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[Opinion] - Retour de Gbagbo, recherche d’une alliance PDCI-RHDP, libération des détenus : Et après !

La semaine qui vient de s’écouler a été marquée par plusieurs événements, notamment les rencontres au sommet en vue des préparatifs pour le retour au pays du président Laurent Gbagbo, le retour des exilés ivoiriens dans la sous-région, la libération de détenus politiques, etc. Si l’ambiance continue de s’inscrire dans cette dynamique, il est clair qu’elle créera un environnement sociopolitique apaisé pendant les cinq prochaines années. Encore, faut-il que tous les acteurs (politiques, société civile) impliqués dans la marche de la nation se départissent des discours démagogiques et s’investissent avec sincérité pour le retour de la paix. 

Gbagbo innocenté par la Cour pénale internationale (CPI) est attendu en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara voudrait bien reprendre son idylle avec Henri Konan Bédié et le dit clairement. « Je crois que dans ma vision de la Côte d'Ivoire, le PDCI doit être au RHDP. Je considère que c'est une approche que nous devons avoir. Je l'ai dit au Premier ministre. Je lui ai dit que moi-même je suis en contact avec le Président Bédié. Pas plus tard qu'avant hier, nous nous sommes parlés. Parce que je crois que c'est important que nous ayons des options politiques basées sur l'intérêt de la Côte d'Ivoire (…) Maintenant, les extrémistes doivent rester ensemble. Mais le PDCI doit être avec le RHDP », a-t-il indiqué le jeudi 29 avril à ses hôtes des 10 régions de la Côte d’Ivoire et celles du District d’Abidjan. 

Du côté des pro-Gbagbo, la situation a nettement évolué avec la libération de leur leader et le retour d’exil de ses proches. L’alliance avec le PDCI-RDA, notamment pour un premier essai aux législatives, semble réjouir de nombreux militants. Le président Bédié qui s’est investi dans le retour de Laurent Gbagbo a en outre commis des personnalités de son parti pour intégrer le Comité d’accueil déjà à pied d’oeuvre. A travers ces actes, le successeur d’Houphouët-Boigny s’éloigne visiblement de Ouattara malgré la main tendue de celui-ci. D’ailleurs ses dernières reformes au sein du PDCI, faisant la promotion de personnalités compétentes dans leur domaine, démontre que Bédié est désormais « au combat » pour la (re)conquête du pouvoir. Et n’envisagerait pas se fondre maintenant dans une alliance à laquelle il est invité.  

Dans ces conditions, où Laurent Gbagbo, suite à une crise électorale, a été arrêté puis déféré à la Cour pénale internationale et Bédié « blacklisté » par le RHDP après l’appel de Daoukro en faveur d’un 2ème mandat de Ouattara, est-il possible d’affirmer avec certitude qu’il n’y aura ni « match retour », ni « troisième mi-temps » sanglante dans un pays où les problèmes de fond demeurent non résolues ? Le retour en Côte d’Ivoire de Gbagbo et ses proches, la libération des détenus politiques, l’arrêt des poursuites, etc. règlent-ils définitivement le problème des Ivoiriens ? Non !

Au-delà des Constitutions qui peinent à garantir une solution définitive aux Ivoiriens à l’approche d’une élection présidentielle, la Côte d’Ivoire fait face au problème de l’immigration que les Ivoiriens considèrent comme trop élevé. Cette question a pris une dimension politique. Un autre phénomène qui divise profondément la société ivoirienne, c’est la question de la fraude sur la nationalité qui fait du coup des détenteurs des cartes nationales d’identité un bétail électoral. Les sujets relatifs à l’éligibilité, en particulier à l’éligibilité à la présidence de la République se posent avec acuité. 

Il apparaît donc opportun de s’attaquer ici et maintenant à ses problèmes qui polluent l’environnement politique et continuent de désagréger le tissu social. Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Gbagbo réunis, doivent se pencher sur ces questions de fond. Parler de dialogue, de réconciliation, de paix est certes bon mais s’attaquer aux questions qui vont y contribuer sur le long terme est encore plus salvateur. Une élection présidentielle ne doit pas être une période de décompte macabre qui servirait d’alibi à leurs commanditaires pour se hisser au pouvoir ou le conserver. Il est temps de sortir de cet engrenage dans lequel des acteurs politiques de premier plan ont engouffré la Côte d’Ivoire depuis plus de 30 ans.

Saint-Claver Oula

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Laurent Gbagbo PDCI RHDP

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