Sign in
Download Opera News App

 

 

Procès Amadé: "Le commandant de l'Onuci a pleuré à la vue des massacres à Duékoué" (Témoin oculaire)

 « Le commandant de L'ONUCI a pleuré », tel est le propos du témoin oculaire qui a témoigné de façon anonyme, décliné sur le pseudonyme d'Amani Konan cité à comparaître dans le procès ouvert contre Amadé, qui a eu lieu le mercredi 7 avril 2021 au palais de justice d'Abidjan. 

Le Mont Péko, au dire du témoin, était une forteresse difficilement pénétrable. On y accédait par 8 portes d'entrées contrôlées par Amadé qui construira un pont sur la rivière Sonh pour faciliter l'écoulement du cacao parqué dans des magasins construits par ses soins.

Dans ce large extrait, le témoin relate la prise de la ville de Duékoué et les exactions commises. « La ville a été prise, le 28 mars à 22 heures, lorsque la troupe du commandant Koffi des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) est tombée", a détaillé le témoin oculaire.

"Ce jour-là, on a vu des cadavres des gendarmes, des policiers, des dozos et des jeunes. Tout le quartier Carrefour était rouge de flammes. Un monsieur qui venait de subir une opération chirurgicale, qui sortait de l'hôpital, tombé dans l'embuscade, fut exécuté avec ses plaies", a martelé le témoin.

"Ce fut un spectacle horrible. Dans le bureau de la Croix Rouge, on parlait de 816 morts, selon un communiqué », a indiqué ce témoin dont la crédibilité n'a pu être contestée par l'accusé Amadé Ourémi.

Poursuivant, il a déclaré : « le père Cyprien et moi, nous sommes allés au quartier Carrefour pour constater le carnage. Le commandant de L'ONUCI a pleuré parce qu'il a dit, qu'il a été au Rwanda et dans d'autres guerres mais qu'il n'avait jamais vu autant de morts sur une superficie aussi petite. J'ai vu le corps du pasteur Doué de l'église Christianisme Céleste. Il est allé demander pardon et ils l'ont tué ».

Selon le témoin, cité par Le Nouveau Réveil, quand la crise éclate en 2010-2011, trois forces essayaient de contrôler le quartier Carrefour. Les forces loyalistes, les hommes d'Amadé, aidés par les dozos et les groupes d'autodéfenses taxés de miliciens.

Selon les dires du témoin, ce quartier était le fief d'un groupe de dozos arrivés en 1995, recrutés par le maire d'alors. Ceux-ci seront perçus plus tard comme des agents de la rébellion de 2002". A côté, il y avait un groupe composé de jeunes autochtones. C'est le seigneur du Mont Péko, lourdement armé et ses hommes qui finiront par contrôler Duékoué.

Le « roi » du mont Péko, avec ses deux femmes, figurait sur les photos en possession du témoin. Certaines images découvertes, à son domicile, l'enfoncent encore plus lorsqu'on observe des armes en sa possession. Ce qui signifie qu'il ait également tué.

Il est évident que le témoin était au centre des hostilités en voyant la description dans les moindres détails de l'organisation, de la conduite et de l'armement dont disposait Amadé Ouérémi. Même si, Amadé était mis en cause, le témoin a cité le lieutenant Coulibaly et le commandant Losseni Fofana, martelant qu'il agissait sous les ordres des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) pro-Ouattara. Le procès reprend ce jeudi 08 avril 2021 au palais de justice d'Abidjan.

Content created and supplied by: Ivoir'Soir.net (via Opera News )

procès amadé

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires