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Lakota : Palabres à Groguya : le développement en souffrance

Sur l’axe Lakota-Gagnoa, Groguya est le seul village qui n’a de plaque dénominative ni à l’entrée, encore moins, à la sortie du village. Ce qui ne manque pas d’étonner. Car, Groguya est un village de sept mille habitants qui dispose, entre autres, de deux groupes scolaires, d’un collège privé, d’un dépôt de pharmacie et d’une auberge. Mais, Groguya, issu du regroupement de quatre villages, n’a ni marché, ni château d’eau. Pour ce dernier détail, c’est dans deux puits que les femmes s’approvisionnent en eau. La cause de tout ceci, parce que, depuis 2002, le nom « Groguya » est au centre d’une mésentente qui divise le village. Chaque « quartier » s’est replié sur lui-même. Qui plus est, l’autorité du « chef central » est contestée. À Groguya, tous s’accordent à dire que le seul évènement qui continue à rassembler tout le monde en un même lieu, c’est les funérailles.

C’est donc, pour ressouder l’unité brisée entre les fils et filles de ce riche et vaste village, et le remettre sur les rails du développement, qu’une mission humanitaire œuvrant dans le cadre du Projet Liane 2 (leadership et initiatives des acteurs non étatiques) financé par l’Union européenne séjourne depuis le 15 mars, et ce, jusqu’au 30 mars dans ce village. 

 

Selon M. Maurice Dolé, le président du « COGES » du village, « avant 2002, tous s’accordaient autour du nom Groguya. L’unité existait au sein de la communauté. C’est après le passage de Boga Doudou dans ce village en août 2002 que la division est née. » Le président des activités sportives de Groguya, Attéméné Dakoury Yves révèle que « c’est le nom Biagouri qui divise le village. Une partie du village ne veut pas de ce nom. Pour les funérailles, les gens sont ensemble. Mais pendant les vacances, la division refait surface. Il y a deux terrains. Donc, quand on demande de l’aide aux cadres pour les activités sportives, ils trainent les pieds pour répondre. » 

M. Gnabro Emmanuel a une autre lecture de la chose : « on ne respecte pas les cadres. Donc, ils ne peuvent rien faire pour nous ». Enseignant d’université, le Dr Gbodjé Jean François Aristide reconnaît que : « dans le cours de l’histoire, il s’est posé un nom qui engendre un problème d’entente. Certains souhaitent que le village s’appelle Biagouri, d’autres veulent que ce soit Groguya. Mais en vérité, le nom Groguya demeurait avant qu’on ne se rencontre ici. Au départ, c’était quatre villages, qui s’appelaient Biagouri, un nom de la tribu, mais on était dispersé. Sékoulilié était à deux kilomètres, Kpabelilié ou Yehiriparehoin qui était à cinq kilomètres, Groguya était au bord de la route, Dakourililié était juste à côté. Mais il y a eu le principe de regroupement qui avait été encouragé par le député Diarro Gnadja Germain. Donc, après maintes réunions, les parents ont accepté de se regrouper ici. Mais sur quelle base les parents avaient-ils choisi le nom Biagouri ? C’est la question que je me pose toujours. Il faut que les gens laissent la passion de côté. Parce que le radicalisme ne mène nulle part. Il faut que chacun mette de l’eau dans son vin pour trouver un juste milieu, un consensus rationnel qui peut réconcilier tout le monde. »

À toutes les couches sociales de Groguya, le chef du projet « appui à la cohésion sociale, à la réconciliation à travers le dialogue intercommunautaire entre les populations du village de Groguya-Biagouri dans le département de Lakota, M. Yoro Isidore Lohouri, n’a que ce seul mot à la bouche : “il faut éviter les positions tranchées. Qu’est-ce qu’on gagne dans cette affaire, si on n’a pas de marché, on n’a pas de château d’eau, quand les autres villages d’à côté continuent leur développement ?”

En effet, dans le cadre du projet Liane 2, M. Yoro Isidore Lohouri et son équipe séjournent depuis le 15 mars dans ce village. L’équipe fait une consultation populaire pour trouver des solutions consensuelles aux problèmes de Groguya. Une réunion de synthèse des consultations intercommunautaires menées jusqu’à cette date est prévue jeudi 25 mars. Et, fort à propos, M. Yoro compte sur la présence des cadres invités à cette rencontre pour faire avancer les réflexions.


CASSIN.

Content created and supplied by: AbelCassin (via Opera News )

Groguya Lakota

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