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Réconciliation en Côte d'Ivoire : quel résultat quand la défiance le dispute à l'espoir ?

Comme dans de nombreuses démocraties, les acteurs politiques ivoiriens sont d’idéologies politiques diverses. Cela n'est pas un problème tant que le socle de l'action politique de chacun reste la démocratie. Récemment dans son village à Mama, Laurent Gbagbo à d’ailleurs indiqué que « si on doit être tous d’accord toujours, il n’y a plus de démocratie ». La Côte d’Ivoire doit alors se réinventer.

De nombreux Ivoiriens ont fondé un réel espoir au retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire comme gage de réconciliation nationale. Mais à ce jour, l'ancien Président s'est inscrit dans un rôle à haute intensité politique. Et le discours politique en Côte d’Ivoire reste beaucoup offensif. Ce manque de passivité dans le verbe n’est pas imputable à un seul camp. Dans la Sorosphère, alors qu'Alain Lobognon a émis – à sa sortie de prison –, le vœu de travailler au rapprochement entre Alassane Ouattara et son ami Guillaume Soro, nombreux des proches de Guillaume Soro n’ont pas hésité à lui envoyer des peaux de banane. Au RHDP, Alphonse Soro prend le contrepied de Laurent Gbagbo. Tout le monde pense avoir raison. Et pourtant quelqu'un l'a si bien dit. Si tout le monde a raison alors tout le monde a tort. Le discours véhiculé par le politique a nécessairement une influence sur la perception par la population de la situation et de l'environnement politique.

 L’observation de l'évolution de l'actualité politique ivoirienne montre combien de fois le Président Alassane Ouattara est impitoyable face à ce qui peut paraître comme de la défiance. Les condamnations dans le camp de son ex-allié Guillaume Soro sont assez révélatrices. Et pourtant, nombreux analystes – dont le Dr. Eddie Guipié –persistent pour indiquer que c'est l’exécutif qui doit créer le cadre de la réconciliation. La Côte d’Ivoire ne peut pas continuer dans ce bras de fer. Tant que le verbe n'est pas désarmé, il constituera toujours un terreau propice au développement d'une logique de division. L'histoire nous enseigne qu’aucune démocratie – jeune ou vieille – n'est à l'abri de tensions tant que l'irresponsabilité politique la dispute à l'intérêt supérieur du pays.

La Côte d’Ivoire n’est pas encore une nation. Mais elle peut réussir le pari de la réconciliation. L’une des prémices de cette réconciliation nationale était une justice sociale et équitable. Aujourd’hui, les Ivoiriens font-ils confiance à leur justice ? La question se pose. Il faut alors un changement radical de la rhétorique politique. Dans cette veine aussi, il faut réinventer le mode de gestion économique et social du pays qui est en proie à de nombreuses inégalités sociales et à la corruption. Les récentes mises à pied dont ont fait l’objet certains Directeurs Généraux sont des signes d’espoir. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, il nous faut une bonne dose de refoulement et d'oubli. Si l'on ne peut oublier ce qui s'est passé, il faut alors se pardonner. Se pardonner pour commencer à écrire le prochain chapitre de l'histoire de cette terre porteuse d’avenir qu'est la Côte d’Ivoire.


 

Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

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