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Crise à la Cosefci / Attabi : "c'est de la jalousie"

Intrépide à la tête de la CES-CI, déterminé et résolu à la Cosefci, Attabi Pacôme est la figure marquante du syndicalisme de ces dix dernières années, dans le secteur éducation-formation. Sur le chemin de la reconversion, il a, en ligne de mire, la présidence du conseil d'administration de la Mutuelle générale des fonctionnaires de Côte d'Ivoire (MUGEFCI). Une véritable course d'obstacles.

En pleine précampagne pour l'élection du PCA de la Mugefci, la Cosefsci vient de pondre un communiqué dans lequel il prononce votre radiation. Ce n'est pas le meilleur début de campagne, assurément ?

Ce communiqué est rempli d'antynomie, de non sens. Quand le camarade dit qu'il a démis Attabi et son organisation, la CES-CI, de la Cosefsci, il oublie de dire que Attabi est président de la Coalition des syndicats du secteur public de Côte d'Ivoire (CSSPCI) dont la Cosefsci n'est qu'un membre qui représente le secteur éducation. Vous imaginez dans une famille de polygame, l'une des épouses décide de démettre le père de la tête de la famille. Vous comprenez bien que c'est risible! La Cosefsci n'est pas une entité formelle. C'est la CSSPCI qui a un récépissé que je détiens d'ailleurs.

La Cosefsci est quand même le membre le plus connu.

Certes ! Et cette organisation est mon idée. Je suis membre fondateur. Donc cette déclaration, cette agitation n'engage que leurs auteurs. En plus la Cosefci, ce sont d'abord les bases (l'ensemble des militants), ensuite les secrétaires de section des organisations affiliées,les secrétaires régionaux des différents syndicats, les membres des bureaux nationaux et les secrétaires nationaux. Donc quand quelques secrétaires nationaux se retrouvent pour pondre un tel document, tu vois que cela relève du ressentiment. Et ça ne peut pas prospérer.

Quelles sont, selon vous les raisons d'une telle sortie ?

C'est parce que je leur ai déconseillé d'aller en grève, le 11 mai dernier. Parce que pour nous, le 11 mai, c'est déjà la veille des vacances. Et la nouvelle ministre Mariatou Koné montrait sa volonté de trancher avec le système ancien laissé par Kandia Camara, en annonçant les états généraux qui constitue un diagnostic du système éducatif. Pourquoi ne pas attendre qu'elle s'installe et qu'on aille à ce diagnostic. De sorte que si ce diagnostic ne prend pas en compte nos aspirations, on ait les coudées franches pour aller à une "bagarre"avec elle. Pourquoi accueillir la ministre avec une grève alors qu'elle est dans une bonne disposition d'esprit? C'était une grève inopportune pour nous.

Les grèves se décident en assemblée générale, il me semble ?

Nous sommes allés en AG. D'abord, c'était pas la grande mobilisation. Il y a eu dix intervenants. Six ont dit qu'il faut aller en grève. Deux ont dit qu'il ne faut pas aller en grève. Attendez, sur la base d'une différence de deux personnes, on ne peut pas conduire tout un pays à une grève ! Est-ce que dix personnes peuvent décider d'une grève sur le plan national ? Il ne faut pas ridiculiser la Cosefsci. Surtout qu'elle a connu des difficultés majeures avec le gouvernement qui l'a réprimée sauvagement, d'abord en mai 2019 ensuite en février 2020. Ainsi, avant qu'elle ne reparte en mouvement, elle doit prendre le temps de panser ses plaies, remobiliser le terrain pour se donner les chances d'un mouvement réussi.

Il est quand même intriguant qu'à la veille d'échéances si importantes,une structure que vous avez portée vous lâche ?

J'ai plutôt l'impression qu'il y a une sorte de jalousie. Et c'est bien dommage. D'abord ceux qui sont à la Fesaci avec moi, Traoré Opina de Convergence et Acko Noël de la Conefci. Ils n'ont jamais digéré que Traoré Dohia m'ait élevé au rang de secrétaire général confédéral. Pour Opina, c'est inadmissible parce-que c'est lui qui m'a sensibilisé à rentrer à la Fesaci avec mon syndicat en 2015. Et depuis le 14 mars 2020, le frère s'est inscrit dans une logique de boycott de tout ce qui est Attabi. C'est pareil pour les autres qui estiment que je leur fait écran.

Leur posture ne vous inquiète-t-elle pas?

