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D'Houphouët à Ouattara : La part de responsabilité des différents présidents dans la crise ivoirienne

(photo de feu Félix Houphouet Boigny, premier président de la Côte d'Ivoire)

Depuis son accession à l'indépendance en 1960 jusqu'à ce jour, la Côte d'Ivoire a connu successivement cinq présidents dont le cinquième est l'actuel président S.E.M Allassanle Ouattara.

Au moment où le pays est en train de sortir petit à petit de cette longue crise qui l'a secoué et mis à mal sa stabilité et sa cohésion sociale, il importe pour ma part de retracer l'histoire et situer les responsabilités pour les jeunes générations et celles d'avenir dans leurs quêtes du savoir .

Feu Félix Houphouet Boigny

L'un des pionniers politiques africains de la période pré indépendance, il devint le premier président de la Côte d'Ivoire au lendemain de l'accession de ce pays à l'indépendance dès 1960. Appuyé d'un régime monopartiste ( puisque le PDCI était le seul parti à cette époque), il a usé de son charisme et de son sens prononcé pour la paix pour diriger la Côte d'Ivoire pendant plus de trente ans ( de 1960 à 1993). Durant son pouvoir avait il pensé à une quelconque succession ? Tout laisse à croire que non. À mon sens, l'homme en tant que père de cette nation, aurait dû à un moment donné renoncer au pouvoir , pour voir de son vivant comment cette nation qu'il a battie serait dirigée... Hélas il a choisi de s'eterniser au pouvoir jusqu'à ce que la mort l'emporte en décembre 1993 , sans véritablement avoir tracé les sillons d'une quelconque succession , laissant le pays à la merci d'une " guerre" des successeurs tapis dans l'ombre. C'est de là que la crise qu'a connue la Côte d'Ivoire pris sa source.

Henri Konan Bédié

Après la mort de Félix Houphouet Boigny en décembre 1993, Henri Konan Bédié dauphin constitutionnel puisque président de l'Assemblée nationale d'alors accède au pouvoir. Pour certains barons du PDCI à cette époque, l'homme n'était pas suffisamment outillé pour gérer les affaires d'État. Selon eux, Allassane Ouattara, à qui feu Félix Houphouet Boigny a fait appel pour redresser l'économie du pays en tant que Premier Ministre, et qui a même assuré l'intérim du pouvoir durant la période de maladie du "vieux" ( Houphouet Boigny), serait l'homme de la situation. Dès lors, Allassane Ouattara devint pour Henri Konan Bédié un challenger politique sérieux qu'il fallait éloigner du pouvoir coûte que coûte. La guéguerre entre les deux hommes pour la course au pouvoir venait de voir le jour. Durant ses mandats, éloigner Ouattara du pouvoir était presque devenu le programme de gouvernement de Henri Konan Bédié qui ne se rendit pas compte ou du moins qui feignait de ne pas voir les problèmes sociaux et la grogne grandissante de la population. Cette grogne sociale s'étendit jusque dans les casernes amenant les militaires à prendre pour la première fois en Côte d'Ivoire la rue. Malheureusement, ce bruit de bottes dans les casernes fit mal géré par le président Bédié qui l'a dès le départ presque banalisé , voyant plutôt derrière cela des mains de l'opposition. Il ira même jusqu'à proférer des menaces à l'encontre des militaires en sa qualité de chef suprême de l'armée, certainement en ces termes : << j'ordonne aux soldats de regagner immédiatement les casernes...>> Cette façon de gérer cette crise se trouvait carrément opposée à celle de son prédécesseur feu Félix Houphouet Boigny, qui en bon stratège et fin politicien aurait, en pareille circonstance, fait appel aux militaires pour un dialogue. Hélas, Bédié n'étant pas Houphouet, la suite nous l'avons connue. Le 31 décembre 1999 , les militaires prirent le pouvoir.

