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‘’Affaire Sankara’’, ‘’affaire bombardement de Bouaké’’ ou quand le temps poursuit la vérité

Un mythe, sorti tout droit de la haute antiquité grecque nous éclairera suffisamment aujourd’hui ; Il s’agit du mythe de Midas. Midas était un roi phrygien (715-676 av J.C) qui avait la réputation de transformer tout ce qu’il touchait en or ; là n’est pas le propos du jour. Midas (pour d’autres précédents que nous ne n’aurons pas le temps d’expliquer ici) a hérité de la part du dieu Apollon d’une belle paire d’oreilles d’âne ; cette difformité qu’il cachait sous un bonnet fut découverte par son barbier. Las de vivre avec un secret aussi pesant, il ne put résister longtemps à la tentation de s’en décharger.

Dans la prairie s’en alla-t-il, y creusa un trou et de toute la force de ses entrailles, y cria : ‘’le roi Midas a les oreilles d’âne, le roi Midas a les oreilles d’âne’’. Il venait, selon lui, de cacher la vérité mais peut-on dissimuler la vérité ? Il se hâta de combler le trou et satisfait, s’en retourna fièrement chez lui. Voilà que vinrent les pluies et des graminées poussèrent sur ‘’la tombe’’ de la vérité. Ces graminées poussèrent, poussèrent et devinrent une épaisse broussaille. Un jour que le vent se fit fort, ces herbes se balancèrent et leurs ondulations répétèrent à toutes les contrées de la terre  "le roi Midas a des oreilles d'âne ... le roi Midas a des oreilles d'âne ... ".

L’épineuse question est celle-ci : le barbier avait-il réussi à cacher la vérité ? Non. Pourquoi la vérité est comme le vent qu’on ne peut arrêter ; quelles que soient les années, la vérité finira par surgir et s’imposer à qui de droit. C’est le 15 octobre 1987 que le monde entier fut secoué par la mort dans des conditions confuses du capitaine Thomas Sankara. C’était un homme d'État anti-impérialiste, révolutionnaire, socialiste, panafricaniste et tiers-mondiste, de quoi ne pas être dans le cœur des grandes puissances ; c’est connu dans les milieux diplomatiques mais un assassinat reste un assassinat et il fallait qu’un jour, la vérité finisse par éclater.

34 ans après la mort du leader révolutionnaire Burkinabè, la justice est encore sur les traces de la vérité. Selon Jeune Afrique du 13 avril 2021, et nous citons, ‘’ Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré seront jugés pour « attentat à la sûreté de l’État » et « complicité d’assassinat ». L’évocation du nom de l’ancien président du Faso et de son bras droit Diendéré n’est pas pour nous, dans le présent article, un doigt accusateur vers eux, il faut préciser les choses. Ils peuvent être, dans ce procès qui s’annonce, acquittés ; ce ne sera pas la première fois ; mais nous voulons surtout faire ressortir la vanité de nos efforts, en tant qu’humains, de courir contre la vérité or, à la course contre la vérité, c’est le temps qui gagne toujours.

Le second fait sur lequel nous nous arrêterons est l’affaire du bombardement de Bouaké le 06 novembre 2004. Ici encore, un procès est actuellement en cours ; des noms et non des moindres défilent à la barre : le général Poncet que les ivoiriens connaissent bien, Micheèle Aliot-Marie alors ministre de la défense, Dominique de Villepin, Michel Barnier. Ici encore, nos propos ne visent pas à culpabiliser ces personnalités mais nous retenons encore une fois ici cette course inlassable vers la vérité. 17 ans après ce terrible bombardement, les projets humains ont-ils réussi à fermer cette page ? Absolument pas et comme la voix du barbier phrygien, on peut toujours entendre cette vérité résonner à nos oreilles quoiqu’on l’ait enfouie très loin dans nos consciences et nos cœurs.

     Frederic GNEZE

 

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

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