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Téné Birahima, de l’ombre de Ouattara à la lumière de l’Etat

De mémoire d’homme, il a toujours été dans l’environnement immédiat de son aîné de président. Depuis l’opposition jusqu’au palais de la présidence, Téné Birahima n’a cessé d’être incontournable dans le cercle restreint d’Alassane Ouattara. Le suivant partout, presque comme son ombre. A l’heure d’envisager la relève ou le positionnement de la ‘’ nouvelle génération’’ dans la gestion du pouvoir, le ministre des Affaires présidentielles devenu intérimaire à la Défense par la force des choses se pose en prétendant sérieux.  

 

La course à la succession du président du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix est une réalité. Lui-même, conscient de cette vérité, a parlé il y a peu de laisser la place à une nouvelle génération pour la direction du pays. Avec un dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, et un potentiel challenger Hamed Bakayoko emportés tous deux dans le ventre de la nuit, le président Alassane Ouattara se cherche toujours un successeur. Deux de ses ‘’ fils’’, fidèles parmi les fidèles, par ailleurs Premiers ministres et ‘’ présidentiables’’ l’ont lâché en cours de route. Qu’à cela ne tienne. Malgré la douleur de la perte de ses illustres personnalités, l’Etat est une continuité et Alassane Ouattara doit garder le cap de la relève.

 Dans la grande famille des houphouétistes, le fauteuil le plus convoité du pays ne manque pas de susciter des ambitions. Mais chacun attend son heure. Un des candidats potentiels est sans nulle doute, Téné Birahama Ouattara. L’homme défraie la chronique depuis un bon moment, surtout après le décès et l’inhumation de l’ex-Premier ministre Hambak. Certains esprits, principalement de l’opposition, l’accusent même de manigancer depuis belle lurette afin de succéder à son aîné. Ils vont jusqu’à trouver une connivence entre lui et le président à cette fin. Toutes ces accusations sont jusqu’à ce jour basées sur aucune preuve concrète. Quoiqu’il en soit, l’homme s’est taillé un costume d’homme d’Etat voire de président. Une certaine campagne de communication qui ne dit pas son nom est menée en grande pompe en sa faveur depuis peu. Son curriculum vitae et son miliantisme politique sont même brandis à tout-va. 

 Ainsi, l’homme discret mais à l’épicentre du système Ouattara est sous le feu des projecteurs. Est-il à la baguette? L’on ne pourrait l’affirmer pour l’heure. Mais comme le dirait l’autre, 2025 c’est maintenant ! Les informations relativement au binôme du président Ouattara ont envahi les médias et les réseaux sociaux. Pro et anti sont confondus et se mènent une guerre de communication afin de gagner la bataille de l’opinion. Pour les premiers cités, le président du Conseil régional du Tchologo est présenté comme le ‘’trésorier historique’’ du RDR. Sans oublier sa maîtrise en économie privée obtenue en 1982 à l’université d’Abidjan. Ancien banquier, il était l’administrateur directeur général de l’Institut international pour l’Afrique avant d’entrer au gouvernement. Il serait l’homme de la situation dans l’état actuel des choses. Pour ses pourfendeurs, en plus de lui contester son parcours, ils le présentent comme l’aile dure voire radicale du régime. Celui qui trempe dans presque toutes les ‘’affaires sales’’ du pouvoir.  

 

Toutefois, la grande majorité des Ivoiriens ont découvert le tout nouveau ministre de la Défense par intérim le 1er décembre 2001, lors du Forum de la réconciliation nationale. Dans un discours fleuve d’Alassane Ouattara au Palais des congrès de l’Hôtel Ivoire, il avait brandi son cadet à la face de la nation dans l’optique de corroborer la thèse justificative de sa nationalité ivoirienne face à ses détracteurs. Ainsi, il avait affiché son autre lui, sa ‘’ photocopie’’ eu égard à la grande ressemblance entre les deux. Et pour cause, Téné Birahima jouissait, selon lui, sans problème de la nationalité ivoirienne alors que lui devrait encore la justifier voire la prouver. Mais ça, c’était encore à une autre époque.

Même si avant cette date ''Photocopie’’ s’était illustré çà et là à la faveur des activités du Rassemblement des républicains et autres, il venait d’être jeté dans le grand bain. La mémoire collective avait désormais gardé le visage et retenu le nom. Des années de lutte à la prise du pouvoir en 2010-2011, il s’est relativement fait discret. Quand bien même sa contribution à cette ascension est indéniable notamment aux côtés de son frère.

Depuis, Téné Birahima est aux affaires, en occurrence celles à connotation présidentielle. Et, avec un titre de ministre en prime. A travers cette fonction, il est évident que le chef de l’Etat a décidé de mettre sa ‘’ photocopie’’ au coeur du pouvoir. En outre, il est de notoriété publique que l’homme est incontournable au Palais. « Tout ou presque passe par lui », nous confiait récemment une source qui avait sollicité les services de la Présidence.

 A 65 ans, ‘’Photocopie’’ est présenté comme l’homme des ‘’missions sensibles et secrètes’’. « Il est aussi chargé du domaine réservé du chef de l’État : les services de renseignements et les questions sécuritaires notamment. Ministre des Affaires présidentielles, il occupe un bureau du bâtiment principal du palais d’Abidjan et ne répond qu’à un homme : son frère », indiquait dans une de ses parutions Jeune Afrique. Quoi de plus normal alors qu’en plus de ses prérogatives, le portefeuille de la Défense lui ait été confié suite au décès de l’ex-Premier ministre Hamed Bakayoko. On pourrait même affirmer qu’il s’agit d’une continuité. Même si pour l'heure, le prochain gouvernement dirigé par Patrick Achi n'a pas encore éclairé les Ivoiriens sur les nouvelles prérogatives de ''Photocopie''. Mais une chose est certaine, l'homme sera dans les hauts sommets de l'Etat.


Franck K


 

Content created and supplied by: Franck_K (via Opera News )

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