Sign in
Download Opera News App

 

 

PPA-CI : Gbagbo réveille le débat entre pro-anti panafricanisme

La création du Parti des Peuples Africains (PPA) de Laurent Gbagbo soulève de vifs débats chez nombre d’Ivoiriens sur le développement du continent noir. Au panafricanisme proposé par l’ex-président ivoirien, certains renvoient une focalisation sur le développement de chaque pays dans la lignée du Rwanda. Zoom sur ces questions d’intérêt continental.

Par dépit ou par pure négationnisme, certains ramènent le camp Gbagbo à ses dissensions profondes avec Pascal Affi N’guessan ou encore Simone Gbagbo en lieu et place de ses propositions pour une Afrique digne, libérée du joug colonial. "Tu échoues à libérer ton propre pays d’une petite rébellion, et c’est l’Afrique que tu penses pouvoir libérer des occidentaux. Haute Marmaille" a cru bon de publier Jean Bonin, proche d’Affi N’guessan. Faut-il y voir le fatalisme ? Soit.

D’emblée, il convient de lever l’équivoque. Le panafricanisme tel que voulu par Kwamé N'kruma, Ahmed Sékou Touré, Patrice Lumumba ou encore Thomas Sankara se matérialise par une union des Etats africains pour se liguer contre l’impérialisme. Il se distingue du projet d’Etats-Unis d’Afrique de Mouammar Kadhafi qui ne prône nullement la disparition des Etats. Le quiproquo levé, soulignons que certains brandissent le Rwanda comme modèle achevé face aux défis du continent.

L’exemple Rwandais, modèle achevé pour certains 

Le spectaculaire redressement économique du Rwanda vingt ans après le génocide qui l’a ravagé a fini par créer des émules. Ce que certains feignent d’oublier, c’est que derrière ces performances économiques impressionnantes, il y a une gestion saine et rigoureuse de ses finances publiques. « Chaque année, je déclare mes biens. Il n’y a aucune manière de lutter contre la corruption que ça. Combattre la corruption ne doit pas se faire de manière sélective, il faut aller aussi vers les gros poissons (…) si vous êtes pris la main dans le sac, la justice va s’occuper de vous que vous soyez général de l’armée, ministre ou même président », faisait savoir Paul Kagamé en décembre 2019 à Abidjan.

Par ailleurs, l’objectif pour les Etats africains, panafricanisme ou pas, reste l’autodétermination. Principe inscrit dans la Charte des Nations unies, selon lequel tout peuple a le droit de déterminer son propre gouvernement, indépendamment de toute contrainte étrangère. A ce propos, il convient de savoir que le Rwanda n’accepte que les projets internationaux correspondant à ses propres priorités. Tandis que la plupart des pays africains sous-traitent leur plan de développement à des cabinets internationaux, le Rwanda élabore sa propre stratégie. Les priorités sont définies par les autorités rwandaises et la supervision est l’affaire du ministère de la Planification et des Finances. Fort de ses compétences, le pays excelle aujourd’hui dans les domaines du tourisme, de la finance et des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Les enjeux transversaux du continent noir

Cela dit, les performances économiques de la Côte d’Ivoire, à titre d’exemple, doivent-elle l’amener à occulter la guerre que livre la France au Mali, son voisin immédiat ? Doit-elle ignorer les affres du terrorisme que combat son voisin Burkinabé ? C’est ici que le panafricanisme permettra aux Etats africains d’unir leurs forces, s’entraider, parler d’une même voix…se dresser contre l’impérialisme occidental. Cela requiert une hauteur d’esprit et une vision commune loin des sujets de bas étalage. Fédéralisme ou grand ensemble continental, loin des structures désuètes et inefficaces, le continent doit marcher vers une véritable émancipation économique. L'autosuffisance en lieu et place des sempiternelles aides internationales comme le prônait Thomas Sankara, des réformes sociales en vue d’une croissance inclusive, bonne gouvernance, renforcement des institutions démocratiques, transformation des matières premières…tels sont les défis du continent noir.

Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

Laurent Gbagbo Pascal Affi Simone Gbagbo

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires