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Le Burkina à l'ère du renouveau : tourner les pages noires des incompréhensions

Dans la suite de ses publications et analyses pertinentes sur la situation socio-politque au Burkina Faso, l'expert consultant en stratégies et relations internationales, Bamba Alex Souleymane, revient à la charge par une exhortation à passer le cap des incompréhensions. Dans cette nouvelle communication, le journaliste professionnel exhorte le pays des hommes intègres à une sorte de catharsis afin de marcher dans l'ère du renouveau, le nouveau temps de reconstruction de la nation.

Le 24 janvier 2022 marque le début d’une ère nouvelle au Burkina Faso. Le pays des hommes intègres est entré dans une nouvelle phase. Un nouveau temps de reconstruction de la nation. Le coup d’Etat qui a renversé le président Roch Kaboré est consécutif à un délitement total du territoire burkinabé laminé par les coups de boutoir de terroristes infames et lugubres. La conscience collective en est choquée. Pourquoi cet acharnement sur un pays si attachant ? Qu’est-ce qui justifie une telle animosité ? Un tel acharnement sur un pays qui ne demande qu’à vivre en paix et dans la quiétude ? Assurément, ces attaques et autres exactions et sur le territoire et sur les habitants sont intolérables et inadmissibles. Pourquoi ? Qu’a-t-il fait ce pays ? Qu’ont-elles fait ces populations ? Qu’est-ce qui justifie cette volonté délibérée de nuire à un pays ainsi qu’à ses habitants ? La conscience collective réprouve ces incursions meurtrières qui ont littéralement défiguré le territoire du Burkina. Et qui ont fait tant de mal à de paisibles citoyens ? Qu’ont-ils fait pour mériter un tel sort ? C’est inique et, tôt ou tard, les acteurs de ces attaques macabres en payeront un lourd tribut. L’incapacité des autorités en place depuis la transition chaotique post-insurrection, a conduit hélas à une telle descente aux enfers de paisibles populations qui ne demandaient que de la protection du pouvoir politique et des moyens à sa disposition. Hélas, l’incurie et l’indolence du pouvoir politique ont ouvert un boulevard aux forces du mal pour perpétrer des actes immondes contre le sol et des populations innocentes de l’ancien empire Mossi. Le sursaut patriotique des forces armées du 24 janvier 2022 résulte de ce tableau clinique d’un patient qui ne demandait que l’on lui appliqua une thérapie radicale pour qu’il retrouva des forces afin d’une part de se relever et de l’autre partir à l’abordage après avoir fourbi de nouvelles armes contre des âmes damnées. Aujourd’hui, la responsabilité de l’armée est historique. Il s’agit de redresser le pays et de mettre à nouveau de l’ordre dans la gouvernance de toutes les structures et composantes de la société burkinabé. Elle bénéficie de la confiance du peuple au nom de qui, il a pris le pouvoir pour sauver et laver l’honneur de la patrie traitreusement attaquée. Il n’est pas étonnant que sa détermination à éradiquer le mal que les forces terroristes lui imposent est manifeste. De même, il en est de sa volonté d’instaurer une véritable réconciliation gage d’une stabilité retrouvée qui permettra une plus grande cohésion contre les forces du mal. 

Les mobiles ayant justifié le coup de force du MPSR, résultent de l’incapacité de l’ancien pouvoir et de ses nervis, à satisfaire les attentes des Burkinabè et à rassembler ses compatriotes autour d’un même idéal de paix, de pardon et d’oubli des offenses. La construction de la nation relève de l’adhésion massive des Burkinabè à la cause nationale défendue par les militaires. Les attaques djihadistes ont fortement fragilisé la cohésion nationale. Il faut donc aller vers une réelle réconciliation des cœurs et des esprits en sortant des querelles de clochers, de haine viscérale contre certains individus que, au demeurant rien ne justifie.

Conjurer les mauvais sorts

Ceux qui ont la capacité d’apporter leur contribution morale, intellectuelle, stratégique dans la bataille de l’opinion sont des alliés et probablement des personnalités ainsi que de grands esprits qui estiment que le Burkina est l’affaire des Burkinabè certes mais, de toutes les forces vives et citoyennes des autres contrées africaines et d’ailleurs. Le plus appréciable et le plus encourageant c’est que les initiatives sont même soutenues par la communauté internationale. Cela donne de la force à la volonté de la junte d’élargir sa palette de relations afin de se donner beaucoup de chance d’éradiquer ce fléau pernicieux qu’est le djihadisme ainsi que son corollaire qui est le terrorisme des esprits malfaisants. 

La volonté du MPSR d’aller à la paix et à la réconciliation est celle-là qui sied et qui vaille aujourd’hui. Il faut faire fi des ressentiments par trop ressassés qui ont atomisé les fondements du tissu social. Les vieilles rengaines de politiciens ont érodé les relations cordiales et fraternelles qui ont toujours existé entre les Burkinabè hommes et femmes, jeunes et vieux, forces de l’ordre de défense et de sécurité depuis la nuit des temps. Il est donc heureux que le président Damiba et la hiérarchie militaire embouchent fort opportunément la trompette du rassemblement et rejettent lien de cause à effet, les postures d’irréductibles passéistes habités par l’esprit du mal. Le temps est venu de tourner toutes les pages afin d’aller de l’avant. Cet exemple doit être à l’image de celui de la journée nationale du pardon initiée en l’an 2000 par le régime Compaoré afin de conjurer les mauvais sorts.

