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Nigéria : Des affrontements entre éleveurs et bergers, que faut-il craindre ?

De vives tensions entre populations autochtones, la crise qui pourrait "dégénérer en guerre civile"

La région centrale de la Middle Belt au Nigeria a été secouée cette année par une augmentation des violences entre fermiers et éleveurs. La désertification et le réchauffement climatique, la cause, poussant les éleveurs du nord à se déplacer vers le sud, sur le territoire des agriculteurs. L'un des conflits les plus meurtriers au monde, faisant plus de mort que Boko Haram parfois.


Le manque de ressources ( terres, forêts, pâturages) devient de plus en plus dans certaines régions du monde. Le réchauffement et la désertisation, origine de plusieurs tensions. Des affrontements entre autochtones, pour un accès à la terre et aux ressources, virent à l’affrontement interreligieux, la majorité des éleveurs étant musulmans, et les agriculteurs pour beaucoup chrétiens.

Un témoin Abeni (pseudonyme) est un fermier chrétien qui a confié aux Observateurs de France 24 affirme "Plus de 100 militants peuls sont arrivés dans le village vers 23 heures , le 18 mars. L’attaque a duré plus d’une heure. L’armée nigériane est arrivée à 12 h 45 le lendemain, mais il était trop tard. Les massacres avaient déjà eu lieu. Plus de 70 maisons et lieux de culte, ainsi que plusieurs granges à céréales et des motos ont été incendiés.

Ce dernier a abandonné ses terres et fuir pour ne pas perdre la vie. Depuis mars, il a été témoin de trois attaques distinctes au cours desquelles des dizaines de personnes ont été tuées.

Abéni afin de corroborer les déclarations a envoyé des images à la rédaction de France 24 afin prouver ses dits. Images ci après des attaques :


Attention "autre Rwanda possible"

Des tensions religieuses déjà présentes sont de plus en plus visible face au nombre croissant de victimes que cause ces affrontements. Les éleveurs peuls sont musulmans, et les agriculteurs sont chrétiens. Depuis l'arrivée au pouvoir 2015 du président Muhammadu Buhari, lui-même peul et musulman, la situation est allée de "mal en pis", selon Salihu Musa Umar. Le gouvernent a été pointé du doigt dans cette affaire pour son inaction. De nombreux agriculteurs ont accusé le gouvernement de partialité dans le conflit, et même d'attiser la violence à des fins politiques.

Dans le camp belligérant, les accusations et contre-accusations de nettoyage ethnique, pire même de génocide, ont pris de l'ampleur. 

Un analyste local du conflit anonyme a confié qu'il est désormais impératif que le gouvernement prenne le contrôle du sujet afin d'apaiser les idées conspirationnistes destructrices qui se répandent : "Le gouvernement doit être très prudent car s'il ne l'est pas, et s’il semble soutenir un groupe en particulier, cela pourrait se transformer en un autre Rwanda et dégénérer en une guerre civile à grande échelle".

Un discours qui n'a pas été pris à la légère pour les spécialistes de la paix et la gouvernance. Faut-il craindre le pire si les autorités ne réagissent pas ?

La question reste posée !


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