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Après la présence d’hommes en armes devant sa maison, des cadres Wê apportent leur soutien à Hubert

Des cadres accourus chez Hubert Oualaye. L’ancien ministre de la Fonction publique de Laurent Gbagbo, président du Comité de Contrôle du Front populaire ivoirien, Marc-Arthur Hubert Oulaye est l’objet d’une vague de solidarité des Ivoiriens, en particulier, de ses parents Wê. Et ce, à cause de la visite inamicale que lui ont rendue, dimanche 11 octobre 2020 devant sa résidence, des éléments armés des forces de l’ordre. Des hommes armés qui sont finalement repartis, certainement au regard de la mobilisation exceptionnelle formée autour de la personne du concerné. 

Le mardi 13 octobre 2020, une délégation de cadres WÊ (FPI -PDCI Cavally-Guemon) conduite par les ministres Désiré Gnonkonté et Emile Guiriéoulou était chez Hubert Oulaye. Et le chef de la délégation, le ministre Désiré Gnonkonté, lui a dit ces mots : « Nous avons suivi avec beaucoup de peine et d’émotion ce qui s’est passé le dimanche. Nous nous sommes interrogés. Et nous avons été informés de ce qui s’est passé réellement. Nous sommes choqués. Choqués de savoir que les forces de l’ordre qui devaient avoir une attitude républicaine et non partisane, se livrent à certains agissements. Dieu merci, elles ne sont pas allées jusqu’au bout, tu es là. Et nous avons tenu à venir cet après-midi pour t’exprimer notre compassion, t’apporter notre soutien et te dire que tous tes frères et toutes sœurs et du PDCI et du FPI du Cavally et du Guémon sont avec toi. Je voudrais te rassurer pour dire que, un seul de tes cheveux ne peut être touché. S’il est touché, c’est le cheveu de chacun de nous qui est touché. C’est le peuple Wê dans son entièreté qui est touché. C’est ce que nous sommes venus te dire. Tu n’es pas seul, tu es avec tes frères et tes sœurs, nous sommes avec toi » Soutien qu’il appuiera à son départ, au nom des responsables politiques du Cavally et du Guémon. « Le dimanche dernier, les forces de l’ordre sont venus et ont déambulé devant sa porte ; cela nous a inquiétés, cela nous a interpellés, nous avons été choqués, nous avons été peinés. Nous sommes venus ce soir pour exprimer notre solidarité et lui dire que nous sommes avec lui. Nous sommes pour la paix, nous cultivons la paix et chaque ivoirien devrait cultiver la paix. »

Cette démarche n’a pas laissé Hubert Oulaye indifférent. Il a répondu ceci : « Je suis touché, je suis ému de cette visite fraternelle de compassion, après ce qui m’est arrivé ce dimanche 11 (octobre 2020, Ndlr). Je ne suis pas surpris, mais je dois vous dire que cela me va droit au cœur. »

Hubert Oulaye s’interroge sur les causes du harcèlement sur les siens et sur sa personne : « Qu’avons-nous fait, nous les Wê ? Et j’ajouterai : qu’ai-je fait, puisque depuis ce dimanche-là, j’essaie de scruter tous mes faits et gestes, depuis une semaine, deux semaines, trois semaines, un mois, deux mois, trois mois en arrière, je n’ai absolument rien fait d’extraordinaire qui soit dirigé contre ce pouvoir, hormis ce que nous avons ensemble, décidé ; ce que toute la Côte d’Ivoire, en dehors du RHDP, a décidé de faire. Et, il ne s’agissait même pas d’une manifestation non signalée, non acceptée, le pouvoir ayant donné son accord pour que nous allions tous au Félicia exprimer librement et hautement notre opinion sur la manière dont  notre processus électoral est en train d’avancer. »

Il fait ensuite un rappel des derniers événements auxquels il a été lié : « Nous nous sommes retrouvés, il y a quelque temps avec nos frères du PDCI et FPI et des autres, pour nous mettre ensemble et aller vers nos parents, ce que nous avons fait il y a quelques jours, sans appeler à la guerre, sans appeler à la violence. Nous avons même dit que c’était une démarche nécessaire pour éviter que notre pays ne retombe dans la violence. Parce que la violence qu’il y a eue par le passé, c’est nous qui en avons le plus souffert. Il était donc de notre devoir d’attirer l’attention de tous, sur le fait qu’il faut aller à la discussion. Il faut que les enfants de ce pays se mettent d’accord sur une échéance qui ne mettra pas fin à la Côte d’Ivoire, ni à l’existence d’une communauté en Côte d’Ivoire. Donc, quand j’ai regardé cela, je me suis dit que ça ne pouvait certainement pas être cela. Puisque d’autres, de façon plus audible que moi, l’ont exprimé au stade. Je me suis dit que ça ne pouvait donc pas être cela ».

