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Dissensions dans l'opposition : le COJEP se retire de la CDRP et appelle au report des législatives

Dr. Patrice Saraka.

Le parti de l'ancien chef des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé, le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP), dénonçant "des guerres de positionnement", a annoncé, le lundi 18 janvier 2021, dans une déclaration, son retrait du la coalition de l'opposition, en l'occurrence la Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix (CRDP), mais aussi de toutes les autres plateformes de l'opposition ivoirienne.

Auteur de ladite déclaration, Dr. Patrice Saraka, secrétaire général du COJEP, par ailleurs président intérimaire de La Voix du Peuple, reconnaît que la Côte d'Ivoire est à la croisée des chemins. "En effet, notre pays vit l'un des moments les plus critiques de sa jeune histoire. Après une élection présidentielle qui a endeuillé de nombreuses familles, notre pays s'apprête à inviter les Ivoiriens à une autre consultation électorale, notamment les législatives.", a-t-il fait savoir. Et d'indiquer, "car les Ivoiriens ont droit à la vérité", qu'au niveau de l'opposition, les actions engagées n'ont pas produit les résultats escomptés. Désobéissance, Conseil national de Transition (CNT), tout y est passé. Et pourtant, le vaillant peuple de Côte d'Ivoire aura tout donné. Les Ivoiriens ont bravé les "Microbes" et autres miliciens pour exprimer leur désir de voir la Côte d'Ivoire être gouvernée autrement".

Dr. Patrice Saraka reconnaît que, face à cette situation, le COJEP et la coalition citoyenne La Voix du Peuple avaient espéré que l'opposition ivoirienne se repense à travers une introspection profonde et qu'elle réinvente les meilleures approches pour assurer à nouveau le peuple et lui redonner espoir. "Un tel exercice aurait pu se faire au cours d'une rencontre-bilan. Que nenni !", estime Dr. Patrice Saraka. Qui avance que l'annonce des élections législatives, qui devrait être saisie comme une opportunité pour renforcer la cohésion et l'unité de l'opposition, a malheureusement mis au grand jour les appétits et autres guerres de positionnement entre des entités pourtant supposées être des partenaires.

Charles Blé Goudé.

A l'en croire, les attitudes et les procédures de prise de décisions frisent le mépris et indiquent que la priorité et le sens de l'action politique ne demeurent nullement les intérêts du peuple comme le font croire les déclarations publiques. "La guerre de positionnement et la logique de domination ne sont pas l'idée qui avait le COJEP à adhérer à la Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix (CDRP), une coalition à but non électoraliste à l'origine. Les objectifs que nourrissent les partis et organisations membres de la coalition citoyenne La Voix du Peuple en s'engageant aux côtés des autres plateformes de l'opposition n'ont été qu'une désillusion amère. Nous sommes engagés pour des valeurs, pour des principes, afin de contribuer à opérer un changement dans la gouvernance. Or aucun changement véritable, aucune rupture ne peut s'opérer sans conversion de mentalités, sans méthode, sans changement de paradigmes. On ne peut pas combattre une dictature à la tête de l'Etat avec une dictature interne et un esprit de domination", regrette Dr. Patrice Saraka.

Selon lui, au regard du traumatisme sans précédent que les populations ivoiriennes viennent de vivre, le COJEP et La Voix du Peuple avaient légitimement espéré, "loin de tout calcul politicien et de positionnement, des actes et actions concrets pour renforcer la cohésion et l'unité de l'opposition afin de mieux répondre aux aspirations légitimes de nos concitoyens". Il est alors revenu sur la période où le COJEP et la Voix du Peuple avaient dénoncé un dialogue aux pas de course centré encore une fois uniquement sur la question électorale et dont le principal résultat attendu était la mise en place d'une CEI de partis, tout en soulignant qu'un tel dialogue était dominé par la philosophie du partage, des arrangements, au mépris et au détriment des intérêts fondamentaux des Ivoiriens qui, pourtant, pense Dr. Patrice Saraka, continuent de payer un lourd tribut des incohérences politiques devenues monnaie courante en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, soutient-il, "nous dénonçons un processus électoral précipité et biaisé à tous les niveaux et qui est guidé par la même philosophie du partage et par une volonté hégémonique et expansionniste".

Face donc à toute cette donne et tirant toutes les conséquences des observations susmentionnées, Dr. Patrice Saraka apprend que le COJEP et La Voix du Peuple ont décidé de prendre leurs responsabilités. En suspendant notamment leur participation aux activités liées aux élections législatives tant au sein de la CDRP qu'avec toutes les plateformes de l'opposition. Par ailleurs, le COJEP se soustrait de tout engagement au sein de la CDRP et reconsidère sa collaboration avec ladite coalition "dès publication du présent communiqué". En outre, "le COJEP et la Voix du Peuple entendent poursuivre et renforcer leur tournée de compassion, de solidarité, d'écoute et de consultation des populations afin de définir avec elles ses priorités". Et, pour finir, Dr. Patrice Saraka révèle que le COJEP et La Voix du Peuple continuent d'exprimer leurs vives préoccupations et inquiétudes face à l'environnement électoral toujours délétère. C'est pourquoi ils "continuent de réclamer le report des élections législatives pour sauver des vies humaines". Ils pensent qu'"il est mieux de consacrer du temps pour discuter de tous les sujets qui divisent dans le cadre d'assisses nationales inclusives, plutôt que de consacrer du temps à compter des morts et à panser les meurtrissures et les blessures".

Marc-André Latta

 

Content created and supplied by: RogerLevry (via Opera News )

COJEP Côte d'Ivoire

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