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Conseil National de Lutte contre la Vie Chère et hausse des prix : et pourtant feu AGC avait prévenu

Que ce soit sur les magnifiques étagères bien achalandées de grandes enseignes de distribution qui inondent nos grandes cités ou sur des tables de fortune de vendeuses de légumes et autre produits frais dans nos marchés de quartiers ou encore sur de simples couvertures plastiques étalées à même le sol, les denrées de première nécessité sont de plus en plus hors de portée pour les populations.

Qu’il s’agisse de produits carnés (viande de boucherie), de volaille, de poisson ou tout autre produit à apport nutritionnel nécessaire à notre alimentation, les prix de toutes ces denrées de première nécessité ont pris l’ascenseur au grand désarroi des populations qui ont désormais du mal à faire bouillir la marmite. Offrir à la maisonnée un repas équilibré de manière continue est devenu un véritable casse-tête chinois pour nos mamans et chefs de famille.

Face à cette hausse généralisée des prix sur le marché qui survient dans un contexte économique déjà très peu reluisant et qui a été fragilisé et émietté par la pandémie à coronavirus,  l’on assiste à des sorties de personnalités tant du monde de la politique, de la culture, de la société civile et même de simples anonymes pour tirer sur la sonnette d’alarme.  

        Et pourtant, par décret N° 2017-410 du 21 juin 2017, le gouvernement mettait en place le Conseil National de Lutte contre la Vie Chère (CNLVC) chargée d’assurer une veille permanente sur les prix des produits de grande consommation. Cet organe est né de la volonté du Gouvernement de définir une stratégie globale de lutte contre la cherté de la vie.

Dans les faits, le Conseil National de Lutte contre la Vie Chère se présente comme un cadre permanent d’échanges entre le secteur public et le secteur privé, entre les opérateurs économiques et le gouvernement, entre les syndicats, les associations de consommateurs et le gouvernement et présidé par le Premier Ministre avec comme Vice-président, le Ministre du Commerce qui chapeaute également le secrétariat exécutif.

Cet organe sensé lutter efficacement contre la vie chère connait-il des dysfonctionnements ? Ces organes fonctionnent-ils de manière régulière ?  Autant de questions que l’on est en droit de se poser au regard de la hausse exponentielle des prix sur le marché. L’ex Premier ministre Amadou Gon Coulibaly de façon prémonitoire déclarait déjà en juillet 2017 alors qu’il procédait à la mise en place des organes de cet Conseil : « Mesdames et messieurs, une réalité est la mise en place de ce Conseil et de son secrétariat technique permanent mais une autre, la plus importante, est la collaboration entre toutes les structures que vous représentez pour apporter votre expertise à l’amélioration des conditions de vie des ivoiriens ».

Pendant ce temps, au mépris de la législation en vigueur des transporteurs de façon unilatérale sans concertation avec la tutelle peuvent procéder à une hausse inconsidérée et substantielle du prix du transport en toute impunité, des opérateurs économiques, commerçants ou fournisseurs de denrées de premières nécessités peuvent fixer les prix de leurs articles sans tenir compte de la situation de paupérisation de la majorité de nos concitoyens ou même des prix plafonds autorisés. Déjà au terme d’une visite qu’il a effectué au Forum des Marchés d’Adjamé, le Premier Ministre ivoirien, Patrick Achi, déclarait le 2 juillet 2021 la réactivation et le renforcement des actions du Conseil National de Lutte contre la Vie Chère. Il avait ensuite regretté le comportement de certains acteurs économiques : « Les évènements successifs qui sont survenus, notamment la Covid-19 et les questions liées à la pénurie circonstancielle d’électricité, ont été une occasion pour certains de procéder à des augmentations inconsidérées et inacceptables ».

Quelle réponse le gouvernement attendait-il apporter au cri de cœur des populations ? Le Premier ministre a assuré que son équipe a reçu des instructions du Président de la République afin que « dans les tous prochains jours, des actions urgentes soient menées pour mettre fin aux dérapages observés et de ramener les prix à des niveaux raisonnables et compatibles avec le pouvoir d’achat des populations ».

Il est temps que les agents du ministère du commerce en charge du contrôle des prix sur nos marchés et le Conseil National de Lutte contre la Vie Chère investissent le marché pour désamorcer ce qui ressemble à une bombe à retardement dont la déflagration pourrait avoir des conséquences désastreuses.

 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

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