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Sommet Afrique-France : quand la société civile rejette la France mais ne résiste pas à son argent

Quarante-huit ans après le premier sommet France – Afrique, le président Emmanuel Macron, est déterminé à redéfinir les relations entre l'ancienne métropole et ses ex-colonies. La société civile africaine est-elle parée pour ces nouveaux défis ?

La redéfinition des relations entre l’Afrique et la France a été marquée, à la faveur de ce 27e sommet Afrique – France, organisé le 8 octobre à Montpellier, par l’absence de chefs d’État africains. En lieu et place, Emmanuel Macron s'est entretenu, « sans filtre » avec des jeunes africains se réclamant des sociétés civiles.

 Le moins, qu'on puisse dire, c’est que les jeunes africains ont saisi cette aubaine pour dire ce qu’ils pensaient des relations entre leur continent et le pays du Général de Gaule. C’était un général si bon politicien pour savoir que les États n'ont pas d’amis, mais que des intérêts. Seulement, voilà que les jeunes africains présents à Montpellier ont clairement montré qu’ils ne voulaient plus du « paternalisme » français, sans pourtant renoncer aux fonds annoncés dans divers domaines.

Dénonçant une relation inégale entre la France et les pays d'Afrique, l’étudiante burkinabé Sibila Samiratou Ouedraogo a souhaité qu'un meilleur équilibre soit mis en place. À Montpellier, le paternalisme français a été suffisamment décrié. « La rupture a été voulue par les Africains, il ne faut pas croire qu’elle se décide à Montpellier », a martelé l’activiste malienne Adam Dicko. « Et programmez un retrait progressif et définitif de vos bases militaires en Afrique », renchérissait l’activiste et blogueur sénégalais Cheikh Fall. « Nous n'avons pas besoin d'aide, nous avons besoin de coopération », a poursuivi Adam Dicko.

Tout cela sera si beau et légitime si cette même société civile n'avait pas ensuite milité pour occuper une place de choix dans les fonds annoncés à Montpellier comme celui relatif à l’innovation démocratique. « M. le président, le rapport du professeur Achille Mbembe nous propose un fonds de la démocratie. Il serait peut-être intéressant ou nous devons même orienter ce fonds vers la société civile qui doit être reconnue officiellement et avoir une place de choix dans la direction de ce fonds pour la démocratie », a plaidé Dr. Arthur Banga.

Et pourtant, l'historien venait de rejeter l’idée d'aide au profit du partenariat. Il est clair qu’un partenariat pour lequel la France est la bailleresse sera un partenariat dans lequel la France commandera. Qui paye, dirige, dit-on trivialement.

En soulignant que « si la relation entre les pays d’Afrique et la France était une marmite, elle est très sale », la burkinabé, Eldaa Koama n’a-t-elle pas dit que l'aide au développement rendait esclave ?

Que doit-on comprendre finalement ? Les jeunes activistes africains du sommet de Montpellier, s’attendent-ils au financement de la France pour s’organiser, survivre dans leurs pays, avoir de l'aura et combattre ensuite les systèmes français installés en Afrique ? Une chose est sûre, bien que boudant la France, une certaine société civile a milité à Montpellier pour avoir droit au financement français.

Rappelons qu’en marge du fonds d’innovation pour la démocratie d’une enveloppe de 30 millions d'euros sur trois ans, le sommet de Montpellier a aussi prévu la création d’une Maison des mondes africains et des diasporas. Au niveau culturel, un fonds de soutien d'un montant de 300 000 euros sur 3 ans devrait permettre l’accueil d’exposition et la circulation d’œuvres d'art.

Par ailleurs, ce sommet fut aussi l’occasion d’acter le lancement de la seconde phase de Digital Africa, sous la forme d’un fonds d’amorçage doté de 10 millions d’euros de subvention par an pendant trois ans. Au niveau du sport et de l’éducation, l’Agence française de développement – fortement décriée à ce sommet – doit mettre en œuvre une contribution supplémentaire de 4 millions d'euros pour soutenir les académies sportives africaines.

Dirigeants africains ou société civile africaine, qu’est-ce qui change finalement dans les relations entre l'Afrique et la France ? Peut-être l'un des participants à ce 27e sommet, en l'occurrence la jeune kényane Adelle Onyango essayait-elle de répondre à cette interrogation légitime. « Nous cherchons une solution, contrairement aux chefs d'État que vous rencontrez habituellement », a soutenu Adelle Onyango, tel que rapporté par le point.fr.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

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