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Laurent Gbagbo-Alassane Ouattara : c'est "je t'aime, moi non plus" ?

Les deux hommes lors de leur rencontre au sommet, le 27 Juillet dernier, au Palais présidentiel.

La petite idylle qui semblait être née entre le pouvoir RHDP et le président Laurent Gbagbo un après-midi du 27 Juillet 2021 est-elle en train de s'effriter ? L'interrogation prend tout son sens avec les derniers développements de l'actualité politique nationale. Et surtout la sortie du porte-parole du Gouvernement ivoirien, hier mercredi 20 Octobre, au sortir du Conseil des ministres.

Dans une interview exclusive qu'il a accordée mardi dernier, à France 24, le président du Parti des Peuples Africains (PPA-CI) abordait, entre autres sujets, celui relatif à sa situation judiciaire en Côte d'Ivoire.

Pour le Président Laurent Gbagbo, sa condamnation à 20 ans de prison est une mauvaise plaisanterie.

Le journaliste lui ainsi demandé s'il attendait une amnistie du Président Alassane Ouattara en rapport avec sa condamnation à 20 ans de prison pour le casse de la BCEAO. Marc Pérelman a même ajouté que cette peine pesait comme une épée de Damoclès sur la tête du Président Laurent Gbagbo.

La réponse du Woody de Mama a été sans équivoque, claire et limpide.

"Moi, je n'ai aucune épée de Damoclès sur la tête parce-que je n'espère rien. Je n'ai jamais braqué une banque. (...) Je ris et je dis que c'est une mauvaise plaisanterie. On ne va pas me faire admettre ce qui est inadmissible. C'est cela !", a-t-il précisé.

Laurent Gbagbo s'entretenant avec Marc Pérelman de France 24.

Poursuivant sur la limitation de l'âge des candidats à la Présidentielle, Laurent Gbagbo a dit sa totale opposition à ce projet.

« (...) Je suis contre la limite d'âge. Je trouve que c'est ringard car dans un pays civilisé où on est bien élevé, on n'élimine pas les candidats à cause de leur âge. Et ça c’est peut-être parce que je refuse cela que j'ai fait cette carrière politique. Je refuse», a-t-il ajouté.

« Mais, je pense que le problème en Afrique, on ne respecte pas les textes qu’on écrit. En Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée, les textes, on a l’impression qu’on écrit des textes pour imiter les Occidentaux, les Européens. Sinon, pour agir, on agit comme on veut. Mais, je ne suis pas dans cette logique, moi. Quand on écrit quelque chose, quand on écrit une Constitution, quand on écrit une Loi, il faut la respecter. Alassane Ouattara n’a pas respecté la Loi », a encore fait savoir Laurent Gbagbo.

Le ministre Amadou Coulibaly portant la réplique du Gouvernement à Laurent Gbagbo.

Enfin de compte, sur la question de la réconciliation nationale portée au pinacle par ceux qui lui réclament un PARDON, le président Laurent Gbagbo a regretté que "(...) Les problèmes qui se posent en Côte d'Ivoire (soient) des problèmes graves.

Il ne faut pas jouer avec. Il faut les mettre sur la table, les discuter, dégager les responsabilités des uns et des autres et prendre des décisions au niveau de l'État pour avancer. Les victimes des crises attendent qu'on discute le problème et qu'on voit quels sont les responsables."

Avant de conclure, "de toutes les façons, on avance et je sais avancer." 

Les présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara cristallisent l'espoir d'une nation ivoirienne réconciliée.

Ceci justifiant cela, la réplique du Gouvernement ivoirien n'a pas tardé.

Hier mercredi 20 Octobre 2021, au sortir du Conseil des ministres, Amadou Coulibaly, son Porte-parole, a rappelé que «(....) M. Laurent Gbagbo a beau être étonné mais il demeure poursuivi devant la Justice ivoirienne pour des faits qui sont totalement différents de ces incidents (…). »

Il a aussi ajouté que «Laurent Gbagbo a de nombreux conflits à gérer, y compris des conflits avec sa propre personne.»

Ce chassé-croisé entre deux acteurs majeurs de la réconciliation nationale (Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara) vient jeter un grand froid dans le dos des Ivoiriens. Eux qui s'attendaient à un dégel entre les présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

Les choses semblaient si bien amorcées pourtant.

C'est à ce titre que la présence au congrès constitutif du nouveau parti de Laurent Gbagbo du Directeur Exécutif du RHDP, Adama Bictogo, a été saluée par tous les observateurs. Adama Bictogo y a même prononcé un discours fort apprécié par les congressistes.

Belle image que tous les Ivoiriens aimeraient voir se répéter.

Ou bien, faut-il mettre cet échange de "civilités" entre le pouvoir RHDP et le camp Laurent Gbagbo sur le compte de la politique politicienne ?

Rappelons que c'est le 27 Juillet 2021 que le Président Laurent Gbagbo a rencontré et échangé avec l'actuel président Alassane Ouattara au Palais présidentiel.

La rencontre au sommet entre les deux intervenait après 10 ans de brouille ayant conduit à l'arrestation du premier cité, son transfèrement-jugement à la Haye; d'où il est sorti acquitté, totalement blanchi de toutes les charges retenues contre lui.

Laurent Gbagbo est rentré en Côte d'Ivoire le 17 Juillet 2021. Le 9 Août, il quittait officiellement le FPI pour créer, les 16 et 17 Octobre 2021, à l'hôtel Ivoire-Sofitel d'Abidjan, le Parti des Peuples Africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI).

Nous le saurons très bientôt !

Patrick Russel

Content created and supplied by: Patrick_Russel (via Opera News )

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