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Ségrégation financière entre fonctionnaires: une injustice révoltante qui dure depuis des décennies

C'est cruel de le dire, mais entre les fonctionnaires de l'Etat de Côte d'Ivoire, il y a les uns et les autres. Il y a ceux qui sont blanchis dans leurs Ministères respectifs, avec le beurre et l'argent du beurre, et ceux vivotant au sein de leurs départements ministériels, dans une précarité insoutenable. Comment est-ce possible, cette honteuse catégorisation des fonctionnaires d'un même Etat? Pourquoi une telle discrimination? A quoi rime cette révoltante ségrégation financière, qui ne dit pas son nom? Et dire que cette inacceptable injustice dure depuis des décennies sans que les Gouvernements successifs ne daignent faire cesser ce lourd tort causé à des milliers de fonctionnaires, broyant du noir alors que quelques centaines de leurs collègues se la coulent douce avec des primes trimestrielles colossales; de quoi leur faire mener une qualité supérieure de vie de pachas, à l'opposé de l'écrasante majorité plongée dans une misère indigne.

Résultat, c'est le sauve-qui-peut dans les Ministères "moisis", n'offrant aucune perspective aux fonctionnaires, des Ministères où la pauvreté est la chose la mieux partagée, où les pauvres agents ne voient circuler le moindre centime, contrairement aux premiers responsables de ces Ministères, qui prennent plaisir à s'engraisser. On se rue donc vers les Ministères à primes, les Ministères juteux, considérés à juste titre comme l'eldorado. Pour rejoindre "la terre promise", ces "fonctionnaires migrants" sont prêts à tous les sacrifices, pourvu qu'ils s'échappent de "l'enfer" qu'ils vivent. Et les "miraculés" ayant eu la chance de franchir les "frontières ministérielles" voient leurs vies changer radicalement, même si certains se retrouvent sans postes de travail; peu importe, se disent-ils, l'essentiel, c'est de jouir paisiblement des primes trimestrielles et de rattraper le temps fou, inutilement perdu à crécher dans des Ministères "cauchemardesques".

Vu le flux de "fonctionnaires-migrants", vu leur exode massif vers les Ministères à primes, des mécanismes contraignants ont été "minutieusement conçus" (c'est un constat) par le Ministère de la Fonction Publique et de la Modernisation de l'Administration, histoire de freiner "l'immigration", arrêter la saignée, stopper l'hémorragie. Pour preuve, ce qui était naguère un précieux sésame, à savoir la mise à disposition pour l'eldorado, ne garantit plus rien à l'agent de l'Etat, qui devra surmonter les redoutables épreuves des multiples validations des DRH, des DG et même des Ministres, à la fois des Ministères d'origine et d'accueil; un véritable parcours du combattant, virant finalement à la désillusion, dans la plupart des cas. On se demande bien pourquoi vouloir "empêcher" un fonctionnaire qui ne se sent pas bien dans son Ministère d'aller voir ailleurs? La mobilité professionnelle n'est-elle pas un droit? Pourquoi autant "d'obstacles" à la transhumance des agents de l'Etat? N'est-ce pas légitime d'aspirer à une vie meilleure et de croire que l'herbe est plus verte ailleurs?

Au demeurant le terrible aveu de Mme la Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l'Administration, Anne Désirée Ouloto, exprimant "sa gêne" vis-à-vis de l'injustice subie de plein fouet par des milliers de fonctionnaires, sonne comme l'alarme d'une prise de conscience institutionnelle. En effet, dans l'émission "Sans réserve" d'Ali Diarrassouba du 02 décembre 2021 sur NCI, elle a dénoncé le fait qu'il y ait "deux poids deux mesures" entre d'une part les fonctionnaires bénéficiant de primes trimestrielles sur les deniers publics et d'autre part ceux d'entre eux "n'ayant pas droit au partage du gâteau". Au-delà de la gêne d'Anne Ouloto, ce qui importe, c'est ce qu'elle fait pour que l'injustice cesse enfin entre fonctionnaires d'un même Etat. Ils ont logiquement droit au même traitement salarial, sensiblement aux mêmes avantages; à travail égal, ce devrait être salaire égal. Les catégories, les grades, les échelons, l'ancienneté, toutes ces choses devraient être prises en compte pour le paiement des primes trimestrielles à tous les fonctionnaires de la République de Côte d'Ivoire. Il faudrait que le Gouvernement se montre imaginatif, de manière à harmoniser les avantages en faveur des valeureux agents de l'Etat, qui contribuent tous, sans exception, au développement de notre pays. De cette façon, tous les Ministères seraient plus ou moins logés à la même enseigne, de manière à ce que tous les agents soient épanouis et qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes pour une Fonction Publique plus performante et une administration publique efficace et plus solidaire.

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