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Alors que la paix sociale est menacée, les rois et chefs traditionnels ont démissionné !

L’atmosphère sociopolitique se dégrade rapidement ces derniers temps. Il est fort à craindre que les éclats de voix qui se font entendre cèdent la place à des affrontements physiques. Si l’on n’y prend grade. C’est à ce niveau que sont attendus les gardiens des us et coutumes. Mais jusque-là, leur silence est sonore !

Où sont-ils, ces sages, alors que le feu menace la maison commune? (Photos Web) 

Pourquoi la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels ne fait-elle de démarche pour désamorcer la nouvelle crise politique qui se profile à l’horizon ? Pourquoi cette poche de sagesse n’offre-t-elle pas ses bons offices pour rapprocher pouvoir et opposition qui se regardent plus que jamais en chiens de faïence ?

Il est sans contexte que depuis le retour du Président Laurent Gbagbo, la méfiance et la défiance entre les acteurs du landernau politique se sont installées. Il y a eu des actes et des paroles diversement interprétés qui ont contribué à pourrir davantage, une situation qui n’était déjà pas à l’entente cordiale.

Sa Majesté Amon Tanoé (3e à partir de gauche) et les autres rois et chefs doivent se résoudre à intervenir

L’ancien Chef d’État ivoirien a été accueilli, le 17 juillet 2021 dans des conditions que l’on sait. De son côté, Laurent Gbagbo a décidé d’ignorer royalement le pouvoir en place et mène sa vie comme si de rien n’était. Au surplus, lors de son séjour dans son village natal de Mama (Ouragahio) et à Daoukro, le leader politique a tenu des propos qui ont horriblement horripilé le régime d’Abidjan.

En réaction, le directeur exécutif du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), Adama Bictogo et le porte-parole adjoint du parti présidentiel ont fait une sortie musclée pour menacer de poursuites judiciaires l’ancien pensionnaire de la prison de la Haye (Pays-Bas).

Et comme si les menaces ne suffisaient pas, le régime Alassane Ouattara a rejeté du revers de la main, l’offre de dialogue de Laurent Gbagbo et de son nouvel allié, Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). Le pouvoir a ailleurs, le pouvoir a refusé, sans une autre forme de procès, la demande du fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi) de rendre visite aux prisonniers politiques.

Et pourtant, la médiation de la Chambre serait salutaire

Pendant que tout se dégrade autour d’eux à vue d’œil, les têtes couronnées se tiennent curieusement loin de cette scène de jeu de quille. Tout comme elle n’a jamais essayé de contribuer à résoudre la crise électorale de 2020 ou proposer un terrain d’entente entre le régime d’Alassane Ouattara et Guillaume Kigbafori Soro qui est aujourd’hui traqué comme une bête féroce, pendant que ses plus fidèles compagnons sont condamnés à de lourdes peines de prison.  

Et pourtant, cette Chambre dirigée par sa Majesté, Amon Tanoé est considérée comme la gardienne de la concorde nationale. Dans ce rôle, elle est en principe au-dessus des querelles partisanes. L’absence de cette chambre à l’accueil du Président Gbagbo, le 17 juin 2021, était en elle-même un très mauvais signale. A partir de cet instant, elle a comme abdiqué son rôle de médiateur social.

Sa Majesté Amon Tanoé et ses pairs vont-ils enfin se réveiller, pendant qu’il est encore temps ? Gardons les doigts croisés !

Théodore Sinzé

  

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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