Le récit de la présence des hommes en armes : « Il y a des faits assez troublants. Puisque ce dimanche, ma journée était très simple. Le matin, j’étais à la messe, après, avec le ministre Guiriéoulou, on était chez le Préfet Séhi Gaspard. Après quoi, j’ai eu une émission de vidéoconférence avec certaines de nos structures de base à Paris. Quand c’est fini vers 18 h, j’étais là en train de lire, quand on m’a dit que des policiers étaient train de déambuler devant ma porte ; mon portier est venu me le dire en tremblant. Je dis, mais pourquoi tu trembles ? Il dit : ah, ils ont des armes. On vérifie, effectivement, les choses se présentent ainsi. »

Comment réagit-on par la suite ? Le ministre explique : « Comme nous connaissons le contexte, moi, j’ai donné l’alerte à qui je pouvais le faire. Et 20 mn après, l’ambassadeur Koné (Boubacar, Ndlr) est venu me retrouver ici. Ensuite, il est allé leur demander l’objet de leur présence. Puisqu’ils avaient stationné non loin de la maison. Ce n’était pas devant la maison, mais c’est juste à côté du voisin, mais c’est devant ma porte qu’ils allaient et venaient. Bon, ils ont dit qu’ils n’étaient pas là pour moi, mais qu’ils étaient en patrouille. Une patrouille fixe ! C’est quand même étonnant, c’est troublant… (rires). Bon… On a attendu. Par la suite, on a vu arriver un cargo. Le premier, c’était un Pick-up du CCDO, le deuxième, c’était un camion policier avec des agents en nombre dedans. Et comme l’affaire a été balancée sur les réseaux sociaux et que les camarades, les jeunes qui avaient appris cela, venaient en nombre, ils sont retournés leur demander : quel est votre problème ? Pourquoi êtes-vous là ? Les premiers ont  répété qu’ils étaient en patrouille. Et ceux du camion ont répondu qu’ils étaient venus voir ceux qui patrouillaient pour leur poser la question qu’est-ce qu’ils venaient patrouiller devant chez moi. (rires) Et je crois qu’ils leur ont dit gentiment que c’est bien tout cela, mais qu’il ne fallait pas rester là. C’est ainsi que quelques instants après, ils ont reculé, ils sont allés de l’autre côté de la route, mais ils n’étaient pas loin du quartier. Puis quelque temps après, ils sont partis. »

Mais le ministre et les siens ont voulu être prudents : « Alors, on s’est dit, ils avaient replié pour revenir peut-être la nuit. Ils ne sont pas revenus. Alors, je me suis dit que, peut-être, hier matin, j’allais recevoir une interpellation, soit de la Préfecture ou d’un magistrat, mais toute la journée, je n’ai pas eu d’interpellation. Ils ne sont pas revenus, non plus. N’ayant pas reçu d’interpellation, je me suis dit qu’on ne me reproche peut-être rien. Mais alors pourquoi est-ce qu’ils seraient venus ? Donc, ça ne pouvait être que, peut-être, pour un enlèvement ! Puisque pour ça, on n’avertit pas. Ils viennent, ils te choppent et ils s’en vont. Et j’ai déjà connu cela ici. En 2015, un matin, ils sont arrivés, ils ont envahi le tout quartier, ils sont venus mélanger tout le monde à la maison. Et je leur ai dit : écoutez, arrêtez, allons-y et je suis parti. Mais jusqu’à maintenant, ils ne sont pas revenus. J’ose donc penser que, peut-être, ils ont renoncé à l’enlèvement, si c’était cela leur but, ou bien peut-être que vraiment ils étaient venus en patrouille chez un de mes voisins, qui d’ailleurs ne s’est jamais signalé depuis pour me dire : voisin, les gens étaient venus chez moi. Donc, voilà comment les choses se sont passées. Et je pense que la vigilance doit être de mise ».

 Etaient présents à cette cérémonie, les personnalités suivantes: les ministres Désiré Gnonkonté (VP PDCI), Émile Guiriéoulou (VP FPI), des députés Zéréouhé (Édouard,VP FPI), le maire Denis Kah Zion (secrétaire exécutif et délégué communal Toulepleu) DOH Simon(délègue PDCI Bangolo 05), GUEI Desseloue Leonard(délégué départemental Guiglo 1), Sarr Bohé Marius(Coordonnateur régional ), du secrétaire général adjoint Gnahet Jacques, les Secrétaire nationaux Déazon Michel(SN Cavally), Ouhognowon Romain(SN Cavally), Guehi Ignace (SN Guemon), Diehi Kehi Laurent (SN Cavally), des délégués PDCI Flan Téhé, Colonel Boblé (délégué départemental Guiglo), Bouédé Sabine(déléguée Kouibly), Mme Déon Thérèse (déléguée Bangolo).

Germain Séhoué

Content created and supplied by: Germain_Sehoue (via Opera News )

Hubert Oualaye

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