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Procès de l'assassinat de Thomas Sankara : Pourquoi la déclaration de Compaoré n'est pas pertinente

Blaise Compaoré. Une triste fin

Alors qu'il se trouve confronté au procès le plus retentissant de l'histoire du Burkina Faso, Blaise Compaoré brille par son absence alors qu'il est l'accusé numéro un des 14 sur la liste. Exilé en Côte d'Ivoire, il refuse d'aller répondre et se justifie par un inaudible " c'est un procès politique".

D'abord, l'argument du présumé assassin de Sankara surprend en traitant ce attendu depuis 34 ans, de politique. Sankara n'est pourtant pas mort au cours d'un simple cambriolage. Il a été tué pour des raisons politiques, à cause de divergences sur la conduite des affaires de l'Etat par les militaires. Comment peut-il dénoncer un procès politique alors que le crime jugé est politique ? Étant militaire, il devrait se sentir rassuré de ce qu'il est convoqué devant un tribunal militaire. Mais il semble que sa préoccupation est ailleurs. C'est donc à juste titre que Mariam Sankara, la veuve, dit de lui, qu'il n'est pas courageux.

Ce ne fut pas facile. Devant les manœuvres de déni et de dissimulation, la veuve dut s'adresser à l'ONU. Finalement, l’État du Burkina Faso fut tenu de confirmer le lieu d’inhumation de Thomas Sankara, et de compenser Madame Sankara pour le traumatisme subi. La Commission des Nations Unies ordonna à l’État du Burkina Faso de lui fournir, sous 90 jours, les détails des mesures prises par le Burkina Faso concernant l’identification officielle du lieu d’enterrement de Thomas Sankara, et les indemnités prévues en compensation du préjudice moral causé à sa veuve.

Le Burkina Faso s’est conformé à la décision de la Commission des Nations Unies.

Le pouvoir de Blaise Compaoré a également été marqué par une autre grosse affaire de crime : Norbert Zongo.

Les allégations sur le meurtre de Norbert Zongo ont été l’une des rares fois où le pouvoir de Compaoré a été véritablement contesté et inquiété.

Le 13 décembre 1998, de violentes protestations secouèrent le pays suite à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Zongo dirigeait son propre hebdomadaire, L’Indépendant, con unnu du public ouagalais pour ses enquêtes controversées. Dans un article paru plus tôt cette année-là, le journal accusait le Régiment de sécurité présidentielle Régiment (RSP) d’avoir torturé à mort David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du Président, le 18 janvier 1998 dans leurs baraquements. Des membres du RSP enquêtaient sur le vol d’une somme en espèces ayant appartenu à l’épouse de François Compaoré.

Suite à la mort violente de Zongo, l’administration Compaoré traversa la pire crise politique qu’elle ait connue jusqu’alors.

Compaoré a ses raisons pour ne pas répondre à la convocation du tribunal. Mais ses craintes d'un procès politique ne sont pas justifiées. Il a mené son pays d'une main de fer, dans le sang et les larmes. C'est surtout le revirement inattendu de situation qui lui fait peur.

Paul D. Tayoro

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

Blaise Compaoré

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