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Guinée : Alpha Condé tombera-t-il comme Dadis Camara ?


Opposant historique au régime de Lansana Conté, Alpha Condé a remporté la présidentielle de 2010 et est arrivé au pouvoir à l’issue d’un processus électoral démocratique. Il a été réélu en 2015. Malheureusement, l’ivresse du pouvoir semble s’être emparée de lui et depuis l’adoption d’une nouvelle constitution, le 22 mars dernier, il semble avoir la voie libre pour briguer un 3ème mandat et instaurer une nouvelle dictature dans le pays malgré l’opposition du Front National de Défense de la Constitution (FNDC), une coalition de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile et de la communauté internationale.  L’arrogance et l’ivresse du pouvoir d’Alpha Condé rappelle bien le sulfureux capitaine Dadis Camara. Condé tombera-t-il comme ce dernier ?

Les signes d’une tolérance zéro

Depuis la mi-octobre 2019, le Front National de Défense de la Constitution (FNDC), s’est dressé contre toute réforme constitutionnelle soupçonnant le président, Alpha Condé de vouloir se frayer le chemin pour un troisième mandant. Ce dernier n’a jamais réfuté cette accusation. Pire, tous les appels de la communauté internationale à renoncer à un 3ème mandat ont été ignorés par le président Alpha Condé. Au nombre de toutes les voix qui ont appelé Condé à la raison figurent en bonne place les Etats-Unis d’Amérique et la France. Les américains ont régulièrement fait savoir à Condé qu’ils n’étaient pas favorables à un 3ème mandat. De son côté, le président français, Emmanuel Macron avait clairement fait savoir aux présidents ivoirien et guinéen que l’ère du tripatouillage des constitutions pour se maintenir au pouvoir était révolue. Le président ivoirien laissait entendre une probable candidature à la présidentielle de 2020 avant d’annoncer publiquement son retrait, en mars 2020. Malheureusement, Alpha Condé n’a pas voulu entendre raison. Le double scrutin référendum et législatives du 22 mars dernier, a été boycotté par l’opposition significative. Et les organismes internationaux d’observation électorale ont refusé de cautionner la mascarade électorale en ne déployant pas de mission d’observation. Malgré tous ces signes, l’ivresse du pouvoir a continué de hanter Alpha Condé qui est allé jusqu’au bout de ses idées. Si la crise sanitaire mondiale liée à la Covid 19 semble lui avoir donné un repris, cela ne signifie guère que la situation demeura ainsi. Pour cause, il se susurre que les américains, les français et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont déterminés à ne pas laisser la Guinée retombée dans la dictature. Ainsi, au cas où la diplomatie ne réussira pas à faire entendre raison à Condé, toutes les options pourraient être possibles pour préserver la démocratie dans ce pays. Cela ne vous rappelle rien ? Le sulfureux capitaine Dadis Camara. En 2008, quelques heures après l'annonce de la mort de Lansana Conté, le capitaine Dadis Camara, apparaît à la radio-télévision guinéenne pour annoncer la suspension de la Constitution et de toutes les institutions républicaines ainsi que la dissolution du gouvernement. Aboubacar Somparé était alors le successeur constitutionnel de Conté. Il prononce un discours à caractère social, dénonçant le désespoir profond du peuple de Guinée, la complicité des dignitaires du pouvoir dans le pillage des ressources du pays et leur incapacité à fournir à la population les services de base. Ivre du pouvoir, il insulte qui il veut et n’écoute personne. Blessé à la tête par balle, le 3 décembre 2009, il est hospitalisé au Maroc, puis au Burkina Faso, et doit quitter ses fonctions le mois suivant. Il est depuis en exil.

Le Nigéria et le Ghana menacent les dictateurs ouest africains

Lors de sa récente visite au Ghana, le mardi 12 mai 2020, le président nigérian, Muhammadu Buhari a ouvertement mis en garde ses homologues ouest africains : «… L’option militaire face au refus de l’alternance ne serait plus une idée, mais une règle qui s’imposera à nous tous… Un peuple ne peut se plier aux caprices d’une minorité d’hommes qui foulent aux pieds les bases de la démocratie. Et les regarder faire serait une complicité de notre part…». Cette déclaration faite par la première puissance de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et du continent africain n’est pas fortuite. Elle semble bien soutenue par le Ghana qui était l’hôte du président nigérian. En clair, les deux pays aussi les deux meilleures économies de la région n’entendent plus tolérer les manigances de leurs homologues surtout francophones qui foulent au pieds les règles élémentaires de la démocratie comme c’est le cas actuellement en Guinée. Ils pourraient donc peser de tous leurs poids pour amener la CEDEAO à « gérer » la situation d’Alpha Condé en vue de la préservation de la démocratie dans le pays. Il y a quelques mois, de sources concordantes, une réflexion était menée au niveau de la CEDEAO pour amener Condé par tous les moyens à ne pas briguer un 3ème mandat.  Le président Buhari a-t-il fait sa déclaration en ayant en tête des pays déjà ciblés ?

En définitive, au plan national comme internationale, un 3ème mandat d’Alpha Condé n’est pas accepté. Même si la diplomatie n’a pas encore réussi à faire plier l’homme fort de la Guinée, elle n’a pas encore dit son dernier mot. La volonté clairement affichée contre un 3ème mandat aussi bien par les guinéens que les acteurs de la communauté internationale devraient amener Condé à reconsidérer ses plans. Autrement, il risque belle et bien de subir un sort semblable à celui du capitaine Dadis Camara qui se croyait invincible. 


Content created and supplied by: FANGNARIGA (via Opera News )

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