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Onu : le Président nigérian condamne les adeptes du 3e mandat, mais les tolère en réalité !

Muhamadu Buhari a choisi la tribune la plus prestigieuse et la plus importante de la planète pour fustiger l’addiction au pouvoir de ses pairs de l’Afrique de l’ouest. Un penchant dont la conséquence inévitable est l’instabilité politique devenue chronique. De toute évidence, il faut beaucoup plus que cette dénonciation publique ! Muhamadu Buhari condamne les 3e mandat de l'espace Cedeao (Photos Web) 

Le Président du Nigeria, Muhamadu Buhari a fait à la tribune de l’Assemblement générale de l’Organisation des nations unies (Onu) un diagnostic de la vague de coups d’État qui ont ressurgi en Afrique de l’ouest. Ses conclusions sont sans appel : ces changements anticonstitutionnels sont la conséquence de viols préalables de la Constitution dans les différents pays concernés. Pour Muhamadu Buhari, c’est la manie du tripatouillage des Constitutions par certains Chefs d’État de l’Afrique de l’ouest en vue de s’éterniser au pouvoir, qui entraîne en bout de chaîne, l’irruption de la    soldatesque sur la scène politique. « En tant que dirigeants, nous devons respecter les dispositions constitutionnelles de nos pays respectifs, en particulier concernant la limitation de nombre de mandat. C’est un domaine qui génère des crises et des tensions politiques dans notre sous-région » affirme-t-il, accusateur. Pour mettre fin à ce cercle vicieux, le Président nigérian en appel à l’intervention, en amont de la communauté internationale, afin qu’elle mette fin à cette gourmandise des Chefs d’État de l’Afrique de l’ouest dès qu’ils montrent des velléités de confiscation du pouvoir d’État.Alassane Ouattara n'a pu résister à la tentation du 3e mandat 

Muhamadu Buhari invitait déjà ses pairs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) « à résister à la tentation du 3e mandat » en 2020 sur les ondes de la BBC, le 8 septembre 2020, au moment où les interprétations les plus inattendues se faisaient de la Constitution de 2016 pour justifier le 3e mandat consécutif d’Alassane Ouattara et au moment où des débats similaires avaient cours en Guinée voisin. Au Sénégal, Macky Sall entretenait alors une sorte de nébuleuse sur son envie d’un 3e mandat. Il était même interdit de l’évoquer, au risque de se voir jeter en prison ! Le diagnostic du Président du Nigeria est pertinent. Alors, pourquoi le Chef de l’État le plus puissant d’Afrique et de loin, le plus riche de la Cedeao (environ 75% du Pib) ne joue-t-il pas suffisamment de son leadership pour contrer ses pairs qui adeptes du tripatouillage des Constitution de leur pays? Avant la présidentielle d’octobre 2020, une mission conjointe Cedeao-Onu et Union africaine conduite par Shirley Ayorkor Botchway, ministre des Affaires étrangères du Ghana est venue à Abidjan (lundi 06 octobre 2020), au plus fort des tensions entre Alassane Ouattara et l’opposition. Cette mission était censée être venue faire de la « diplomatie préventive ». Histoire d’empêcher que les tentions très perspectives ne dégénèrent en crise ouverte. Le 3e mandat n'a pas porté chance à Alpha Condé

Au terme de leur mission, ces émissaires n’ont pu fléchir la position d’Alassane Ouattara qui se présentait non seulement à un troisième mandat consécutif, mais refusait catégoriquement que la date de la présidentielle soit repoussée. Le temps de voir baiser quelque peu la tension politique. Qu’ont-ils fait Muhamadu Buhari et son pays, le grand Nigeria pour empêcher la déflagration ? Rien ! L’élection controversée a eu lieu en Côte d’Ivoire, avec son cortège de violence ennuies. Le même scénario a eu lieu en Guinée où Alpha Condé a imposé son 3e mandat dans le même contexte de violence. Là encore, il n’y a eu aucune réaction de Buhari ! Le discours du Président nigérian à la tribune des Nations-Unies sonnent pour le moins comme une fuite de responsabilité. On sait que par le passé, le Nigeria est intervenu dans des pays de la Cedeao pour rétablir l’ordre constitutionnel. Ce fut le cas au Liberia, en Sierra Leone et en Gambie. L’ordre constitutionnel est tout autant violé quand la loi fondamentale est tripatouillée pour pérenniser un régime décrié.    

 

Théodore Sinzé

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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