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Aboh Faustin (député de Sikensi) : « j’ai eu ma maison saccagée par 800 jeunes instrumentalisés »

Fils de Sikensi, le député sortant et poids lourd du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix dans la région est en course pour les législatives du 6 mars prochain. A la veille de l’ouverture de la campagne de ce scrutin, Aboh Faustin lève un coin du voile, dans cette première partie, sur son parcours politique sous oublier de donner son avis sur les sujets en rapport avec la vie de la nation.

 

 

 

Comment arrivez-vous en politique?

 J’y suis arrivé, je dirais, par effraction, parce qu’on ne fait pas des études pour être spécifiquement politique, président de la République, député ou même maire. Le but de la formation est d’avoir un métier. Je suis allé à l’école pour être journaliste. Après mes études en France, je suis rentré en 1985 à la demande du président Félix Houphouet Boigny. A cette époque, le président avait érigé ma région, Sikensi, en commune. Il fallait passer du stade rural à l’urbain. Alors mon oncle feu Pascal Dikébié N’Guessan, ex-ministre de l’Education nationale, m’a demandé de l’accompagner afin de mettre en place le tout premier Conseil municipal. Naturellement, c’était avec beaucoup de plaisir que j’y ai adhéré. De là, le virus de la politique m’a happé et j’y suis resté jusqu’aujourd’hui.

En 1985, vous étiez au PDCI ?

 Oui, j’étais au PDCI mais je n’y suis plus depuis deux ans maintenant. 

 Pourquoi avoir quitter le plus vieux parti de Côte d’Ivoire ?

 Je n’ai pas laissé le parti parce que le PDCI a été signataire de l’accord du RHDP qui est une fusion de plusieurs partis. Nous sommes partis du PDCI pour le RHDP. C’est vrai qu’il y a eu une cassure à un moment donné mais au départ, c’est le président Bédié qui a initié le RHDP. Il nous y a conduit et a un moment donné, il a rebroussé chemin. Moi j’ai considéré qu’il fallait que j’y reste et je suis resté.

 Vous avez passé combien d’années au PDCI?

 Près d’une trentaines d’années.

 Ce n’est pas lourd de laisser tout cela derrière ?

 Le RHDP n’est pas quelque chose de nouveau. Il est l’émanation du PDCI et du RDR. Donc je suis dans ma projection, je n’ai pas abandonné : le RHDP est le PDCI.

  ‘’ On a été abandonnés, pris en otage’’

 

 Comment vous vous sentez-vous au sein de votre nouvelle famille politique?

 Ça se passe très bien ! Je suis membre du Conseil politique. J’étais déjà membre du Bureau politique du PDCI. J’ai gravi tous les échelons. Je suis membre du Conseil politique, député RHDP et membre du bureau de l’Assemblée nationale. Et le RHDP fait beaucoup de choses pour le bien-être des Ivoiriens donc je ne regrette rien.

 Personnellement quel est votre avis sur la dernière présidentielle ?

 En tant que membre du Conseil politique du RHDP, je trouve qu’elle s’est bien passée. C’est vrai que ç’a été difficile par rapport à la compréhension des uns et des autres du troisième mandat. Les juristes les plus éminents ont apporté, chacun, leur lecture et tout cela est parti en vrille. Mais ce que je trouve déplorable, c’est la manipulations des hommes politiques des réseaux sociaux pour en faire des drames. C’est-à-dire partir du virtuel pour changer toute une configuration d’un système politique pour arriver à des violences.

Les violences sont certes déplorables mais les revendications de l’opposition n’étaient-elle pas légitimes?

C’est leur rôle de s’opposer tout comme l’Exécutif gouverne. Mais on ne va pas au-delà avec des mots d’ordre du genre de la désobéissance civile. Il faut faire très attention dans nos pays africains où beaucoup de personnes sont analphabètes, parce que les termes ont leur sens. ‘’La désobéissance civile’’, ‘’il faut s’opposer par tous les moyens’’, ‘’il faut empêcher les élections par tous les moyens’’, cela veut dire quoi? Le citoyen lambda, les jeunes gens du village, ils iront par tous les moyens. Quand d’autres disent même qu’il faut aller à la guerre civile, est-ce que les gens se rendent comptent de l’importance des messages qu’ils lancent? Voilà le résultat : des morts. C’est déplorable et il faut faire très attention.

 Quelles ont été les conséquences justement à Sikensi, région réputée proche de l’opposition?

 C’est un bastion de l’opposition, on le dirait comme ça, mais souvent ce ne sont pas les populations. Des gens prennent des localités cibles, instrumentalisent des personnes et posent des actions dans ces zones qu’on rend hostiles. J’ai vécu ce qu’il s’est passé à Sikensi en tant qu’homme politique et victime. C’est le seul département où il n’y pas eu d’élection le 31 octobre 2020 parce qu’il est proche d’Abidjan donc tout le monde l’expérimente. C’était un théâtre de scènes inexplicables. Le jour du vote de la présidentielle, il n’y avait pas un seul policier ni gendarme dans le département de Sikensi. On a été abandonnés, pris en otage. J’ai eu ma maison saccagée par 800 jeunes en furie instrumentalisés par des leaders politiques tapis dans l’ombre. Qu’est-ce qu’on pouvait y faire? Nous avons subi ces atrocités dignes de la politique d’une autre époque. Je ne vois pas mon pays dans cet état, ce n’est pas la démocratie.

Quel est l’état des lieux aujourd’hui, à la veille des législatives?

 Ce n’est plus la même ambiance parce qu’il y a la présidentielle et les locales.

 Votre avis sur le dialogue politique ?

 Chaque partie, comme dans tout dialogue, veut tirer le meilleur profit. Les choses ont un peu bougé car l’opposition participe aux législatives. La nomination de mon jeune frère KKB en tant que ministre de la réconciliation participe à cela. Il a commencé déjà son travail et nous gagnerons tous à rentrer dans ce cadre du véritable dialogue pour la Côte d’Ivoire et les futures générations.

 

 ‘’ Le souhait de tout Ivoirien à commencer par moi-même est que le président Gbagbo revienne au pays ’’

 

 Pour l’opposition, le pouvoir ne pose pas assez d’actes forts dans le sens de l’apaisement.

 Chacun a sa boussole, sa vision et sa méthode. L’opposition ne vas pas imposer au président Ouattara ses méthodes à elle. Mais eux aussi doivent donner des signaux forts. Je pense maintenant que les choses s’apaisent.

 Un acte fort et concret pour le retour de Gbgabo, par exemple, ne serait-il pas opportun?

 Il ne revient pas au président Ouattara de dire à Gbagbo de venir. Il voulait ses passeports qui lui ont été remis. Il y a un mécanisme, tout un procès et processus. Sa venue aussi tient de lui-même. Les choses sont en cours, le président Ouattara est disposé. Je sais que ses conseillers en parlent régulièrement. Sinon, le souhait de tout Ivoirien à commencer par moi-même est que le président Gbagbo revienne au pays.

 Que faites-vous personnellement au niveau de Sikensi pour la paix entre les partis politiques ?

 Que ce soit à Sikensi ou ailleurs, il n’y a pas de véritable opposition entre les partis. La présidentielle est finie et les populations ne se regardent plus en chiens de faïence. Mais il faut panser les plaies; il y a pas d’animosité les uns envers les autres. A l’instar des politiciens véreux qui donnent des coups aux autres. Les populations, elles, se retrouvent sans même qu’on leur demande pardon. 

 Suivez la vidéo de l'interview ici


Interview réalisée par Franck K

 

 

Content created and supplied by: Franck_K (via Opera News )

aboh faustin député sikensi

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