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Une colonne de rebelles en branle vers N’Djamena, la France sauvera-t-elle encore le soldat Deby ?

Le dimanche 11 avril dernier les tchadiens étaient appelés aux urnes pour élire un nouveau Président. Cette élection sans véritable enjeu allait consacrer une fois de plus le sacre du Maréchal-Président Idriss Deby Itno pour un sixième mandat à la tête du pays. Idriss Deby n’avait pratiquement aucun adversaire de taille en face. Les sérieux prétendants à même de le titiller dans les urnes avaient été empêchés de se présenter pour certains ou s’étaient purement et simplement retirés pour d’autres refusant de cautionner une élection qu’ils jugeaient faussée. L’opposition significative avait donc appelé au « boycott actif » des élections.

Sans grande surprise, les premiers résultats provisoires rendus publics depuis jeudi dernier vont conférer au Président sortant une avance considérable qui ne laisse aucun doute subsister quant à sa victoire qui ouvre la voie pour lui à un sixième mandat à la tête du Tchad.

        Toutefois, le fait majeur qui a plutôt cristallisé l’attention des tchadiens le jour de l’élection présidentielle, est plutôt l’intrusion d’une colonne rebelle depuis les frontières nord du pays. Celui qui est lui-même arrivé aux affaires par les armes en renversant son prédécesseur Hissène Habré en 1990, la page des élections présidentielles à peine tournée doit faire face à une autre offensive rebelle. Déjà par trois fois soit en 2006, 2008 et 2019 le Marechal Président a mis en déroute des offensives de groupes rebelles sur N’djamena.

        Cette autre colonne rebelle en mouvement vers N’djamena depuis l’immense massif du Tibesti zone réputée hostile est une coalition autour d’une force appelée Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT). Le leader n’est autre que Mahamat Mahadi Ali, un cadre tchadien qui totalise vingt-cinq ans d’exil en France et qui selon le journal français Libération dans sa parution en ligne du dimanche 18 avril 2021 a « su nouer des alliances de circonstance-récemment avec le maréchal Khalifa Haftar- pour acquérir de l’armement sans exposer ses combattants ».

        Depuis le lancement de cette offensive avec une colonne que l’on estime forte de 150 à 400 véhicules, l’on assiste en plus de la bataille sur le terrain à une autre, celle de la communication. Là ou l’armée tchadienne annonce que « les mercenaires tchadiens sont en débandade et pourchassés par les vaillantes forces de défense et de sécurité », les rebelles indiquent plutôt que « l’offensive se poursuit sans relâche » et informe même l’opinion de la prise de la garnison stratégique de Gouri ; il y a deux jours.

        Alors la question que l’on se pose est celle de savoir la réaction qui sera celle de la France d’Emmanuel Macron. Emmanuel Macron n’a pas caché sa volonté depuis sa visite mémorable de Ouagadougou de se départir de certaines pratiques d’une certaine ‘’françafrique ‘ qui consistaient à soutenir vailles que vailles des dictatures sur le continent.

        En 2019, les frappes des aéronefs français avaient anéanti les colonnes rebelles qui étaient aux fenêtres du palais présidentiel et avaient permis aux troupes de Deby de reprendre du poil de la bête et de repousser les rebelles hors de la ville. Assistera-t-on une fois de plus au même scenario ?

L’armée tchadienne réputée guerrière et aguerrie est un allié incontestable des forces françaises dans la lutte contre les djihadistes dans le sahel. Au nom de cette collaboration, la France ne va-t-elle pas apporter une fois de plus un appui déterminant à son allié au nom de la nécessité de maintenir les acquis de la lutte contre la menace djihadiste ? Sans s’impliquer sur le théâtre des opérations, la France pourrait fournir des informations cruciales sur les positions rebelles, leurs équipements toute chose qui pourrait s’avérer déterminant dans l’issue finale de la bataille.

        Déjà la colonne rebelle des FACT fait état de ce qu’elle est l’objet de survols réguliers par des avions de chasse français qui pour le moment se gardent d’ouvrir le feu mais pour combien de temps encore ? Les hommes de Mahamat Mahadi Ali perçoivent déjà ces survols comme « un acte hostile et inamical » et rappelle qu’ils ne « considèrent pas la France comme un ennemi » et invitent les forces françaises de l’opération Barkhane à ne pas s’écarter de « sa mission initiale pour s’immiscer dans les conflits internes au Tchad ». Macron sauvera-t-il une fois de plus le soldat Deby ? 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

djamena france

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