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Aboh Faustin (RHDP-législatives à Sikensi): « si je ne vais pas aux élections, l’opposition gagne»

Les élections législatives à Sikensi suscitent beaucoup d’engouement et bien évidemment de candidatures. Parmi les candidats, un indépendant sorti des rangs du parti au pouvoir. Aboh Faustin par ailleurs député sortant place sa candidature sous le signe du sauvetage du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix dans la région.

 

 

 

Après la présidentielle, comment s’annoncent les législatives à Sikensi ?

 C’est très démocratique, il y a beaucoup de candidats. Cela montre le dynamisme au niveau de la région.

 Quand est-il des populations ?

 Elles sont motivées comme d’habitude. Sikensi est une région où les gens vivent intensément la politique car c’est à travers elle que viendra le développement de leur localité. En plus en Afrique, lorsqu’un fils est candidat, il mobilise tout le village.

 Vous êtes candidat aux législatives ?

 Oui. Je suis le tenant en titre.

 Si vous êtes membre du RHDP, vous y allez alors au nom du parti au pouvoir ?

 Non. Je ne pars pas aux couleurs du parti pour la simple et bonne raison que le parti a fait un choix autre que ma personne. Je ne rentre pas dans les critiques de ce choix. Mais connaissant le terrain et au nom du travail que j’ai commencé, la population m’a demandé d’être candidat afin de poursuivre l’oeuvre entreprise.

Ce motif de participation aux différents scrutins, on a l’impression qu’il est devenu le slogan des indépendants. Pourquoi prétextez-vous tous toujours la même raison ?

 Dans mon cas, c’est une réalité. Quand vous avez quelqu’un comme moi qui a 35 ans de terrain politique, il est attaché à une population. Allez-vous leur dire du jour au lendemain : parce que mon parti ne m’a pas choisi, je ne me présente pas? Eux, ils ne voient pas les choses de la sorte. Pour les élections locales, les populations ne fonctionnent pas selon un parti politique mais par rapport à un individu.

 Après 35 ans de vie politique, ne devriez-vous pas passer la main aux jeunes?

 Ce jeune qui a été choisi par le RHDP, il est pratiquement mon fils. C’est moi qui l’ai formé et je l’ai même prêté au Conseil régional. Mais sans demander mon avis, il a eu tout de suite les dents longues, une génération spontanée et prête. Le parti pensant cela l’a désigné. Mais moi, entre un individu, ce garçon que j’ai fabriqué, et les vœux de la population je n’ai pas le choix.

 Vous n’êtes donc pas partisan du renouvellement des générations ?

 Bien sûr que si. Mon équipe est composée de jeunes pour lesquels je suis un père. J’ai le souci d’une relève mais une relève responsable et non les enfants pressés, les générations spontanées.

 En tant qu’indépendant, ne réduisez-vous pas les chances de victoire à votre niveau et celui du RHDP?

 Non du tout. Je ne pense qu’à mes chances à moi et non à ceux de quelqu’un d’autre. On va à une élection pour gagner. Je ne vais pas penser aux chances de qui je réduis.

 

‘’ J’y vais pour sauver le parti dans la région ‘’

 Mais toujours est-il que vous allez diviser l’électorat pro-RHDP ?

 Si je ne vais aux élections, c’est l’opposition qui gagne. J’y vais pour sauver le parti dans la région parce que je connais les forces en présence. Alors je ne suis pas là pour faire la place à l’opposition.

 En cas de victoire, la dédierez-vous au RHDP ?

 Ça dépend. Je vous disais que j’ai été sollicité par la population. Le parti a choisi un candidat. J’attendrais un feed-back de la population pour laquelle je défends les intérêts. Si je dois retourner au parti, il doit me le garantir en ce qu’il le faut. Je reste membre du RHDP mais je ne peux pas affirmer lui remettre ma victoire. 

  En terme de précampagne, qu’avez-vous fait ?

