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Donnant sa conception, surprenante, du CNT, Mabri Toikeusse désavoue-t-il Soro ?

Alors que l’on croyait légitimement que le Conseil National de Transition(CNT), créé après l’élection en 2020 du Président de la République, Alassane Ouattara, répondait à un objectif de transition, c’est-à-dire un organe devant conduire un processus aboutissant à une nouvelle élection présidentielle, comme l’indique sa dénomination, le Docteur Albert Mabri Toikeusse en a livré toute une autre conception ce jeudi, 30 septembre 2021.

« Pour nous, le CNT devait organiser la désobéissance civile », a affirmé le président de l’Union pour la Démocratie et la Paix (UDPCI) sur le plateau de ‘’Face à la Côte d’Ivoire’’, émission de life TV. Puis, d’expliquer : « le CNT n’a pas eu l’occasion de se définir, de dérouler son programme, d’en donner un contenu précis. Le projet a été étouffé dans l’œuf ». Non sans manquer de préciser que la désobéissance civile est un moyen démocratique de contestation.

Cette conception du but de la création du CNT apparaît pour le moins surprenante. En effet, l’idée de transition que renferme le CNT suppose le passage d’un régime à un autre, donc nécessairement la fin du régime précédent. Et, dans la pratique, un conseil national de transition, est un organe créé soit à la suite d’un coup d’Etat, comme c’est le cas actuellement en Guinée, soit dans un contexte de vacance du pouvoir, en vue de conduire à l’organisation d’élections destinées à doter le pays concerné d’un nouveau président, de nouvelles institutions démocratiques.

Il n’est donc pas outré d’affirmer sa surprise face à une telle définition du CNT ivoirien par l’ex deuxième Vice-président du RHDP qui, au demeurant, vient en désaveu à celle de Soro Kigbafory Guillaume. Membre dudit conseil, ce dernier avait produit une déclaration le 20 novembre 2020, dans laquelle il affirmait la vacance du pouvoir et la raison de la création du CNT : « Le Conseil National de Transition a été créé pour assumer les charges exécutives de l’État et assurer le fonctionnement régulier des organes et des institutions républicaines durant toute la période de Transition ».

Or, la désobéissance civile, telle que définie par John Rawls, à savoir « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener à un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement… », n’a pas pour finalité d’assurer une transition politique.

Alors, de deux choses, l’une : soit le Docteur Abdallah Albert Mabri Toikeusse, homme politique habituellement modéré, ne savait pas dans quelle aventure il s’embarquait (ce qui est inimaginable), soit le nom donné audit conseil ne cadrait pas avec l’objectif qui aurait présidé à sa création.

Marius K., Le_Littéraire.

Content created and supplied by: Le_Littéraire (via Opera News )

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