Pas du tout ! Puisqu'ils sont l'ombre d'eux-mêmes. Dans leurs propres organisations, ils sont mis en minorité. Acko Nomel qui soutient cette déclaration, par exemple, a été désavoué par 22 membres sur 24 que compte son bureau. En ce qui concerne Traoré Opina, sa plut grande base c'est le tonkpi. Cette base nous soutient. Ses bases de Ferké, Bouaké, Daoukro sont avec Attabi. Même dans le syndicat de Bertoni qui se dit porte-parole alors que son mandat est arrivé à expiration, ils sont nombreux à me soutenir. Ils sont donc dans une sorcellerie qui ne peut pas prospérer.

Vous avez en face de vous le candidat du bureau sortant qui semble déployer la grande artillerie, quels son vos atouts ?

D'abord le GRS ( Groupe Renouveau Social) dont je suis le président est une base constituée d'organisations suffisamment représentatives. Dans le domaine de la santé, nous avons 83% des personnels de la santé au travers de trois organisations qui sont les plus représentatives. Le Synici, première organisation des infirmiers, le sysafci, le puissant syndicat des sages -femmes et le sycamci, l'organisation des cadres supérieurs de la santé de Côte d'ivoire. Dans le secteur de l'éducation, j'ai avec moi la CES-CI qui est la plus représentative des enseignants du secondaire. J'ai les syndicats des conseillers pédagogiques avec moi. Au niveau du ministère de l'intérieur, nous avons le Synamici. Nous avons avec nous en les syndicats du ministère des ressources halieutiques. Nous avons avec nous presque tous les syndicats du ministère de la fonction publique. Et pour couronner le tout, nous avons le soutien de la Fesaci.

Nous sommes organisés, nous avons un programme, nous sommes des hommes de terrain.

A quoi peut on s'attendre d'innovant avec vous ?

Je voudrais d'abord souligner que la candidate du conseil d'administration sortant ne peut pas prospérer parce qu'elle est comptable de l'échec de ce conseil d'administration.

Vous pensez que le conseil d'administration de Mesmin a échoué ?

Il n'y a qu'un seul indicateur pour s'en convaincre. Est ce que les mutualistes sont servis quand ils vont en pharmacie ? Non! Elle dispose des moyens de la Mugefci pour être active dans la campagne. Mais tout va se jouer dans les urnes. Les mutualistes sont suffisamment conscients de l'équipe qui répondra à leurs attentes.

Que proposez vous concrètement aux mutualistes désabusés ?

L'objet principal de la Mugefci. C'est à dire la fourniture de médicaments aux mutualistes. Faire en sorte que le mutualiste sorte de la pharmacie avec ses médicaments, sans mettre la main à la poche parce que la mutuelle doit être capable de rembourser ces médicaments. Nous visons également l'élargissement des soins de la Mugefci.

C'est à dire ?

Nous allons faire la promotion de partenariat technique pour être en mesure de relever le nombre de médicaments dans le panier à soin de l'adhérent. Les pathologies qui, selon les clauses de l'arrimage CMU-MUGEFCI, ne sont pas prises en compte par la MUGEFCI, nous voulons faire en sorte que la mutuelle soit capable de les prendre en compte. Plutôt que de construire des établissements à des frais importants. Pour lesquels il faut encore de grands moyens pour l'entretien.

On dira que c'est le patrimoine de la mutuelle ?

Cette équipe a passé son temps à démultiplier des bâtiments qui, en réalité, dans le contexte d'arrimage, n'ont pas servi les mutualistes. Nous, nous ne voulons pas nous éparpiller.

Vous êtes plusieurs candidats en face de la candidate du conseil d'administration sortant. N'aurait il pas été judicieux de former une coalition pour faire pencher le maximum de mutualistes de votre côté ?

C'est à regretter. Mais la question fondamentale porte sur la moralité de celui qui va incarner cette coalition. Les syndicalistes en lice sont tous bien connus. Nous connaissons la mentalité des uns et des autres. Pour notre part, nous n'avons pas confiance en la probité morale de certains. Pour la simple raison que nous avons été avec eux dans la lutte et ils nous ont trahis.

N'est ce pas l'argent qui vous attire autant?

Chacun a ses priorités. Et celle là n'est pas la mienne. Toute notre vie syndicale nous avons mis l'accent sur l'intérêt de la masse. Sinon nous avons eu des propositions qui pouvaient changer notre vie. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il faut faire le tri. Vous ne pouvez pas confiez la Mugefci à des gens qui ont falsifié des signatures de PV d'AG, pour prélever 20000 FCFA sur le stock des arriérés de chaque fonctionnaire enseignant. Ces personnes sont pourtant dans la course. Que peut on attendre de celles-là ?

Emmanuel Fofana

Content created and supplied by: Emmanuelfofana (via Opera News )

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