 La politique se fait tous les jours. Les périodes données pour les campagnes ne sont pas celles qui vont changer la mentalité des gens. Être en campagne, c’est vos comportements de tous les jours. Demain si vous voulez faire la politique, considérez que vous êtes en campagne tous les jours de votre vie. C’est comme cela que les électeurs viennent vous chercher. Je suis déjà passé saluer les parents pour leur dire que je suis en campagne. Je suis candidat donc je maintiens mon poste. Nos parents n’ont pas parfois besoin de grand-chose, seulement le respect; les principes africains. Et c’est ce que nous faisons, les assister en attendant la période officielle de campagne où nous sillonnerons les villages. Mais cela voudrait dire que nous avons déjà acté les choses avec les parents.

 

 ‘’Je veux faire la politique politicienne ‘’

 Vous avez passé 25 ans à la tête de la mairie et vous terminez votre premier mandat de député. Pourquoi passer de la mairie au Parlement?

 C’est une succession logique des choses. On ne va pas à l’école pour ne pas aller en classe supérieure. Vous faites la localité, après le national et vous avez une représentation nationale. La commune est beaucoup plus en lien avec le développement local. Je suis rentré de France avec l’envie de changer ma région et je l’ai boostée. Maintenant, je veux faire la politique politicienne. En un seul mandat, je suis membre du bureau, conseiller spécial du président de l’Assemblée national et membre de l’Union parlementaire africaine.

 Qu’avez-vous encore à proposer aux populations en tant que député?

 Garantir leur bien-être. Certes le député ne fait pas du développement, il n’a pas de budget pour cela, mais il l’impulse. Il crée le cadre, à l’Assemblée il vote des lois en faveur de la vie de ses populations. Par exemple, j’ai fait en sorte que mon département soit dans le grand Abidjan. Le député est un grand lobbyiste. J’ai coutume de dire que je n’ai pas de grands budgets mais en relation, je suis multimilliardaire.

 Pourquoi alors beaucoup de candidats promettent-ils des routes, des écoles, etc ?

 Ils ont à la fois tord et raison. Tord parce qu’ils n’ont pas de budget pour réaliser cela et raison parce que le député peut demander à un ministre de lui offrir une école etc. C’est ce qui se fait.

 Y a -t-il pas des risques de tensions à Sikensi pour les législatives eu égard à la présidentielle ?

Il y en a et c’est en cela que les acteurs eux-mêmes doivent prendre conscience. Les autorités doivent prendre toutes les dispositions afin de juguler ces choses.

 De façon pratique, qu’est-ce qui doit être fait?

 La présence des forces de l’ordre. Mais la meilleure sécurité vient de soi-même. Il faut que les gens comprennent que c’est un jeu. Après la politique, on se reverra le lendemain donc un prise de conscience, des dispositions à prendre et surtout être fair-play.

 Qu’en est-il des rivalités entre les cadres là-bas?

Il n’y a pas de région où cela n’existe pas. Mais c’est un problème de positionnement et de leadership. Il faut dépasser cela et en ce qui me concerne, je suis au-dessus de ces choses.

 Élu, quelles seront vos actions pour juguler ce problème qui freine justement le développement ?

Cela fait partie de nos ambitions de parler aux cadres afin de les rassurer. Il faut être proche d’eux. Les années et les époques ne se ressemblent pas. Aujourd’hui, nous avons plus intérêt à nous entendre et nous unir.

 Vos relations personnelles avec le président Ouattara ?

 Excellentes !

 Vous soutient-il dans votre initiative solitaire?

 Il voudrait quand même que je sois député mais s’il y a un candidat du parti, bien évidemment il est obligé de le soutenir plutôt que moi.

 Un appel à vos populations ?

Dire à ces populations qu’au delà de la politique, nous sommes tous des frères et des sœurs. La meilleure politique est celle du développement. Chacun peut, de là où il se trouve, apporter sa pierre à l’édifice dans l’intérêt supérieur de Sikensi. Calme, sérénité et surtout la cohésion à la faveur de ces législatives.

  

Interview réalisée par Franck K

 

 

Content created and supplied by: Franck_K (via Opera News )

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