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Alassane Ouattara règle ses comptes avec Bédié : "J'ai été profondément déçu"

Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, a accordé une interview au journal panafricain Jeune Afrique, dans laquelle il revient sur la désobéissance civile lancée par l'opposition, amenée par Henri Konan Bédié, patron du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

Alassane Ouattara est revenu sur les circonstances qui l'ont amené à briguer un troisième mandat, jusque-là jugé illégal par une partie de l'opposition, en dépit de l'arrêt du conseil constitutionnel qui l'y a autorisé.

"Amadou (Gon Coulibaly) avait été désigné candidat du RHDP à l’élection présidentielle, notamment pour incarner le renouvellement générationnel que j’appelais de mes vœux", a avancé numéro un ivoirien.

"Son décès brutal, quelques semaines seulement avant le dépôt des candidatures, m’a amené à revenir sur ma décision [de quitter le pouvoir], et je l’ai fait à la demande de mon parti. La Constitution, approuvée par les Ivoiriens à plus de 93 % en 2016, m’y autorisait", a-t-il souligné, contredisant ainsi plusieurs de ses proches qui avaient déclaré, avant l'adoption de la constitution qu'elle ne permettrait pas un troisième mandat.

"Je ne le souhaitais pas car j’avais fait le choix, en mon âme et conscience, de me retirer. Mais j’ai estimé que c’était nécessaire pour la stabilité du pays", a toutefois nuancé Alassane Ouattara.

"Ce qui s’est passé par la suite m’a profondément choqué et me laisse un goût amer. L’élection a été entachée de graves incidents après que certains « responsables » de l’opposition ont appelé à la désobéissance civile et tenté de faire prospérer l’idée d’une transition qui n’aurait eu ni base légale ni légitimité", a dénoncé Alassane Ouattara.

De fait, dans un discours offensif, assumé par une bonne partie de l'opposition, Henri Konan Bédié avait lancé en septembre 2020, un mot d'ordre de désobéissance civile. "La désobéissance civile s'impose face à la forfaiture de Alassane Dramane Ouattara. Cette forfaiture ne saurait être tolérée par le peuple souverain de Côte d’Ivoire. Nous sommes ici, ce jour, partis politiques, plateformes politiques, organisations syndicales et société civile, pour exprimer notre farouche opposition à cette violation de la loi fondamentale, la constitution", avait déclaré HKB.

"Ces personnes savaient pertinemment que j’étais éligible à un nouveau mandat et que j’avais initialement décidé de me retirer. Cette malhonnêteté intellectuelle m’a profondément déçu. Comment de hauts responsables, dont certains ont géré la Côte d’Ivoire, peuvent-ils décider d’organiser le boycott des élections et appeler à des actions qui ont conduit à des violences et à des morts ?", s'est interrogé, dans son interview, Alassane Ouattara.

Avant de préciser qu'une commission d’enquête a été mise en place. "Les résultats seront rendus publics et des sanctions seront prises", prévient le chef d'Etat ivoirien.

Content created and supplied by: Ivoir'Soir.net (via Opera News )

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