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Face aux sénateurs : le Président de la Cei s’attaque violemment aux partis de l’opposition

« Stratégies de la Commission électorale indépendante pour une élection présidentielle crédible, transparente et apaisée », c’est la thématique soumise à la sagacité du Président de la Commission électorale indépendante (Cei), le jeudi 8 octobre 2020, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Cela à l’occasion de la séance d’information parlementaire qu’organise le Sénat dans le cadre de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale ainsi que celles des institutions.

Le Vice Président du Sénat, Ollo Anouman Germain, ouvrant les travaux, a situé les enjeux de cette rencontre qui selon lui, découlent des griefs et autres tensions observés ça et là à quelques semaines de la présidentielle. A savoir si la Cei organe organisatrice des élections en Côte d’Ivoire est à même de rassurer les ivoiriens quant à la tenue de bonnes élections, crédibles et transparentes.

Présentation du mode opératoire

Ce message bien perçu par l’hôte du jour, Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a déroulé le mode opératoire desdites élections. Sur la base de ce que l’institution électorale a déjà fait, Coulibaly-Kuibiert, après un rappel des actions et opérations menées, a indiqué « Comme vous pouvez le constater la Commission électorale indépendante a posé des actes forts en faveur des partis et groupements politiques en vue de faciliter le processus électoral. Notre chronogramme a été tenu. Fort de cela nous pouvons affirmer ce jour, du haut de cette tribune que toutes les conditions sont réunies pour des élections transparentes et crédibles. » a-t-il rassuré avant de relever «Par ailleurs, fidèle à sa méthode caractérisée par l’inclusivité et à notre ferme volonté de transparence la Commission électorale indépendante s’engage à communiquer très bientôt sur le mode opératoire du scrutin aux fins de le spécifier, de le divulguer afin de permettre à toutes les parties prenantes de se l’approprier. »

« Vous me donner ici l’occasion de présenter succinctement ce mode opératoire qui décrit les différentes étapes du scrutin depuis l’expression du suffrage dans les bureaux de vote jusqu’à la proclamation des résultats. Le scrutin se présente en deux grandes composantes : le vote et le recensement la proclamation des résultats » a fait connaitre le patron de la Cei qui a une fois de plus tenter de convaincre son auditoire que les élections auront belle et bien lieu le 31 octobre 2020 « Il me plait de vous rassurer vénérables sénateurs que pour qu’il y ait des élections il faut qu’il y ait des électeurs ; nous les avons eu par l’arrêt de la liste électorale définitive ; pour qu’il y ait élection il faut qu’il y ait des candidats et nous les avons eu par le Conseil Constitutionnel proclamant la liste des candidats au nombre de 4. Pour qu’il y ait élection il faut qu’il y ait des documents électoraux c'est- à-dire les cartes d’électeur, les liste d’émargement, toute la logistique ; je puis vous assurer que nous pourrons tenir ces élections parce que ces trois conditions me semblent réunies. Quelqu’un disait ce matin et à bon propos que toute élection constitue trois défis : le défi social, le défi de la sécurité et le défi de la logistique ; pour nous ces trois défis semblent être réunis pour que nous puissions avoir les élections le 31 octobre 2020. »