Général Robert Guéi

En décembre 1999 les militaires prirent le pouvoir à la suite d'un mouvement banalisé par le pouvoir qui se muera en coup d'état largement salué par une population dans sa majorité qui en avait marre de la gestion du pouvoir d'alors. Ce fut la première fois dans l'histoire de la Côte d'Ivoire que les militaires accédaient au pouvoir. Pour le peuple ivoirien qui avait soif d'un changement , ce fut une lueur d'espoir. Feu le Général Guéi , fut placé à la tête de cette junte militaire qui, au bout seulement de quelques mois de pouvoir va connaître des divisions en son sein, causées par la manipulation de mains politiques tapis dans l'ombre... Très vite la population qui avait vu en ce coup d'état un salut public, va déchanter et se rendre à l'évidence. Les militaires furent alors obligés d'organiser les élections sous pression de la communauté internationale mais et surtout de l'opposition qui avait hâte de voir le pouvoir revenir aux civils. En octobre 2000, le pouvoir militaire accepta d'organiser les élections présidentielles, avec le général Robert Guéi comme "candidat du peuple" et Laurent Gbagbo comme candidat de l'opposition , sans oublier que les candidatures de Bédié et de Ouattara avaient été rejetées par le conseil constitutionnel pour insuffisance de documents pour le premier et inéligibilité pour le second. Ce fut la grosse erreur de Robert Guéi qui devrait plutôt se mettre au dessus de la mêlée en laissant tous les candidats competir pour jouer le rôle d'arbitre. À l'issue de ces élections, le général Robert Guéi appuyé de la junte militaire se déclara vainqueur tandis que le candidat de l'opposition Laurent Gbagbo va quant à lui susciter un soulèvement populaire pour réclamer sa victoire et finit par l'obtenir. Il faut rappeler que la division qu'il y a eu au sein de l'armée avait occasionné des tentatives de putsch avortés contraignant certains militaires à fuir pour le Burkina Faso voisin.

Laurent Gbagbo

En décembre 2000, à l'issue des élections présidentielles , Laurent Gbagbo accéda au pouvoir dans <<les conditions calamiteuses>> pour utiliser ses propres termes. Sachant que certains militaires étaient en exil, son premier réflexe devrait être de faire rentrer ces derniers pour une unification de l'armée. Que non ! Bien évidemment, ces militaires fuyards , assoiffés de pouvoir s'organisèrent pour lancer une rébellion armée contre le régime en place en septembre 2002. Là encore, il commit une autre erreur en refusant dès le départ toute négociation avec une rébellion armée... certainement ayant confiance en l'armée régulière. Mais il n'avait pas pris toute la mesure de cette rébellion qu'il avait cru pouvoir mater dès les premières heures. Je me souviens très bien de sa phrase << ...celui qui m'accueille avec le rameau je l'accueille avec le rameau....celui qui m'accueille avec l'épée, je l'accueille avec l'épée....>> La suite nous l'avons connue... Le pays divisé en deux et plongé dans une crise qui va l'éprouver au plan économique que social. En 2010 , à l'issue des élections de sortie de crise, chacun des deux candidats ( Gbagbo et Ouattara) se déclara vainqueur . Cette situation vint enfoncer le clou dans une plaie déjà trop béante , et ce fût parti pour une crise post électorale...

Allassane Ouattara

En décembre 2010, après dix ans de crises militaro politique, les élections présidentielles furent organisées et donnait comme vainqueur Allassane Ouattara, qui il faut le dire , depuis son retour du FMI en 1997 n'a cessé d'afficher clairement sa ferme volonté de briguer la magistrature suprême de la Côte d'Ivoire. Dès son accession au pouvoir, il a plutôt privilégié la reconstruction du pays au détriment de la réconciliation nationale. Certes la Côte d'Ivoire sortait d'une longue crise qui l'avait défigurée et donc avait nécessairement besoin de renaître, mais il était également important que tous les enfants de ce pays se réconcilient pour un retour définitif de la paix. Vu par ces adversaires politiques comme père de cette rébellion, l'homme avait à cœur de soigner son image aussi bien au plan interne que externe d'où son engagement dans la reconstruction du pays . Aujourd'hui, même si sa part de responsabilité dans cette crise reste entière, il faut néanmoins saluer ses entreprises pour la réconciliation, en acceptant ( même si certains estiment que c'est sous pression externe) le retour des exilés pour une réconciliation nationale et un retour définitif de la paix en Côte d'Ivoire.

( Ceci est mon opinion )

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