Sign in
Download Opera News App

 

 

Sentiment anti-français : comment Paris ferme les yeux sur les vraies raisons !

Il y a comme un vent de révolte qui parcourt toute l’Afrique francophone. L’illustration la plus saisissante et la plus récente a été l’opposition des populations au Burkina Faso et du Niger au passage d’un convoi militaire français. Dans une sorte de cécité collective, les autorités de l’hexagone se trompent sur toute la ligne dans leur analyse situationnelle.Emmanuel Macron, dans les pas de ces prédécesseurs (photos web)

Le sentiment anti-français est réel en Afrique francophone. Ce rejet de l’ex-puissance coloniale est largement partagé par les populations de ces zones. Que ce soit en Afrique Occidentale qu’en Afrique centrale, le ressenti est le même. En Afrique de l’Ouest, dans des pays pivots comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, une illusion est encore entretenue. Dans ces deux pays, en Côte d’Ivoire plus qu’au Sénégal, il n’y a véritablement pas encore de manifestations bruyantes de ce rejet. Mais les populations n’en ressentent pas moins le ras-le-bol.

Cette situation de la paix des cimetières est due à la présence de Macky Sall au pouvoir au Sénégal et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, tous deux ouvertement engagés pour la cause de la France et pivot de ce qui est convenu d’appeler la francçafrique. C’est en réalité une situation qui opère en trompe-l’œil, car quand les populations de ces deux pays en ont eu l’occasion, elles ont su se faire entendre. Et comment !

Au Sénégal, les manifestations de rue qui ont suivi l’arrestation de l’opposant Ousmane Sankho en février-mars 2021 ont vite tourné à des assauts contre les enseignes françaises. Ainsi, de nombreuses grandes surfaces de distribution appartenant à des entrepreneurs français ont été pillées et saccagées. Il faut pouvoir décoder cette atteinte à ces intérêts français !

En Côte d’Ivoire, au plus fort de la crise politique de 2002-2010, la rue a crié sur tous les tons sa colère contre la France. Cette colère bien que contenu depuis lors est encore présente. Principalement du fait que les nombreux préjudices causés par les soldats français, notamment le massacre d’une soixantaine de jeunes gens aux mains nues devant l’Hôtel Ivoire, n’ont jamais été soldés.

La Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara et...

Pour les autorités actuelles de Paris, en particulier le gouvernement d’Emmanuel Macron, le rejet de la France en Afrique serait suscité par « des concurrents » qui voudraient chasser leur pays, de ses zones d’influence pour occuper leur place. Les jeunes manifestants au Burkina, au Niger et au Mali seraient manipulés par ces concurrents. La ministre des Armées, Florence Parly a psalmodié ce mantra qui est un véritable déni de la vérité, lors d’une interview accordée à Radio France internationale, le 06 décembre à Dakar.

Il n’y a eu jamais de diagnostic aussi léger, aussi faux d’un problème aussi essentiel, aussi sérieux. En réponse, Paris a décidé de rétablir « la vérité » sur les rapports entre la France et ses anciennes colonies. Comment ? On attend de voir !

Il ne faut pas chercher midi à 14 heures. Pour comprendre le phénomène du rejet quasi-unanime de la France, Paris doit se regarder dans la glace. Ce pays a comme bréviaire, la liberté, égalité et la fraternité. Ce qui est bon pour la France l’est également pour les peuples des autres pays. Et il faut s’en convaincre.

La France en plaçant ces pions à la tête des pays francophones, garants de leurs intérêts marchands, politiques et diplomatiques, fait-elle ainsi la promotion de la liberté dans ces pays ? Les Constitutions sont violées et les élections sont brigandés, avec la bénédiction de Paris, tant que c’est un fidèle obséquieux qui en est l’auteur !...le Sénégal de Macky Sall donnent l'illusion d'un statut quo !

La France traite-t-elle d’égal à égal avec les Africains quand elle confisque, entre autres, tous leurs les moyens de développement en les soumettant aux pillages systématiques, à travers la confiscation de leurs matières premières, l’esclavage monétaire, les marchés surfacturés que ses « grandes »entreprises se partage sur le continent ?

Enfin que pourrait-on dire sur la fraternité ? La France a-t-elle déjà manifesté de la fraternité à l’égard des peuples coloniaux ? L’esclavage, la colonisation et maintenant le néo-colonialisme sont autant d’expression du mépris. Quelle fraternité peut-il y avoir entre l’opprimé, le méprisé et son oppresseur ?

La France est déjà sortie de l’Afrique sans qu’elle ne s’en rende compte. Le mouvement de libération refréner à l’aube des indépendances est devenu une lame de fond incompressible. Si l’ex-puissance coloniale ne comprend pas que le monde a changé pour changer avec lui, ce sera à ces entiers dépens. Les jeunes africains d’aujourd’hui sont éduqués et ouverts sur le monde. L’oublier, s’est pratiquer la politique de l’Autruche.

Théodore Sinzé

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires