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Procès de Bouaké : Gbagbo, Mangou, Blé Goudé, Montoya..., ces témoins clés qu'on évite de déranger

A l'heure du bilan sur les événements des 06 et 09 Novembre 2004 à Bouaké et à Abidjan, et au moment où se referme le procès du bombardement du cantonnement militaire Français, à Bouaké, des questions s'imposent.

Des questions qui plus que jamais, attendent des réponses, d'autant plus que les trois semaines d'auditions des témoins Français à Paris, n'ont permis ni de déterminer les commanditaires du raid mené dans le cadre de l'opération ''Dignité'', ni le sort exact des trois pilotes, Biélorusse et Ivoiriens incriminés par la justice Française, et qui, in fine, ont écopés de la perpétuité, bien qu'étant introuvables.

Tout a été dit, sauf que rien de véridique n'a pu sortir de ces assises qui, semble-t-il, ont été organisées autour d'un consensus. Celui de dissiper toute piste qui pourrait conduire à l'éclatement de la vérité, notamment autour des circonstances de l'évasion des 15 mercenaires Russes, Biélorusses et Ukrainiens interpellés peu après l'attaque par l'armée Française, et des 8 Biélorusses arrêtés au Togo, le 16 Novembre 2004, soit 10 jours après l'incident.

Seule certitude, pour la France, cette affaire est définitivement réglée. Cependant, les faits invoqués ne se sont pas produits sur le territoire Français. Mais, bien en Côte d'Ivoire. C'est là qu'à Bouaké, fief de l'ex rébellion, des soldats Français sont supposés avoir été tués par un raid de l'aviation Ivoirienne en situation d'offensive contre les positions rebelles des Forces Nouvelles dans le nord du pays.

C'est aussi là, à Abidjan, que des dizaines de civils Ivoiriens aux mains nues, 67 selon les chiffres officiels, ont été massacrés par les soldats Français, sur les sites du 43ème BIMA, sur les deux ponts reliant les autres communes de la capitale économique au coeur des affaires, au Plateau, et à l'Hôtel Ivoire.

Si la lumière doit être faite sur ces événements tragiques, cela devrait commencer par la Côte d'Ivoire, rien que pour rendre justice aux familles des victimes, qui tout comme celles des soldats Français qui ont péri dans le raid de Bouaké, attend que justice soit faite. Dans cette affaire, la Côte d'Ivoire dont les populations ont été massacrées et dont l'aviation fut détruite, a payé le plus lourd tribut.

Devant les juges de la Cour d'Assises de Paris, on s'est contentés d'interroger les potentiels sachants Français pour qu'ils donnent leurs versions des faits. Au bout du compte, rien n'a été élucidé. Aucun des motifs d'organisation de ce procès n'a été satisfait. Pourtant, un remake judiciaire n'est sans doute pas à exclure. Abidjan pourrait légitimement avoir aussi son procès.

Tous les protagonistes essentiels de la crise sont encore disponibles, excepté l'ancien président Français, Jacques Chirac. Les auteurs de l'appel à manifester, au premier rang desquels, Charles Blé Goudé sont encore bien vivants. L'ex chef d'état, acquitté par la CPI est également vivant.

Le Général Henri Poncet qui commandait la force Licorne est aussi en vie. Henri Bentégeat, chef d'état-major de l'armée Française au moment des faits, est également en mesure de témoigner. L'ex ministre Française de la défense, Michèle Alliot-Marie, son homologue Ivoirien, Moïse Lida Kouassi, le Général Philippe Mangou, à l'époque commandant des opérations, Kadet Bertin, conseiller spécial du chef de l'état chargé des questions de défense, l'ex chef d'état, Laurent Gbagbo, le marchand d'armes, Robert Montoya et tous les acteurs centraux de la crise, sont encore capables de témoigner.

Leur épargner ce devoir de vérité, serait une négation de l'histoire. Les témoins Français, à l'exception de Montoya, ont été entendus. Qu'en est-t-il des Ivoiriens?

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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