Sécurisation des résultats des bureaux de vote jusqu’à la cei locale

Ayant fini sa présentation, place fut faite aux sénateurs désireux de poser des questions pour des éclaircis de le faire. Ainsi, Konan Yao Gbeugré, sénateur Rhdp de s’inquiéter quant à la sécurisation des urnes des bureaux de vote jusqu’aux différentes commissions locales de la Cei. C’est très remonté, que le premier responsable de la Commission électorale, prendra la parole pour répondre. « Le vénérable sénateur veut savoir si c’est l’Onu ou la Cedeao et il oublie que c’est la Commission électorale qui organise les élections. Mais c’est la commission électorale qui va transporter les urnes des bureaux de vote jusqu’à la commission locale mais sous le contrôle des forces nationales de défense et de sécurité. Pour quoi voulez-vous que ça soit l’Onu ; pour quoi voulez-vous que ça soit la Cedeao, qui viennent transporter les urnes. Quand je dis que ces deux questions ont un lien c’est parce que justement on n’a pas confiance dans la Commission électorale indépendante. On organise la révision de la liste électorale qui détermine la qualité d’une personne à participer à une élection ; on élabore les documents afférant à l’élection ; l’élection aura lieu, on la supervise mais quand il s’agit de transporter les urnes vous voulez que ça l’Onu ou la Cedeao qui le fasse. Ce n’est pas conséquent ; mais c’est la Commission électorale qui va transporter les urnes ; parce que nous ne tirons pas notre mandat de la Cedeao encore moins de l’Onu. Nous tenons notre pouvoir, nos attributions de la Constitution qui dit que le pouvoir appartient au peuple et que le peuple transfert ce pouvoir à ses gouvernants par le biais des élections organisées par la Commission électorale indépendante. Pour quoi voulez-vous que ce soit l’Onu, pour quoi voulez-vous que ce soit la Cedeao. Dans ce cas vous demandez à l’Onu de venir organiser les élections et ça sera plus aisé pour eux de transporter les urnes et faire la proclamation des résultats… » a-t-il déversé sa bile sur le sénateur Gbeugré avant de poursuivre « Alors, il faut toujours qu’on suspecte les organes qui sont institués par la Constitution. Et le premier sénateur a vu juste ; certainement que c’est une tare qui est innée en nous que de chercher toujours les raisons de notre échec. »

Sa colère contre les partis politiques de l’opposition

Après s’être attaqué violemment au sénateur ayant posé la question, Coulibaly-Kuibiert pas satisfait va se tourner vers les partis politiques notamment ceux de l’opposition. Après le rappel historique de la création de la Commission électorale indépendante, il fera savoir « Que n’a-t-on pas fait pour la commission électorale indépendante. Il vous souvient que les élections étaient organisées par le ministère de l’Administration du territoire qu’on appelait le ministère de l’intérieur. C’est parce que les partis politiques ont considéré que le faisant l’élection n’aura pas été conforme à la sincérité du scrutin. Donc ils ont souhaité que celle-ci soit organisée par des organes indépendants. D’où la création en 2001 de la Commission électorale indépendante. Et ce sont les partis politiques eux-mêmes qui ont voulu de la commission électorale ; ce sont les partis politiques eux-mêmes, pour s’assurer de la véracité ou de la crédibilité ou de la transparence des élections ont demandé la désignation de leurs représentants au sein d’une commission qu’ils disent être indépendante. Et à un moment donné ils se sont convaincus que ça ne marche pas ; on a dû utiliser une autre reformulation ; on ne parlait plus de représentation pour quelqu’un qui avait prêté serment et qui était censé rompu les amarres avec son parti d’origine, d’être le représentant, le mandataire de son mandant pour dire qu’il était indépendant. Donc on a trouvé une nouvelle reformulation pour dire que les entités proposées des personnalités créant l’indépendance. Malgré cela, voyez ; et cela depuis 94. » Dans la même lignée, il fera cette adresse aux vénérables sénateurs « Ce que je voudrais souligner à l’attention des vénérables sénateurs c’est qu’en fait tout le monde se plaint de la Commission électorale indépendante mais quand vous regardez avec l’œil du corps vous vous rendez compte qu’en réalité il ne s’agit pas de plainte fondée sur les attributions de la commission électorale indépendante, ce qui serait louable. Mais tout le monde s’acharne sur l’article 5, portant composition de la Cei parce que tout le monde veut maitriser la commission électorale indépendante, tout le monde veut en faire partie. Mais en réalité allons jusqu’au bout de notre logique. Les partis politiques devraient avoir à désigner tous des personnalités au sein de la commission électorale ; en vertu de quoi certains le font et d’autres le font pas. C’est de ça qu’il s’agit. Ce n’est pas en fait le travail sérieux de la Cei mais c’est en réalité chacun veut avoir la maitrise de la commission et on invoque autant de choses. Sinon les membres de la commission électorale dans le cadre de l’exercice de leur onction bénéficient d’une immunité ; quand vous nous regardez vous pensez qu’on peut être soumis à quelques influences que ce soit. » a-t-il interrogé « Mais ce sont les règles du jeu. Je vous ai déjà dis qu’il faut nous prendre aux actions, que les manquements dont on sera l’objet, soient portés à l’aune de la loi pour nous confondre. »

