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Amadou Soumahoro-Bictogo : un bras de fer à l’horizon, pour le contrôle de l’Assemblée nationale

Entre le président de l’institution parlementaire et son vice-président, la bisbille tend à se corser, prenant l’allure d’un bras-de-fer où tous les coups seront permis. La dernière sortie d'Amadou Soumahoro dans le bimensuel Jeune Afrique marque un tournant dans ces relations compliquées.

Entre Amadou Soumaro (à gauche) et Adama Bictogo, la guerre est déclarée (photo montage: T. Sinzé)

Le problème de fond, c’est le contrôle de l’Assemblée nationale. Qui d’Amadou Soumahoro et d’Adama Bictogo est le vrai patron de la deuxième institution de Côte d’Ivoire ? C’est cette question qui divise les deux hommes.

L’élection du président de l’Assemblée nationale avait donné lieu à d’intenses tractations au sein de la majorité, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Amadou Soumahoro, le président Sortant qui est d’une santé fragile avait vu son poste outrageusement disputé par le numéro 2 du parti présidentiel, Adama Bictogo.

Le directeur exécutif estimait que son investissement total dans le parti présidentiel et ses efforts dans la réélection contestée d’Alassane Ouattara mérite bien un poste éminent au sommet de l’État. De source informée, Adama Bictogo avait d’abord visé la Primature. Amadou Gon Coulibaly était déjà dans ses petits papiers d’Alassane Ouattara. Il avait donc tempéré les ardeurs du chef de l’exécutif du Rhdp en lui promettant toutefois, un « lot de consolation ». Et c’était l’Assemblée nationale !

L'hémicycle de toutes les convoitises

Dans l’entendement de l’homme d’affaires, l’Assemblée nationale, c’était évidemment le perchoir. La présidence de l’institution. Le hic était qu’Amadou Soumahoro bien que malade avait réussi à se faire réélire député dans la circonscription de Séguéla. Il était dès lors politiquement injustifiable et  contre-productif de l’obliger à céder le poste de président de l’Assemblée nationale à son ambitieux challenger. Surtout dans un contexte où Séguéla venait de perdre l’un de ses fils les plus éminents, Hamed Bakayoko, l’ex-Premier ministre.

Le Chef d’État et patron du Rhdp a joué de malice et de finesse pour régler la question. Adama Bictogo sera alors désigné vice-président de l’Assemblée nationale parmi dix autres. Étant politiquement fort le député d’Agboville ne sera pas un vice-président ordinaire. En tout cas l’intéressé le conçoit comme tel  et prend d’ailleurs un plaisir non dissimulé à se présenter comme le « premier » vice-président de l’Assemblée nationale et agit comme tel. Surtout qu’Amadou Soumahoro fait de fréquentes visites médicales à l’étranger. L'activisme du député d'Agboville le positionne à tout le moins comme l'héritier putatif du poste. sait-on jamais...

Un combat surréaliste !

Sauf que le poste de 1er vice-président n’existe plus dans l’organigramme de l’institution législative. N’empêche, cette liberté avec la vérité a le don d’irriter le titulaire du poste au plus haut degré. Une situation qui a impacté dans une certaine mesure, la marche de l’Assemblée nationale.

Ainsi, au dire de certains députés, toutes les initiatives prises par Adama Bictogo assurant l’intérim sont remises en cause par Amadou Soumahoro dès son retour au pays. Jusque-là, l’affrontement se faisait à fleurets mouchetés, sans éclats de voix. Le député de Séguéla est resté discret sur la question.

Le fait qu’Amadou Soumahoro fasse une mise au point publique, à travers le média français Jeune Afrique, pour mettre Adama Bictogo à sa « place » montre bien qu’il ne peut supporter davantage cette confusion entretenue par son vice-président. Le patron, c’est lui et personne d’autre. Le directeur exécutif du Rhdp entendra-t-il les choses de cette oreille ? Attendons de voir !

Théodore Sinzé

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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