent cette nouvelle attribution de l’ex-Directeur général du CEPICI. Ceux-ci dénoncent des vices de procédure dans la désignation du ministre-député. Car, selon eux, en lieu et place des 37 patriarches, seules personnes habilitées à désigner le chef de Toupah, selon leurs us et coutumes, l’on a eu droit à un "semblant" de réunion sur la place publique à l’issue de laquelle le nom du nouveau chef a été communiqué à la population. A les en croire, toutes les générations qui viennent au pouvoir doivent fêter l’Eb-Ebu. Ce qui n’a pas été le cas avec la génération Bodjl, qui a désigné le ministre-député. 

Mieux, s’appuyant sur le protocole d’accord intitulé "Premier Congrès du peuple Odjukru-Dabou" des 6 et 7 septembre 2021 avec pour thème "La démocratie générationnelle citoyenne du peuple Odjukru, notre génie et notre avenir", dont la chefferie de Toupah est signataire, ils se confortent dans leur opposition. En effet, l’article 28 au chapitre 9 dudit accord stipule que "le problème de la chefferie est un problème récurrent, source de conflits dans les villages. Il faut prendre des dispositions démocratiques et cycliques (durée non renouvelables 8 ans) pour la paix dans les villages. La désignation du chef de village doit émaner des Eb-Ebu du village concerné et après approbation de la communauté villageoise. Le pouvoir en pays Odjukru étant collectif et générationnel, le chef doit être de la classe des Eb-Ebu ; l’arrêté préfectoral nommant le chef de village doit indiquer les dates de début et de fin de mandat, soit un mandat de 8 ans ; les chefs de villages qui ne sont pas des Eb-Ebu et dont les mandats sont en cours, sont invités à se retirer du pouvoir à l’arrivée de la nouvelle génération et de leur nouveau chef". Rappelons que ledit accord a été signé de l’ex-ministre du Commerce et de l'Industrie, Expert Consultant et Économiste, Anikpo Daniel.

Par ailleurs, les articles 6 et 7 du journal officiel du mardi 15 juillet 2014 faisant référence à l’incompatibilité entre la chefferie et un mandat électif, stipulent que "les rois et chefs traditionnels sont soumis aux obligations de neutralité, d’impartialité et de réserve. Ils doivent s’abstenir d’afficher leur appartenance politique (article 6); la qualité de roi et chef traditionnel est incompatible avec l’exercice de tout mandat électif (article 7)".

Au vu de ce qui précède, la désignation du ministre-député en tant que chef du village de Toupah peut-elle tenir ?

JM TONGA

Content created and supplied by: JMTONGA (via Opera News )

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