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FPI après Gbagbo/ La panne sèche ?

Les dernières défections en date étaient certainement les moins attendues, au regard de l'importance des personnalités dans le dispositif Affi, dans la stratégie pour le repositionnement du Front populaire ivoirien (FPI) après le départ de Gbagbo. L'un, Pr. Joseph Assi Bénie, éminence grise des universités de Côte d'Ivoire, vice-président du FPI chargé opportunément de la régulation, la privatisation, la concurrence et la bonne gouvernance. L'autre, Antoine Kangah, issu du Moronou comme Affi N'guessan, candidat pour le compte du camp Affi aux dernières législatives, à Mbatto, l'un des financiers, dit on, de "l'enveloppe". Et ce après une tournée d'explication du président légal du FPI, dans le Moronou, sa région natale. Des défections qui viennent s'ajouter à la longue liste des départs "pour des raisons personnelles" du FPI, depuis que le président Gbagbo, en rupture de ban avec le FPI légal, a décidé de mettre sur pied une nouvelle formation politique. Et la saignée continue avec le ralliement de la plupart des fédérations et sections des zones considérées comme des bastions du Front Populaire Ivoirien, à l'idée de nouveau parti de Gbagbo. En d'autres termes, à l'issue du bras de fer qui l'opposait à son ancien mentor pour le contrôle de cette formation majeure de la gauche ivoirienne, Affi a perdu gros. Peut être beaucoup plus gros que les observateurs de la vie politique en Côte d'Ivoire ne se l'était imaginé.

La stratégie de reconquête des militants adoptée par Affi, au lendemain de la rupture a t elle été la bonne ? Assurément non ! Au regard de l'effet contraire produit. Accusé par le prestigieux "dissident", au cours de la réunion du comité central de la branche qui lui est restée fidèle, le 19 août dernier, de lui avoir fait du chantage, Affi N'guessan s'est senti dans l'obligation de "rétablir la vérité". L'ancienne DG de RFI Isabelle Goetzinger qui n'attendait plus que ce déclic, pour faire ce pourquoi elle est grassement payée, active son carnet d'adresses pour lui ouvrir les lucarnes de la presse internationale. Y allant de sa hargne et de sa morgue, le lion du Moronou ne recule pas devant les mots et les maux. "Tribaliste","xénophobe","irresponsable"... tout y passe. Il n'hésite d'ailleurs pas à accuser le chef historique des frontistes dont il a été le premier ministre puis le porte parole dès son accession au pouvoir d'état, en 2000, d'être responsable de la crise post-électorale de 2010 du fait de "la mauvaise gestion de la rébellion et pour s'être accroché au pouvoir après la présidentielle, malgré les nombreux morts". Une ligne de repositionnement que les uns et les autres ont trouvée bien curieuse et contre productif pour quelqu'un qui estime avoir été frustré, dans sa volonté d'aller à l'unité du parti. Une maladresse du reste relevée par le journaliste André Sylvère Konan, l'un de ses plus grands soutiens, dans ses initiatives anti-gbagbo. En effet, ce dernier, sur le plateau de NCI a regretté qu'Affi, plutôt que de donner dans les invectives, n'ait pas profité de l'opportunité que la décision de Gbagbo lui a offerte de prendre entièrement sa place dans le maesltrom politique ivoirien.

Affi semble donc en panne de stratégie. Donnant ainsi raison à ceux qui estiment qu'il n'était pas préparé à un tel scénario. Et pour ne pas bien faire les choses,l'ineligibilité de Gbagbo est devenue son nouvel angle d'attaque dans la chasse aux militants.

Emmanuel Fofana

Content created and supplied by: Emmanuelfofana (via Opera News )

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