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Succession des Tchagba à la chefferie d’Abouabou : la Préfecture d’Abidjan interpellée

Par une exhortation en ces termes : “Je demande à l’Autorité préfectorale de bien vouloir délivrer l’arrêté de confirmation de Monsieur Mobio Agbo Josué en qualité de chef du village d’Abouabou, cela dans un bref délai, pour éviter des troubles et des déconvenues dans mon cher village”, le patriarche Nanan Joseph Yantchoué Mobio, doyen d’âge et chef des terres du village d’Abouabou, dans la commune de Port-Bouët, à Abidjan, interpelle la préfecture d’Abidjan.

Le doyen d’âge, garant des us et coutumes, a produit le deuxième communiqué, en date du jeudi 8 avril 2021, pour une fois de plus tirer la sonnette d’alarme quant au désordre qui règne dans son village, sis au nord de l’aéroport international d’Abidjan, dans le cadre de la succession de la génération Tchagba à la chefferie du village. 

Le désordre, selon lui, est dû au fait que la Préfecture d’Abidjan a délivré l’arrêté  n°004 B/PA/CAB du 08 janvier 2021, à Claude-Etienne Brahoua Koutouan, au lendemain de la consultation populaire. Or l’attribution de cet arrêté n’est pas le fruit d’un processus qui a respecté les us et coutumes du village d’Abouabou. “Le chef légitime et légal, selon nos us et coutumes que j’ai oint sur la place du village depuis le 15 février 2020, et qui a reçu une procuration spéciale de ma part, en date du 30 mars 2020 (n° 722/2020), signée par le Président du Tribunal de Première Instance du Plateau en vue d’exercer son plein et entier pouvoir de chef du village d’Abouabou est et demeure M. Mobio Agbo Josué”, insiste le doyen d’âge Joseph Yantchoué Mobio, détenteur des droit coutumiers d’Abouabou. Qui précise, en outre, que la véritable passation des charges entre le pouvoir sortant des Dougbô représenté par M. Emmanuel Nanguy Aboya et celui entrant des Tchagba représenté par M. Josué Agbo Mobio, n’a pas eu lieu, comme il se devait, sur la place publique du village. 

Par conséquent, le doyen d’âge dit ne pas comprendre pourquoi Claude-Etienne Brahoua Koutouan continue de défier l’autorité coutumière en tenant des réunions informelles avec des opérateurs et investisseurs économiques dans le but de discréditer le chef légitime que le village s’est choisi et non imposé. Ce, malgré les mises au point faites dans les colonnes des journaux de la place, faisant état de la légitimité accordée à M. Josué Agbo Mobio. “Tous ceux qui encouragent le sieur Claude-Etienne Brahoua Koutouan dans la logique de défiance l’exposent à la rigueur des lois coutumières et ancestrales”, prévient le doyen d’âge. 

Cependant, il invite Etienne Koutouan, son neveu, à se ressaisir, car le pouvoir est divin et spirituel et non temporel. “Je l’exhorte, lui et ses partisans, à se mettre, dans la paix et dans la transparence, à la disposition du pouvoir légal pour œuvrer en vue du développement de notre cher village, car il n’y a pas de développement sans paix”, plaide le détenteur des droit coutumiers d’Abouabou. 

Joseph Yantchoué Mobio rappelle qu’en pays atchan, en général, à Abouabou, en particulier, la désignation du chef du village se fait par un choix entériné de la génération qui accède au pouvoir et au sein de laquelle est issu le chef, ensuite le ou les candidats proposés sont soumis à la délibération du Comité des Sages. “Il est à souligner que ce n’est pas à la génération qui accède au pouvoir de procéder à une quelconque élimination du ou des candidats, mais plutôt au Comité des Sages qui a la lourde responsabilité de trancher. Enfin, le candidat retenu est présenté au doyen d’âge, chef de terre qui valide le choix par son onction”, argumente-t-il. 

Le doyen d’âge regrette le retard dans le développement d’Abouabou sur l’ensemble des 60 villages atchans. Pourtant, son village, est-il convaincu, a du potentiel économique avec de nombreux atouts. C’est en cela qu’il interpelle aussi toutes les autorités administratives, la Chambre des rois et chefs traditionnels, la Chambre des chefs atchan, les investisseurs et opérateurs économiques exerçant sur le territoire du village d’Aboubou sur la nécessité de non seulement se fier au chef légal qu’est Josué Mobio, mais aussi d’oeuvrer pour l’ordre et la stabilité dans le village.

Marc-André Latta

Content created and supplied by: RogerLevry (via Opera News )

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