S’inspirer des exemples de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Libéria, de la Sierra Leone, du Mozambique, des Congo (Kinshasa et Brazzaville), de la Guinée Bissau, de la Casamance, du Kosovo, de la Colombie, du Liban, du Soudan, du Sud Soudan, du Sri Lanka, de la Tunisie, de la Centrafrique, du Rwanda voire de la Côte d’Ivoire post-crise électorale.

Il n’est certes pas loin, de ce que recommanderait par exemple, une justice transitionnelle comme cela s’est vu avec l’implication du HCDH (Haut Commissariat aux Droits de l’Homme) dans des territoires qui ont été éprouvés par les attentats et les occupations illégales et meurtrières contre des populations inutilement et injustement attaquées.  

Aussi pour le Burkina et le Président Damiba, renforcer l’unité et la cohésion nationales ; sont donc un impératif qui répond aux réalités nouvelles qui s’imposent au Burkina Faso en ce moment précis. Et Yéro Boly le ministre d’Etat en charge de la réconciliation en donne le ton : « au niveau de nos localités, de nos provinces aujourd’hui, il y a une dislocation non seulement des familles, des communautés et des villages. Nous devons faire en sorte que ce tissu social soit reconstitué, que les gens se parlent et que la cohabitation que nous avons connue par le passé, qui a toujours été une cohabitation harmonieuse, qui a été perturbée par la situation que nous vivons, reprennent et que nous reprenions ce dialogue entre communautés pour faire en sorte que ce vivre ensemble soit une réalité ». Dès lors, le projet de stratégie de réconciliation nationale (2022-2026) soutenu par les Nations Unies, est bel et bien ; enclenché. En témoigne par ailleurs l’atelier organisé le 16 juin 2022 à Ouagadougou. Les propos du représentant du PNUD, Mathieu Ciowela, à cet effet, ont été on ne peut plus explicites : « L’atelier de ce jour doit être le début d’une nouvelle ère non seulement pour la collaboration entre le ministère de la cohésion sociale et de la réconciliation et les parties prenantes actives dans ce domaine à différents niveaux, mais également pour les mécanismes et espaces de médiation et de dialogue appelés à se renforcer et à jouer un rôle plus accru dans le processus de consolidation de la paix au Burkina Faso. »  Reste, cependant, à le rendre véritablement inclusif. En effet, si la rencontre Damiba-Kaboré-Ouédraogo a marqué les esprits, il manque une figure emblématique sur la photo : celle de Compaoré à qui, le Burkina d’aujourd’hui, doit beaucoup à sa mise sur orbite internationale. A preuve, la prééminence qui était la sienne, dans la sous-région en matière de culture, de show-biz, de plaque tournante des conférences régionales, sous-régionales

voire internationales en résultait. On est à la fois nostalgiques et tristes de constater que, les hôtels sont inoccupés voire à l’arrêt. Le pays tourne au ralenti alors qu’il avait atteint une grande vitesse de croisière. Il était devenu quasiment un modèle de stabilité et de croissance économique. Il est regrettable que pour un pays qui avait atteint un tel niveau respectabilité, l’on constate un net recul dans l’indice de développement humain (IDH). 

C’est pour ainsi, dire, la fausse note ou le raté dans cette démarche de séduction. Je comprends la réaction de ceux qui se sentent affectés, par tel ou tel fait. Un tel ou tel événement. Qu’est-ce qui justifie que l’on fasse porter tous les péchés du Burkina Faso paradoxalement à un homme qui a tout donné pour que ce pays soit respecté sur l’échiquier africain et mondial ? Doit-on indexer et montrer du doigt, les régimes qui se sont succédé à la tête de la Haute Volta hier, le Burkina aujourd’hui jusqu’à l’avènement de l’actuelle junte au pouvoir incarnée par le Lt-colonel Damiba ? N’a-t-elle pas, et ne bénéficie-t-elle pas de la confiance de l’ensemble du peuple ? C’est cette onction qui décuple la volonté des nouvelles autorités témoins et acteurs des dernières déchirures de leur pays à faire table rase du passé triste des événements tristes qui ont endeuillé la patrie.

L’avenir qui se dessine aujourd’hui pour le Burkina que nous aimons, ne saurait se faire sans pardon. C’est pourquoi, au nom de la grandeur du peuple et de l’ancien empire Mossi, pour les pays voisins, les frères et sœurs de ces pays qui aiment le Burkina, il faut tourner la page noire des incompréhensions de tous les régimes. Ce sont les hommes qui font les lois et la justice. Ces mêmes hommes peuvent s’asseoir, et à la lecture des réalités nouvelles réécrire de nouvelles pages de l’histoire ô combien digne et mémorable de ce grand peuple. Nous estimons qu’il faut tourner la page et extirper la haine des cœurs. Les querelles de chapelles ne peuvent être au-dessus de l’intérêt national. Sauver le pays de la division, de la violence et de la haine est l’ultime tâche à laquelle œuvre aujourd’hui la junte avec à sa tête celui qui l’incarne le Lt-colonel Sandaogo Damiba. Une ambition aussi noble, mérite d’être soutenue et accompagnée. C’est pourquoi, l’ensemble des patriotes, intellectuels et experts des pays de la sous-région appellent-ils les intelligences qui foisonnent au Burkina d’œuvrer en faveur de la paix des braves : tourner les pages sombres et tristes qui ont, hélas, par trop escamoté et déchiré le tissu social de ce grand pays. De ce grand peuple. Ave Burkina !

Bamba Alex Souleymane

Journaliste professionnel

Expert consultant en stratégies 

et relations internationales

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