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Assaut sur sa résidence 10 ans après: cette émouvante requête de Gbagbo aux soldats venus l'arrêter

11 avril 2011- 11 avril 2021, cela fait exactement 10 ans jour pour jour que ce qu’il convient d’appeler ‘’la bataille d’Abidjan’’ a connu son épilogue avec le bombardement de la résidence de l’ex Président Laurent Gbagbo suivi de son arrestation. Véritable forteresse bâtit par Felix Houphouët Boigny au cœur du quartier huppé de Cocody les Ambassades pour servir de résidence aux Chefs d’Etat ivoirien, cette bâtisse restera le symbole d’un conflit qui aura fait des milliers de victimes. Retour sur les faits clés de cette bataille au cœur de la capitale Abidjanaise.

        Le Président Gbagbo et son camp rejette les résultats du second tour du scrutin de novembre 2010 qui accorde 54,1 % des voix à son adversaire Alassane Ouattara. Pour la majorité présidentielle (LMP) de cette époque, ce second tour est émaillé de fraudes. Laurent Gbagbo exige le recomptage des voix. La communauté internationale avec le patron de l’ONUCI en tête, Young-Jin Choi n’entend pas les choses de cette oreille. Pour lui, la victoire d’Alassane Ouattara est irréfutable. Laurent Gbagbo a perdu les élections et doit rendre le tablier. Mais celui-ci est loin de capituler. Il est décidé à se battre pour conserver son fauteuil dont on veut injustement le spolier. Entourés de proches fidèles il entend mener la résistance.

        Les forces rebelles prennent faits et cause pour Alassane Ouattara à qui les résultats certifiés par l’ONUCI accordent la victoire. Le premier ministre d’alors Guillaume Soro a également reconnu la victoire d’Alassane Ouattara. Face au rejet des résultats par le camp présidentiel, les forces rebelles mènent une vaste offensive depuis la partie nord du pays vers le sud. L’une après l’autre, les villes tombent dans leur escarcelle, abandonnées par des forces républicaines qui replient vers Abidjan pour organiser la résistance.

Très rapidement la bataille est aux portes d’Abidjan. Elle y fait rage dans des communes comme Yopougon et Abobo. Les corps jonchent les rues, les populations apurées sont terrées chez elles. Les crépitements des armes automatiques succèdent aux bruits sourds des armes lourdes. La perle des lagunes est devenue un véritable champ de bataille très meurtrier.

        Reclus dans sa résidence, le Chef de l’Etat et ses proches assistent le 4 avril 2011 aux premiers bombardements aériens des forces coalisées de l’ONUCI et de la France contre l’armement lourd des forces loyales stockés dans les camps militaires d’Agban, d’Akouédo et au Palais présidentiel.

Les bombardements vont s’intensifier à partir du 10 avril 2011 après que le parking de la résidence de l’Ambassadeur de France ait été atteint par un tir de roquette deux jours plus tôt.

Dans la soirée du dimanche 10 avril 2011, les bombardements se font plus proches de la résidence présidentielle. Ils débutent dès 18 h par des aéronefs de l’ONUCI suivis de ceux de l’armée française. « Quatre vint neuf missiles seront tirés autour de la résidence du Président Laurent Gbagbo » rapporte Jeune Afrique Economie dans une parution de ce jour 11 avril 2021 commémorant ces événements.

Le 11 avril jour fatidique, un missile d’un aéronef français atteint la résidence. JA citera l’Ambassadeur de la France Jean Marc Simon en fonction à Abidjan à cette époque qui dans son livre « Secrets d’Afrique » indiquera que la trajectoire de ce missile aurait été déviée « par la chaleur d’un incendie qui s’est propagée aux véhicules stationnés au pied de la résidence présidentielle ».

Un incendie se déclenche. Les personnes recluses dans la résidence s’organisent pour éteindre les départs de feu. Dans la cour, des véhicules parqués sont en feu. La fumée envahit la résidence et contraint les personnes en sécurité au sous-sol de remonter en surface.

Conscients du fait que la bataille est désormais asymétrique, les derniers soldats sous les instructions du Commandant Awouman Boniface déposent les armes. Un tissu blanc est agité en guise de reddition par le ministre Desiré Tagro afin de faire cessez les attaques sur la résidence mais à peine a t-il il pointé le nez hors de la bâtisse qu’il essuie une pluie de balles des forces ennemis en embuscade autour de la résidence. Il retourne aussitôt se réfugier à l’intérieur.

Toujours selon JA, sur le coup de 13h les forces rebelles notamment le Commando Mystic du Commandant Hervé Pelikan Touré dit « Vetcho » pénètrent dans la résidence à moitié détruite par les frappes aériennes. « Vous filtrez le sous-sol, rien ne sort. On finit le tour de la maison » lança « Vetcho » à ses hommes avant de rafaler lui-même une porte fermée à clé. Le président Gbagbo et ses proches se rendent sans faire de résistance. C’est alors que selon le panafricain JA, le Président Gbagbo soufflera cette supplique au Commandant Hervé Touré « Ne tuez pas mes enfants » pendant que celui-ci lui enfile un gilet pare-balle certainement pour le protéger d’un tir venant d’un élément incontrôlé. Au même moment un autre élément de «Vetcho » hôte son casque et le porte à l’ex Président.

Déporté au Golf puis en résidence surveillée à Korhogo, le Président Gbagbo sera transféré à la Haye où il sera poursuivi par la procureure Fatou Bensouda pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Après un long procès, l’équipe du procureur ne parviendra pas à établir un lien formel entre Laurent Gbagbo, son co-accusé Blé Goudé et les évènements ayant fait plus de 3000 morts.

Fait du hasard, ironie du sort ou signe du ciel, toujours est-il que c’est à quelques jours du dixième anniversaire de ces évènements que le Président Laurent Gbagbo sera blanchi des accusations portées contre lui et s’apprête donc à regagner son pays où ses partisans sont impatients de lui réserver un accueil des plus chaleureux.

Le 11 avril 2011 restera à jamais gravé dans les archives de l’histoire de la Cote d’Ivoire avec une double célébration selon le camp où l’on se trouve signe de la discorde persistant encore entre ivoiriens.

 

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