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Nouveau coup d’Etat au Mali : Ouattara va-t-il encore fermer la frontière ?

L’armée vient une fois encore de mettre la main sur le pouvoir au Mali. Le Président de la Transition, le Général à la retraite, Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane ont été déchus et mis en détention, le mardi 25 mai 2021. Du coup, tous les regards sont tournés vers Abidjan, la porte d’entrée de ce pays enclavé.

La junte militaire reprend la main 

Les militaires menés par le colonel Assimi Goita avait déjà fait mordre la poussière au Président Ibrahim Boubacar Kéita (Ibk), il y a seulement huit mois. C’était un coup d’Etat qui s’était nourri du pourrissement de la situation socio-politique dans ce pays sahélien. N’empêche ! Le rouleau compresseur des sanctions avait contraint la junte militaire à lâcher du lest. La Côte d’Ivoire avait été la plus prompte à brandir le bâton. Au lendemain du coup, Alassane Ouattara avait procédé à la fermeture unilatérale de la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Mali. L’asphyxie économique sous-jacente s’était étendue au circuit financier. Les  banques maliennes ne pouvaient plus recevoir du cash en provenance de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao).

Le Président de la transition, Bah N'Daw ne fait plus l'affaire des militaires

Les mêmes causes entrainant les mêmes effets, les mesures dissuasives d’il y a 8 mois seront sans aucun doute très rapidement reconduites pour contraindre les militaires à revenir sur leur décision. Le Président français, Emmanuel Macron a indiqué déjà la cadence. Il a annoncé lors du sommet européen de Bruxelles, le 25 mai 2021 qu’il saisira le Conseil de sécurité de l’Onu du cas malien. Il a fait planer à cette occasion le spectre des sanctions ciblées sur la tête des hommes fort de ce énième pronunciamiento au pays de Soundiata Kéita. On sait à quoi s’en tenir à propos de ces sanctions personnalisées. C’est un grand classique : interdiction de voyager et gel des avoirs à l’extérieur.

Dans la même veine, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (Minusma), la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), l’Union africaine (Ua), la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne (Ue) ont produit un communiqué conjoint dans lequel, ils  réaffirment « leur ferme soutien aux autorités de la transition ». A savoir, le général Bah N’Daw et son gouvernement.

Le Mali connaît une instabilité chronique depuis son indépendance

Cependant, la plus grosse pression qui pourrait peser de façon décisive sur les nouvelles autorités du Mali serait le blocus de la frontière entre le Mali et la Côte d’Ivoire, comme lors du renversement d’Ibk. C’est par le Port autonome d’Abidjan (Paa) que part la quasi-totalité de tout ce qui se consomme au Mali. Et c’est Alassane Ouattara qui en détient la clé. Pour l’heure, le Chef d’Etat ivoirien ne s’est pas encore prononcé dans un sens comme dans l’autre. On peut cependant gager que l’attente sera de très courte durée.

Il y a cependant un petit bémol qu’on peut subodorer. La Russie est devenue un acteur qui prend sa place dans cette partie de l’Afrique occidentale. Une pression excessive sur la junte militaire pourrait bien l’amener à ouvrir plus grand ses bras à ce pays socialiste qui n’en demande pas tant. Le Mali est un pays stratégique à plus d’un titre. Sa position géographique fait du Mali, un pays de transition entre le grand Sahel et les pays du littoral.

Théodore Sinzé

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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