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Présidentielle 2025:La CPI, la grosse inconnue... Et si le pouvoir de Ouattara était inquiété ?

Au moment de son départ de la tête de la Cour Pénale Internationale (CPI), la juge Gambienne, Fatou Bensouda prévenait dans une interview sur Tv5, le 22 Mai dernier : "Je saisis l’opportunité pour dire que mon bureau à la CPI n’a pas enquêté qu’un seul côté. Nous sommes en train d’enquêter dans l’autre camp", identifiant clairement le camp Ouattara après les 10 années de procédure judiciaire intentée contre l'ex chef d’état Ivoirien, Laurent Gbagbo pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Si cette annonce avait suscitée des craintes quant à l'avenir judiciaire qui devrait être celui d'Alassane Ouattara et de certains de ses lieutenants, les propos de Laurent Gbagbo, appelant dans un reportage diffusé peu après son retour sur Arte, à enquêter dans le camp de son adversaire, après son acquittement définitif, renforce le spectre d'une immixtion impromptue de l'institution judiciaire dans le débat politique Ivoirien, ces prochaines années.

Après l'entrée en vigueur effective du 3ème mandat de l'actuel président Ivoirien, la gestion normale des affaires publiques a repris son cours, le chantier de la réconciliation nationale bien que ralenti par les intérêts et autres manœuvres des principaux acteurs politiques, demeure d'actualité, notamment avec les libérations de détenus et le retour de l'ex chef d’état, Laurent Gbagbo...mais, ce décor plutôt serein, présageant d'une gouvernance consensuelle autour d'Alassane Ouattara pour ce nouveau quinquennat, menace de basculer à tout moment.

En dehors de l'audace virulente que prend les sorties médiatiques et publiques de l'ex chef d’état depuis son arrivée le 17 Juin dernier, l'évolution des enquêtes de la CPI pourrait créer du bruit dans le landerneau. Plusieurs dossiers ayant trait à la crise postélectorale de 2010-2011, restent en suspens. Les massacres de Duekoue, les exactions à Abobo, Yopougon et dans d'autres communes d'Abidjan, et localités Ivoiriennes. Sur toutes ces affaires, Laurent Gbagbo a été blanchi.

Que se passera-t-il, si en cours de mandat, l'institution judiciaire denichait des éléments de preuves, susceptibles d'inquiéter le camp présidentiel ?

Cette question, aussi critique soit-t-elle, pourrait changer la donne sur le terrain, voire modifier le rapport de forces entre les protagonistes de la vie politique Ivoirienne. Aussi invraisemblable qu'elle puisse paraître pour ses partisans, l'éventualité d'une procédure judiciaire internationale contre l'actuel dirigeant Ivoirien ou ses proches, n'est plus à exclure.

D'autant plus que pour se racheter vis-à-vis d'une opinion publique Africaine clairement hostile après l'acharnement de la procureure contre Laurent Gbagbo, la CPI cherche à se rattraper.

Dans la perspective de la présidentielle 2025, rien n'est encore joué. Sinon, les retournements de situation, même les moins plausibles, restent à envisager. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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