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Coup de force au Mali : Macron et la France impuissants après avoir soutenu le putsch au Tchad

L’opinion publique en Afrique est tombée à la renverse dans la soirée de ce Lundi 24 Mai, au fur et à mesure que se confirmait la capture du président de la transition Malienne, Bah Ndaw et son premier ministre, Moctar Ouane, par des soldats, peu après la formation du nouveau gouvernement de 25 membres.

En moins d’un an, soit 9 mois après le renversement d'Ibrahim Boubacar Keita, le Mali bascule à nouveau dans l’instabilité institutionnelle. Piquée au vif, la communauté internationale, à travers le Comité local de suivi de la transition, n’a pas tardé à réagir, pour condamner ‘’fermement la tentative de coup de force survenue à la suite de la publication du décret portant nomination des membres du gouvernement par le Président de la transition sur proposition du premier ministre’’, non sans exiger ‘’la libération immédiate et inconditionnelle de ces autorités’’.


Si ce revirement spectaculaire opéré dans le processus de transition au Mali en aura surpris plus d’un parmi les partenaires bilatéraux du Mali, la France, elle, s'en trouve mise au défi avec ce coup de force qui vient remettre en cause les acquis de la transition instaurée sous son impulsion avec l’appui de la CEDEAO.

Après la chute d'IBK, Paris en jonction avec les pays membres de la CEDEAO, avaient multiplié les pressions sur la junte au pouvoir pour imposer l’instauration d’un régime de transition civil. L’objectif atteint, l’Élysée a affiché une toute autre attitude dans le cas Tchadien, en amenant la communauté internationale à cautionner le coup de force institutionnel effectué par les militaires du Conseil Militaire de Transition (CMT) à l’annonce de la mort du Maréchal Idriss Deby, officiellement décédé de ses blessures contractées sur le front, le 18 Avril, dans un accrochage avec la rébellion des FACT.


Au grand dam de l’opinion publique, Emmanuel Macron annonçait ouvertement son soutien au nouvel homme fort de Ndjamena, Mahamat Deby Itno. Les résultats furent rapides. Le régime putschiste installé dans la capitale Tchadienne, n’aura pas tardé à se remettre sur pied, sauvé in extremis par le soutien décisif de Paris.


Maintenant que Mahamat et ses compagnons peuvent évoluer en roues libres, quelle légitimité pourrait fonder une exigence de la France pour contraindre les militaires Maliens de revenir au respect de la légalité ?

Ailleurs, le mépris des textes constitutionnels fut applaudi des deux mains par la France, ici, Macron osera-t-il faire le brave en s’érigeant en donneur de leçons devant les putschistes Maliens ? Sans doute, ne s’attendait-t-il pas, comme souvent d’ailleurs, à un retournement de situation aussi embarrassant au Mali, où ses troupes sont engagées militairement contre les groupes djihadistes.

Une fois de plus, le successeur de François Hollande, s’est embourbé, entraînant par ricochet la France en tant qu’état, contrainte d'endosser la responsabilité de ses ratés diplomatiques. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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