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Crise socio-politique au Burkina : c’est maintenant que la Cedeao doit agir, après ce sera trop tard

Le Burkina Faso glisse tout doucement dans l’impasse. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont culminé, dans la journée de samedi 27 novembre 2021. Plusieurs grandes villes ont été le théâtre d’affrontements. Curieusement, la Cedeao ne semble pas émue par le drame qui se prépare. Les leaders de la Cedeao doivent sortir de leur mutisme (Photos Web) 

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) assiste en spectateur indiférent au blocage socio-politique qui se noue actuellement au Burkina Faso. Aucune déclaration, même de forme, pour appeler à l’apaisement, aucun émissaire pour rencontrer les protagonistes. Tout porte à croire que pour l’organisation sous régionale, on est en face d’une simple affaire de politique intérieur. Un malentendu burkinabo-burkinabè en quelque sorte !

Bien entendu, le conflit actuel entre le régime Roch Kaboré et la rue relève de la souveraineté nationale du Burkina Faso. Mais le dire comme ça de go, c’est faire l’impasse sur les précédents dans ce pays. Quand la rue, appuyer par les organisations de la société civile gronde au pays des hommes intègres, c’est que le pouvoir en place est en grand danger. C’est dans ces conditions que le Président Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir, le 31 octobre 2014. Or le grand tabou de la Cedeao, c'est le changement "inconstitutionnel" de régime !

Généralement, face à la situation de blocage, l’armée intervient en arbitre et comme ultime recours. Les évènements qui s’enchaînent au Burkina où les forces de l’ordre ont entrepris de mater les manifestants, n’annoncent rien de bon. Les positions iront se radicalisant, si le Président Roch Marc Chistian Kaboré ne trouve pas rapidement l’alchimie pour calmer la rue. Ça n’en prend pas la direction, de toute évidence. Lors des manifestations à Ouagadougou, un portrait géant du Général Gilbert Diendéré a été sorti de nulle part et brandi ostensiblement. C’est un signe ! Qui pour sauver "le soldat" Roch Kaboré

Il y a une donnée fondamentale qui complique davantage la situation au Burkina Faso. La contradiction principielle. Le locataire du Palais de Kosyam est considéré comme un mou qui n’a aucune solution face au terroristes Djihadistes qui déciment les populations, provoquant des déplacements internes avec leurs lots de misères et de drames humains. Les soldats burkinabè, mal équipés et mal approvisionnés, même en simple nourriture, n’arrivent pas à tenir tête aux fous d’Allah.La rue, plus que jamais, déterminée

Face à cette situation d’extrême complexité, les Chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao devraient monter rapidement au créneau, non pas pour sauver la tête d’un membre du «syndicat » comme ils en ont l’habitude, mais pour sauver un pays qui est en quasi perdition. La rue réclame la démission du Président en fonction. Si celui-ci cède sous pression, dans ce contexte de crise sécuritaire, le Burkina Faso s’enfoncerait dans l’incertitude. Après coup, les représentants spéciaux ou émissaires de la Cedeao ne seront d’aucune utilité.

Théodore Sinzé

  

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

Burkina Faso Cedeao

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