Sign in
Download Opera News App

 

 

Boga Sako : " La CNC a accompagné le chef de l'État. Droit de réponse de Ahouman Gaël Lakpa

"Dire que l'opposition avait accompagné le chef de l'État est une énormité très grave et sans fondement. Ce n'est pas parce que la CNC qui avait suscité l'espoir chez les populations a échoué qu'il faut aujourd'hui raconter des contrevérités sur sont histoire."

Le docteur Boga Sako a démissionné de EDS et l'a signifié le samedi 21 Août 2021 lors d'une conférence de presse. Il est de son droit de quitter la famille dont il dit être membre initiateur. Dans son exposé, Il explique les raisons de la création de EDS en trois point avant d'expliquer pourquoi il part. Le point sur lequel j'aimerais apporter un démenti et un éclaircissement est bien le premier point soulevé sur les raisons de la création de EDS.

Il prétend pour le paraphraser que l'opposition à travers la CNC avait accompagné le chef de l'État pour son deuxième mandat en le plébiscitant. Soutient-il même que Monsieur Charles Konan Banny Président de la CNC avait été candidat, ainsi que Monsieur Kouadio Konan Bertin.

Ceci est tellement grave pour l'histoire politique de l'opposition à Alassane Ouattara que je voudrais tout d'abord m'inscrire en faux face à ces allégations et souligner qu'il est bien facile que d'avancer des arguments fallacieux en conférence de presse, surtout lorsqu'on n'était pas sur le terrain. À ma connaissance, le docteur Boga Sako était en exil et donc cela pourrait peut être justifier sa mauvaise lecture de la situation d'alors.

Le CRI Panafricain étant membre initiateur aussi de la CNC ( j'ai moi-même participé à la rédaction de la charte), travaux alors pilotée par Mamadou Koulibaly et un comité, je voudrais lui apporter une clarification.

L'opposition à travers la CNC n'a jamais accompagné ni plébiscité le chef de l'État en 2015. La CNC était composée de plusieurs forces politiques et de la société civile. Je pourrais citer : Lider, le CRI Panafricain, le FPI (Gor), l'UDL, le CPR... Et plusieurs personnalités politiques dont : Kouadio Konan Bertin, dissident PDCI,

Mamadou Koulibaly, président-fondateur du LIDER ;

Aboudramane Sangaré FPI (Gor) ;

Laurent Akoun FPI (Gor);

Charles Konan Banny, dissident PDCI.

La CNC n'avait pas été créée pour le plébiscite du chef de l'État mais elle avait des objectifs précis autour de l'environnement électoral des élections de 2015 : combattre ensemble pour arracher les conditions d'une élection libre, crédible et inclusive pour tous. On se mettait donc ensemble pour obtenir un cadre démocratique, une fois l'objectif atteint, chacun pouvait être candidat ou l'on pourrait avoir un candidat commun.

La quête collective était donc :

- une  liste électorale actualisée et crédible ;

- un code électoral réformé ;

- la proclamation exclusive des résultats dans le bureau de vote ;

- ne commission électorale effectivement indépendante ;

-l'accès équitable aux médias publics ;

- un financement transparent de l’opposition ;

- la sécurité des électeurs et des candidats ;

- le désarmement des ex-combattants avant les élections ;

- la réconciliation.

Ce n'est qu'à ces conditions que l'opposition participerait aux élections. Et chacun aviserait. Sur plusieurs mois la CNC avait entrepris plusieurs actions en vu d'obtenir satisfaction des différents points. Et tous ceux qui ont encore une mémoire s'en souviendront (marches, meetings, sit-in, conférence de presse, appels aux dialogues etc). Mais à la veille des élections, le pouvoir n'avait fléchi sur aucun point.

Ayant tiré les conséquences, la CNC avait décidé de ne pas aller à ces élections et Charles Konan Banny s'était purement et simplement retiré du processus. La démarche ressemble à ce qui s'est passé en 2020 lorsque le Président Bédié s'est aussi retiré du processus électoral, car c'est le même problème que nous tentons de résoudre depuis toutes ces années : l'environnement électoral. Tant qu'il ne sera pas démocratique, nous aurons toujours la psychose au sein des populations à la veille des élections et les morts inutiles.

Dire que l'opposition avait accompagné le chef de l'État est une énormité très grave et sans fondement. Ce n'est pas parce que la CNC qui avait suscité l'espoir chez les populations a échoué qu'il faut aujourd'hui raconter des contrevérités sur sont histoire. Heureusement, EDS a pu voir le jour entre 2015-2016. Nous sommes bien curieux de savoir si EDS a réussi à faire mieux. EDS a-t-elle aussi accompagné le chef de l'État en 2020 ? Sur échiquier politique ivoirien, il n'y a malheureusement pas de neufs, ni de vierges. Les coalitions se font, se défont et se refont toujours avec les mêmes.

L'histoire de la Côte d'Ivoire et tellement récente qu'il convient de faire attention à ce que nous disons, de peur de nous fourvoyer nous mêmes. Je tenais juste à faire ce rappel pour que nul n'en soit ignorant mais que les choses soient à leurs place.

Ahouman Gaël Lakpa Directeur de Cabinet et porte parole du Président Abel Naki.

Content created and supplied by: AhoumanGaël (via Opera News )

alassane ouattara boga sako charles konan banny mamadou koulibaly

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires