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Interview / Assemblée nationale : Geoffroy Julien Kouao dit ses vérités, ses recommandations


Geoffroy Julien Kouao, expert dans son domaine, est juriste, politologue et écrivain auteur de plusieurs livres importants. Ce mercredi 31 mars 2021 Abidjan Cocody, il était l'un des panélistes d'une rencontre d’échanges organisée par le National democratic institut (Ndi) autour du thème : “Quel bilan de l’Assemblée nationale depuis 1990 et quels défis pour la deuxième législature de la troisième république ?”. Au terme de la rencontre, le politologue a accordé une interview à notre équipe. Pour Geoffroy Julien Kouao, les députés gagneraient à être des entrepreneurs juridiques par des propositions concrètes de lois dans l'intérêt supérieur des Ivoiriens.


Quel bilan faites-vous de l'Assemblée nationale de 1990 à aujourd'hui ?


Je pense que l'Assemblée nationale a deux fonctions essentielles. Il y a d'abord voter les lois. Et c'est ce qu'elle a fait. Elle vote les lois, seulement que toutes ces lois sont d'origine exécutives c'est-à-dire venant du président de la République. Rares sont les lois en Côte d'Ivoire qui ont été votées, adoptées et qui sont d'origine parlementaire. Les parlementaires gagneraient à être de plus en plus des entrepreneurs juridiques, en prenant des initiatives pour défendre l'intérêt général à travers la loi.

Deuxièmement, le député contrôle l'action gouvernementale. Malheureusement, la Constitution ne permet pas au député de jouer pleinement ce rôle, surtout à cause de la nature de notre régime qui est de type présidentiel, de sorte que les députés ne peuvent pas par exemple censurer juridiquement et politiquement l'exécutif. Ce contrôle est certes un beau texte, mais qui reste totalement inopérant dans la pratique. Il faut donc aller vers des réformes permettant de renforcer le pouvoir de contrôle du parlement sur le gouvernement.


Vous avez affirmé qu'un député ne doit pas obéir au président de la République et que cela est anticonstitutionnel. Pouvez-vous nous en dire plus ?


Oui. Le député, une fois qu'il est élu a un mandat impératif, en principe. Mais notre constitution dispose clairement que tout mandat impératif est nul. C'est-à-dire qu'une fois qu'un député est élu, il ne doit plus obéir aux injonctions de ses électeurs, encore moins de son parti politique et des dirigeants politiques. Il doit être un homme libre qui agit selon sa conscience et selon l'intérêt général. Il est donc un homme libre et n'a pas à avoir des injonctions de son parti encore moins de son électorat. C'est ce que le mandat impératif nul veut dire. Les députés sont assez de liberté constitutionnelle pour pouvoir agir dans le sens de l'intérêt général. Ils devraient donc utiliser davantage cette liberté d'action.


Vous avez également parlé du nombre pléthorique de députés à l'Assemblée nationale. Pouvez-vous revenir sur ce point ?


La Côte d'Ivoire à 255 députés pour une population de 23 millions d'habitants, ce qui fait un ratio d'un député pour près de 80.000 habitants. Le Mali, notre voisin du Nord, à une population de 21 millions d'habitants pour 147 députés, ce qui fait un ratio d'un député pour 137.000 habitants. Nous avons trop de députés. Il faut réduire cela. En principe en Côte d'Ivoire on devrait avoir 155 députés. Donc on pourrait faire l'économie de 85 sièges.


Selon vous, quels sont désormais les défis à relever par l'Assemblée nationale ?


l'Assemblée nationale de cette législature se doit d'être plus un entrepreneur juridique, en prenant beaucoup d'initiatives dans le cadre des propositions de lois.


Arrianj22

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geoffroy julien kouao

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