« Ce n’est pas des machins qui viendront animer la commission électorale »

Toujours en réponse à cette même question de sécurisation des urnes, Coulibaly-Kuibiert, comme s’il avait des comptes à régler n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour répondre aux détracteurs de l’institution qu’il conduit « Depuis que la Commission électorale existe, le premier président c’est le Président Gbagbo qui l’a nommé, il s’appelait Camille Oguié, c’était un Magistrat. Le deuxième c’était Mambé, représentant du Pdci-Rda et on a trouvé que monsieur Mambé s’était rendu coupable de fraude, on l’a démis de ses fonctions ; et le troisième qui était venu c’était qui, c’était Bakayoko, représentant du Pdci ; est-ce que ça empêché ceux qui devraient perdre de perdre ; Ils ont perdu. Ça veut dire que ce n’est pas à la commission électorale qu’on gagne les élections. Et après on a trouvé que Bakayoko ne faisait pas l’affaire, après 10 ans. On désigne un représentant du Conseil supérieur de la magistrature qui compéti avec les représentants de la société civile ; nous étions 15 candidats et nous étions 3 à compétir. Le troisième s’est allié au deuxième contre ma personne et j’ai eu 9 voix et l’autre a eu 6 voix. Ce n’est pas ça la démocratie ? Mais la logique de la démocratie aurait voulu qu’on se plie aux résultats. Pour quoi personne ne respecte ce résultat ? Alors certains se lèvent pour dire non ; ce n’est pas des machins qui viendront animer la Commission électorale indépendante, c’est bien des ivoiriens, ce que je crois que nous sommes… » s’est-il pris à ses adversaires et tous ceux qui le contestent «Quand je suis en face des partis politiques quand on leur demande qu’est-ce que vous reprochez à la commission électorale indépendante ils nous disent ce n’est pas du droit c’est de la politique, mais nous ne faisons pas de la politique, nous, nous sommes des techniciens jusqu’à preuve du contraire. () Jusqu’à preuve du contraire nous n’avons d’âmes visant à violer la Constitution, pour l’heure nous l’appliquons. » a fait savoir Kuibiert.

Qui pour achever sur cette question a fait savoir « Pour répondre à ces deux questions nous ferons de sorte à mettre sur la place publique tout ce que nous faisons pour assurer la transparence afin de faire investir à notre élection toute sa crédibilité. Mais à l’impossible nul n’étant tenu, nous ferons en sorte qu’au soir du 31 octobre, il peut avoir des contestations, c’est pour cela que le législateur a prévu des voies de recours à cette fin. Les voies de recours ne nous offusquent aucunement au contraire, ce sont les règles du jeu de la démocratie. Mais que celles-ci soient exercées dans le calme selon les voies requises par la Constitution et le Code électoral. Donc pour répondre à la dernière question il n’y aura pas de Cedeao, il n’y aura d’Onu. Ces structures peuvent se transformer en observateurs pour regarder ce que nous faisons. Pour quoi voulez-vous, vénérable sénateur, vous qui êtes représentant de la nation, pour quoi voulez-vous que l’élection qui relève de la souveraineté de l’Etat puisse être assurée par les tiers. Sans être chauvin je ne crois pas que ce soit bien placé. »

Eugène YOBOUET

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