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Présidentielle au Faso : les Burkinabés de Côte d'Ivoire ont-ils boycotté le processus ?

image du consulat burkinabé à Bouaké.


Les Burkinabé se sont rendus aux urnes le 22 novembre 2020 afin de choisir, parmi plusieurs poids lourds, le président du quinquennat 2021-2025. Ce fut, cependant, une première pour les citoyens du Faso de la diaspora de prendre part à un scrutin à partir de l'étranger. Dès lors, l'on se serait attendu à un engouement de la part de cette diaspora. Hélas, le taux d'enrôlement a été plus qu'insignifiant surtout en Côte-d'Ivoire où réside le plus gros contingent des burkinabé de l'étranger. En effet, plusieurs sources estiment la communauté burkinabé en Côte-d'Ivoire entre 3,5 millions et 5 millions de personnes. Pourtant, il n'y a eu que 5493 inscrits sur toute l'étendue du territoire ivoirien.

Face à cette maigre moisson, nous avons voulu nous instruire sur les raisons possibles d'un tel manque d'engouement. Notre principale source d'information ( un vigile) a bien voulu nous en livrer quelques raisons.

Premièrement, il avoue que certains d'entre eux n'ont pas voulu participer à l'élection car ils ont acquis la nationalité ivoirienne et ne sauraient se faire épingler par leurs pays d'origine. Il nous certifie d'ailleurs qu'il en fait partie car il s'est déjà trouvé une mère adoptive ivoirienne ( ndl : même s'il ne se rend pas compte de l'illégalité de cette opération).

Ensuite, la deuxième raison, peut-être, la plus plausible est celle selon laquelle les ressortissants du Faso n'auraient pas été suffisamment sensibilisés ou informés à temps. Aux dires de notre source, la plupart de ses concitoyens sont des paysans résidant dans les forêts ivoiriennes. Les zones de fortes concentrations étant le pays Gouro qui couvre les départements de Bouaflé, Sinfra, Zuenoula et Vavoua ; le région Bété notamment à Meagui, Soubré et Daloa, puis l'ouest montagneux, et enfin Abidjan à cause de ses multiples activités lucratives. Or, nous dit-il, l'ambassade de son pays avait choisi de ne retenir que trois lieux de regroupements électoraux nommés communes électorales que sont : Bouaké, Soubré et Abidjan. Ce qui revenait à dire que des personnes résidant à Danané, par exemple, devaient parcourir plus de 800 km pour aller voter. Même, par patriotisme, il croit que cela est peu probable. C'est pourquoi, selon lui, il n'y a eu que 595 enrôlés à Bouaké pour 48% de taux de participation, 920 inscrits pour la grande zone de Soubré et l'éclaircie à Abidjan 3978 inscrits avec 80% de votants.


Enfin, la troisième raison qui a été émise est le fait que les Burkinabé en Côte-d'Ivoire n'auraient pas cru en la faisabilité de la chose parce que ce ne serait pas la première fois qu'ils ont été informés de pouvoir élire leur président à partir de la Côte-d'Ivoire. En effet, depuis 2015, des politiciens auraient fait circuler cette fausse promesse.

En somme, même si les motifs évoqués par notre interlocuteur ivoiro-burkinabé ne sauraient être rejetés, c'est le taux de participation des inscrits qui laisse à méditer. Les autorités Burkinabé devraient donc s'atteler à former cette masse à la culture politique afin d'enlever une épine du pied ivoire : celle des velléités de fraude sur la nationalité et de l'immixtion dans la politique du pays d'accueil.

Content created and supplied by: Sino74 (via Opera News )

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