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Vie chère : en 2008, la CI n'avait pas de sénat lorsque les Ivoiriens marchaient contre la faim

En battant campagne en 2016 contre l'adoption de la nouvelle constitution, le Professeur Mamadou Koulibaly avait mis en garde contre une cherté future de la vie. Aujourd’hui, le pays connaît une inflation et de nombreux Ivoiriens lui donnent raison. Mais l’inflation n'est pas nouvelle en Côte d'Ivoire.

« Il n y a pas de dîner gratuit ». C’est connu, surtout en économie. Au nom de ce principe, Mamadou Koulibaly précisait il y a cinq ans que « si vous acceptez de voter le Sénat, vous paierez les Sénateurs. Si vous acceptez ces conseillers économiques et sociaux, vous les paierez. Si vous acceptez ces députés, vous les paierez, le vice-président, vous le paierez. Et pour payer, c’est le prix du courant, de l’eau, du téléphone, des médicaments, de l’essence, qu’on va augmenter. Et vous allez payer. Ne venez pas nous dire après que la vie coûte chère alors que vous-mêmes avez voté pour des dépenses supplémentaires ».

De prime abord, Mamadou Koulibaly a raison. Cinq (05) après, les choses semblent se dérouler tel qu’il le craignait. Mais, si la prospective fait partie du travail de l’économiste, l’histoire économique recommande de saisir l’évolution des phénomènes dans le temps. La Côte d'Ivoire a déjà connu des inflations sévères, et même des crises économiques. Et à cette époque, le pays n’avait pas de sénat ni de vice-président. L'une des crises sévères que notre pays a connue depuis son indépendance reste la crise de 1980. Consécutive à la crise pétrolière mondiale de 1979, cette crise n’était pas liée à l’existence d'un sénat ou d’institutions nationales trop budgétivores.

S’agissant de la cherté de la vie, des manifestations contre la vie chère ont déjà conduit à des troubles sociaux et autres échauffourées entre consommateurs et forces de l’ordre à Abidjan en 2008. À cette époque, Mamadou Koulibaly était le Président de l’Assemblée Nationale. Et le pays ne connaissait pas encore le bicamérisme. « Après le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal, des manifestations sporadiques contre "la vie chère" ont opposé, lundi 31 mars à Abidjan (Côte d'Ivoire), plusieurs centaines de personnes aux forces anti-émeutes qui ont fait usage de gaz lacrymogènes », rapportait le monde en 2008.

Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, la vie chère est une réalité. Mais en faire un tel argument politique en objectant l'analyse dans la longue durée paraît limitatif. La création de nouvelles institutions comme le sénat contribue assurément à augmenter les dépenses publiques. Mais, ce fait à lui seul ne saurait justifier l’inflation actuelle d’autant plus qu’il ne peut justifier la crise de 2008 qui lui est antérieure. Pour chacune de cette période de hausse difficile pour le consommateur, il faut aussi tenir compte des facteurs conjoncturels. Depuis un an, le monde connaît une grave crise sanitaire. Tôt ou tard, toutes les économies devaient s'attendre aux effets désagréables de cette conjoncture. Le monde est devenu un village planétaire.


Dégnimani Yéo


https://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/04/01/les-manifestations-contre-la-vie-chere-provoquent-des-troubles-au-senegal-et-en-cote-d-ivoire_1029616_3212.html

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

mamadou koulibaly

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