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Soro évoque tous les reproches faits au président Bedié : l'ivoirité, caractère distant et avarice

L'ancien président de l'assemblée nationale de Côte d'Ivoire Guillaume Soro, vit des instants pas très reluisant.

Ce dernier, en exil depuis 2019, a été condamné à perpétuité en juin dernier pour complot", "tentative d'atteinte contre l'autorité de l'état. Il a aussi vu sa formation politique GPS, Générations et Peuples Solidaires, être dissoute par la justice ivoirienne.

Même loin de sa terre natale et croulant sous le poids d'ennuis judiciaires, Guillaume Soro ne manque point de continuer à donner des signes entre gestion des brouilles entres ses ou analyses de l'actualité politique sur ses réseaux sociaux.

En ce dimanche 3 octobre 2021, Guillaume Soro, dans sa méditation dominicale, a eu une grosse pensée pour l'un des "Dinosaures" de la politique ivoirienne à savoir l'ancien président de la République et président du PDCI-RDA, Henri Konan Bedie.

L'ancien président de l'assemblée est notamment revenus sur les nombreux reproches qui ont participé à peindre un côté "sombre" du sphinx de Daoukro.

Guillaume Soro :

" On reproche encore aujourd’hui au Président Bédié, la fameuse politisation du concept de l’ivoirité. Et longtemps on lui reprochera son manque de vigilance sur ce concept qui est parti en vrilles.

Moi personnellement je reproche au Président Bédié de ne pas écrire de livre sur la question pour grand public, comme il a tenté de me l’expliquer en marge des négociations de Marcoussis en 2003. Il avait pris le temps de m’expliquer le parallèle qu’il faisait avec la négritude ou l’africanité pour évoquer la civilisation négro-africaine multimillénaire. Il est temps qu’il écrive sa pensée d’alors, fort travestie par la propagande comme il l’affirme lui-même. On l’entendra peut-être mieux avec du recul.

Ce que je lui reproche en outre, c’est d’avoir donné de lui l’image d’un homme assez distant, le visage trop sévère ou austère, en somme de sembler ne pas être trop près des gens. Peut-être pense-t-il que le pouvoir doit être ainsi représenté ? Je peux me tromper. Est-ce un trait de caractère où l’habit de la fonction, telle qu’on la percevait de son temps ?

Disons-nous les vérités. Enfin on lui reproche d’être dit-on plutôt près de ses sous, comme Harpagon, l’avare de Molière. Mais envers moi et par acquis d’honnêteté je me dois de le dire, le Président Bédié a été généreux. Je n’oublierai pas qu’il me remit une bonne somme pour les obsèques de mon cousin. 

A ce propos permettez-moi une anecdote. Un jour, parlant d’argent, il me fit d’ailleurs une observation : « Les gens disent que zéro n’est rien, zéro n’est rien. Mais, pourtant, plusieurs zéros derrière n’importe quel autre nombre en commençant par le nombre 1 ça peut faire de plus en plus beaucoup de milliards. Donc même zéro n’est pas rien. Il faut savoir bien utiliser et bien partager l’argent, à bon escient. » Nous en avions ensemble rigolé. C’était une leçon. Une invite à la bonne gestion si je devais lire entre les lignes.

En vérité, le Président Bédié qui m’a autorisé sa proximité est un homme plutôt sympathique et bon."

Il faut véritablement fréquenter quotidiennement une personne pour mieux la connaître ou encore mieux comprendre certaines de ses positions. L'on ne doit sur des faits porter un jugement sur l'autre sans au préalable connaître les intentions qui participent à expliquer le pourquoi d'un acte posé. C'est en somme ce en quoi Guillaume Soro veut nous emmener à comprendre du président Bedié, une véritable deconstruction des idées arrêtées sur l'homme car à son contact on découvre un homme bon et sympathique.

Aimé.Y

Content created and supplied by: Aimé.Y (via Opera News )

henri konan soro

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